AccueilEconomieYvon Grosso, président du Medef Sud : « Le PGE, il faut le rembourser, mais l'adapter »

Yvon Grosso, président du Medef Sud : « Le PGE, il faut le rembourser, mais l'adapter »

Si le patron des patrons de la région estime que les entreprises doivent honorer leurs dettes, Yvon Grosso appelle cependant à les restructurer avec l'appui de l'Etat et des banques.
Yvon Grosso, président du Medef Sud : « Le PGE, il faut le rembourser, mais l'adapter »
D.R. - Yvon Grosso, le président du Medef Sud, appelle « revisiter tous les prêts d'entreprise ».

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Comment faire face au « mur » de dettes qui se dresse devant les entreprises en ce début d'année 2021 ? C'est la question qui taraude milieux économiques et syndicats patronaux à l'aube de cet an II de la Covid-19. Aussi, Yvon Grosso, le président du Medef Sud, a profité de son premier point presse de l'année pour livrer le fond de sa pensée sur ce sujet : « Il ne faut pas tomber dans l'idéologie : ne pas rembourser la dette, ce n'est pas notre conception ! Si on emprunte, il faut rembourser », tranche-t-il.

Au-delà de cette position de principe, le patron des patrons de la région reconnaît cependant que la donne a changé depuis le premier confinement, lorsque les premiers Prêts garantis par l'Etat (PGE) ont été sollicités par les entreprises. « On pensait que la pandémie allait durer six mois et le PGE venait combler des besoins en fonds de roulement afin de reconstituer notre trésorerie dans l'optique que l'économie repartirait en 2021 », rappelle Yvon Grosso. Sauf que depuis, la crise sanitaire s'est installée durablement dans le paysage et qu'il va falloir apprendre à vivre avec. « Je n'envisage pas une reprise à 100 % avant 2022 », avoue ainsi le président du Medef Sud, qui pronostique toutefois « une croissance à deux chiffres en 2023-2024 », une fois cette crise sanitaire dépassée.

Mais en attendant, les dettes contractées ces derniers mois (PGE, reports de charges) viennent se télescoper avec celles contractées durant l'avant-Covid. « Ce sont des dettes d'investissement, de la "bonne dette d'entreprise". Mais en se cumulant avec celles du PGE, elles vont conduire à un effritement des trésoreries des entreprises », résume Yvon Grosso.

Pour un « prêt participatif »

Alors pour sortir de cette impasse financière qui pourrait laisser nombre d'entreprises sur le carreau, le président du Medef Sud appelle à « revisiter tous les prêts d'entreprise » et plaide notamment pour la solution du « prêt participatif ».

« Ce cumul de dettes, je peux le faire porter par l'Etat ou une banque, qui rentrerait dans le capital de manière minoritaire en mettant ces prêts en fonds propres. On transforme ainsi ces dettes en prêt participatif pour nous accompagner pendant cinq, six ou sept ans, et on les étale sur une durée beaucoup plus longue », explique-t-il.

Et de prendre l'exemple de ce qui existe à l'échelle des pays où la France, grâce à des emprunts à « taux négatifs ou proches de zéro », voit dans le même temps son endettement augmenter tout en diminuant la charge de sa dette. Une aide extérieure qu'Yvon Grosso justifie car ces dettes liées à la Covid-19 sont « subies » et non « choisies » car « c'est l'Etat qui a arrêté l'économie ». « Il faut que l'Etat et les banques se concertent. Le PGE, il faut le rembourser, mais il faut l'aménager », résume-t-il.

Enfin, alors qu'il pense qu'« on va vers un troisième confinement », Yvon Grosso estime que l'économie ne peut plus « être sous perfusion ». « Il faut éviter un confinement total. On sera incapable d'assumer un endettement supplémentaire dans les entreprises », prévient-il. Pour autant, il appelle à « enjamber l'année 2021 » et à faire perdurer tous les dispositifs d'aides mis en place, notamment le chômage partiel, afin de donner une visibilité aux entrepreneurs en difficulté.

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