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Unis Paca : l'immobilier à l'épreuve du déconfinement

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Unis Paca : l'immobilier à l'épreuve du déconfinement
D.R. - Les responsables de l'Unis se sont livrés à un tour d'horizon de l'actualité du secteur de l'immobilier lors d'une visioconférence de presse ce 19 mai.

L'Unis Paca a passé en revue l'actualité du secteur dans un contexte économique et réglementaire fortement chamboulé par les conséquences de la crise sanitaire.

« On va changer de monde. Je ne suis ni béatement optimiste, ni pessimiste. L'activité va reprendre car on a toujours besoin d'un toit. Même si elle reprend doucement, elle va redémarrer », estime Jean-Luc Lieutaud, président du Pôle Unis* Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est dans cet état d'esprit que cette organisation des professionnels de l'immobilier, qui rassemble tous les métiers du secteur (agents immobiliers, gestionnaires locatifs, administrateurs de biens, experts immobiliers, promoteurs-rénovateurs), aborde le déconfinement. Une nouvelle étape qui intervient après deux mois où l'activité de location s'est arrêtée. « Il n'était plus possible de faire des diagnostics, de se déplacer et de visiter des appartements, de réaliser des états des lieux », résume Jean-Luc Lieutaud. Quant aux transactions réalisées, elles ont baissé de 55 % en avril, un mois particulier puisque « intégralement confiné ». « On a donc quand même 45 % qui ont pu être effectuées », souligne Jean Berthoz, président de l'Unis Marseille-Provence-Corse, rappelant que dès le 3 avril, les notaires avaient la possibilité de procéder aux signatures à distance des actes.

Pour autant, les professionnels ne sont pas restés inactifs puisque 85 à 90 % ont maintenu leur activité, notamment via le télétravail. « La profession a vraiment pris ce tournant digital », se félicite Jean Berthoz. Durant cette période, l'Unis s'est mobilisée via deux types d'actions. Tout d'abord, au niveau des habitants, l'organisation a recensé les professionnels disponibles en mesure d'intervenir dans les appartements, par exemple en cas de dégât des eaux, afin de permettre la poursuite des prestations de service. Elle a aussi accompagné ses adhérents, notamment via un Facebook live national hebdomadaire le lundi qui a rassemblé près de 1 500 personnes à chaque édition.

Gare à la casse sociale

Depuis le 11 mai, l'activité redémarre « relativement doucement », dixit Jean-Luc Lieutaud. D'ores et déjà, on constate que les demandes de location arrivent en masse, d'autant que la période juin-septembre est traditionnellement propice en la matière. « C'est la période où les gens déménagent le plus, pour des questions scolaires, de mutations professionnelles », rappelle le président du Pôle Unis Paca. En revanche, le redémarrage s'annonce plus long pour les ventes. Ce qui laisse craindre des conséquences sociales. « On s'inquiète pour les petites agences immobilières qui ne font que de la transaction. Le temps de rentrer un mandat, de compter trois mois entre le compromis et la vente, elles ne vont pas encaisser de ventes avant novembre-décembre. Au niveau national, 2 500 agences seraient obligées de mettre la clé sous la porte », tranche Jean-Luc Lieutaud. S'il s'agit souvent d'agences unipersonnelles ou de deux-trois personnes, la casse sociale pourrait osciller entre 4 500 et 6 000 emplois.

Sur l'année, l'Unis table sur un repli du volume des transactions de l'ordre de 15 %. Pour les prix, le pronostic est en revanche plus aléatoire. « Personne ne peut prédire ce qui va se passer dans les six mois à venir. Les prix ne vont sûrement pas augmenter. Après, ce sont les vendeurs qui les font baisser. Dans un premier temps, ils attendent et cherchent à vendre au meilleur prix. Quand ils auront réalisé que le marché a changé, les prix devraient baisser », analyse le président du Pôle Unis Paca. Jean Berthoz note pour sa part que « des biens ont été retirés du marché alors que nous en avions déjà très peu ».

Dans ce contexte, afin de permettre un redémarrage plus rapide de l'activité, l'Unis souhaite que les municipalités passent la vitesse supérieure au niveau du traitement des DIA (Déclaration d'intention d'aliéner), destinées à informer avant la vente le titulaire d'un droit de préemption. « Les municipalités disposent d'un délai de deux mois de réponse. Nous leur demandons d'accélérer et de répondre à ces DIA dans les deux-trois jours une fois la demande du notaire reçue », plaide Jean-Luc Lieutaud.

« De la souplesse »

Ce contexte économique incertain s'accompagne de nouvelles précautions sanitaires qui vont changer la donne notamment au niveau de la visite des biens en vue d'une vente ou d'une location. L'acheteur ou le loueur potentiel devra toujours être muni d'un masque et d'un gel hydro-alcoolique sans lesquels le professionnel sera en droit de lui refuser la visite. Ce dernier est également invité à limiter autant que possible les visites inutiles. « Nous aurons une présélection plus importante », indique Jean Berthoz. Les clés devront obligatoirement être nettoyées avec un produit approprié avant leur restitution. Quant à l'état des lieux de sortie, il est recommandé de le réaliser 48 h après la sortie des locataires du logement.

Au niveau des copropriétés, s'est posé le problème de l'échéance des contrats de syndics durant le confinement, une période où les assemblées générales ne pouvaient pas être tenues. « Une copropriété sans syndic bascule en administration judiciaire, un mécanisme très lourd. Et elle est constatée à partir du moment où il n'y a plus de contrat de syndic. On a tout de suite alerté la chancellerie sur ce point et elle a constaté qu'on ne pouvait mettre en précarité autant de copropriétés », souligne le président de l'Unis Marseille-Provence-Corse. Il a ainsi été décidé de prolonger les contrats de syndic expirés entre le 12 mars et le 10 septembre 2020 (deux mois après la fin de l'urgence sanitaire) de six mois, dans les mêmes termes, jusqu'à la prise d'effet du nouveau contrat de syndic désigné par l'assemblée générale des copropriétaires. « Il faudra donc organiser les assemblées générales avant le 10 mars 2021 », précise Jean Berthoz.

Des assemblées générales dont la tenue est aujourd'hui contrainte par l'interdiction des rassemblements de plus de dix personnes. En la matière, l'Unis demande « de la souplesse » aux pouvoirs publics. « On ne peut pas tout régenter par des circulaires. Il faut laisser aux professionnels la liberté de s'organiser », plaide Jean-Luc Lieutaud. L'organisation souhaite également le report de la mise en œuvre du vote par correspondance du 1er juin 2020 au 1er janvier 2021. « Aujourd'hui, il faut former le personnel, informer les copropriétaires, et qui plus est, le 19 mai, nous n'avons toujours pas le décret modifiant ces obligations professionnelles vis-à-vis de la loi alors que la mise en application est prévue le 1er juin. L'Etat n'a pas su nous fournir le formulaire adéquat que nous devons joindre obligatoirement, faute d'invalidité, à toute convocation de l'assemblée générale. Comment s'organiser ? On va droit dans le mur », tranche le président du Pôle Unis Paca.

* Union des syndicats de l'immobilier.




Serge Payrau
Journaliste

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