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Veolia aide Alteo à revenir dans les normes

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Veolia aide Alteo à revenir dans les normes
J.-C. Barla - Frédéric Ramé (président d'Alteo), Philippe Bourdeaux (directeur Veolia Eau Méditerranée) et Serge Gouteyron (sous-préfet d'Aix) entourés "incognitos" des élus locaux devant la nouvelle unité.

Inaugurée le 4 septembre, la nouvelle unité de traitement biologique d'Alteo à Gardanne a coûté environ 6 millions d'euros afin de rejeter en Méditerranée des eaux résiduelles conformes à la réglementation.

En coupant le ruban de la nouvelle station de traitement biologique, le président d'Alteo, Frédéric Ramé, a tourné la page d'une longue transformation. « Nos équipes ont fourni un travail extraordinaire pour trouver et développer des solutions de pointe », s'est-il félicité avec Philippe Bourdeaux, directeur de Veolia Eau Méditerranée. Après s'être attelée à stopper en 2015 ses rejets de résidus de bauxite en mer, dénoncés comme « boues rouges », l'usine d'alumines de spécialité s'est employée, sous la pression des pouvoirs publics et l'œil impitoyable des défenseurs de l'écologie, à purifier totalement ses effluents liquides pour ne plus évacuer au large de Cassis que des eaux inoffensives pour les calanques.

Plusieurs pilotes ont été testés, les investissements se sont succédé (36 millions d'euros en 7 ans). Le procédé de cette nouvelle installation permet, par essaimage de bactéries (biomasse) sur des supports minuscules appelés « chips », d'atteindre les exigences en matière de demande biologique en oxygène (DBCO5) et demande chimique en oxygène (DCO). Elle peut traiter 300 m3 par heure d'eau de process. « Depuis un mois, nous respectons les normes de rejets les plus contraignantes, explique Fabrice Orsini, chef de projet chez Alteo, chargé de réduire l'empreinte environnementale. Nous œuvrons parallèlement à la valorisation de la "Bauxaline", issue des résidus solides, dans les matériaux de construction comme les bétons légers, les argiles expansés ou en dépollution de sites, mais il faudrait qu'ils perdent leur statut de déchets pour accélérer le processus ». Pour Anne-Laure Galmel, chef de projet de Veolia Eau, « l'équipement réalisé en un temps record est très compact en termes d'emprise au sol pour se plier aux contraintes du site ». Veolia l'exploite dans le cadre d'un contrat sur trois ans. Deux opérateurs y sont dédiés.

Une activité stratégique pour la France

Aux yeux du nouveau maire de Gardanne, Hervé Gautier, « avec cet investissement, Alteo respecte le sens de l'histoire, mais son avenir reste incertain ». L'entreprise est en redressement judiciaire depuis décembre 2019 et le tribunal de commerce de Marseille devrait trancher en octobre sur les sept offres de reprise formulées par huit entités françaises et internationales. En matière de préservation des activités ou de l'emploi, les dossiers varient sensiblement, au grand dam des salariés (l'intersyndicale sera reçue par le préfet le 15 septembre). Pour Jean-Pascal Gournes, maire de Meyreuil et conseiller délégué à l'industrie de la métropole Aix-Marseille Provence, « Alteo est un leader mondial dans son domaine. Pour réindustrialiser la France, il faut des industries puissantes et donc préserver la totalité de l'emploi qui y est rattachée, mais au détriment ni de la santé, ni de l'environnement. Des investissements seront sans doute encore nécessaires chez Alteo, mais nous devons soutenir l'entreprise. C'est un choix de confiance ».

Député de la 10ème circonscription des Bouches-du-Rhône, François-Michel Lambert, partisan d'une prise de contrôle partielle par l'Etat, se réjouit qu'Alteo « a fait disparaître de la pollution du territoire plutôt que de l'envoyer ailleurs ». Il veut que l'administrateur judiciaire laisse du temps aux repreneurs pour renforcer leurs offres avec les aides prévues au plan de relance gouvernemental de 100 milliards d'euros. Quant à Serge Gouteyron, sous-préfet d'Aix-en-Provence, il veillera à ce que l'autorisation d'entreposer les résidus solides de bauxite sur le site de Mange Garri près de l'usine puisse être prolongée au-delà de juin 2021. « Nous devons donner cette visibilité aux repreneurs » confie-t-il.




J.-C. Barla
Journaliste

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