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Une convention pour booster les transitions professionnelles

Transitions Pro Paca, l'héritier du Fongecif, et le CIBC Alpes Provence, l'opérateur du Conseil en évolution professionnelle dans la région, ont signé une convention de partenariat le 7 janvier à Marseille. Elle vise notamment à utiliser au mieux les crédits alloués par le plan de relance.
Une convention pour booster les transitions professionnelles
S. Payrau - Philippe Cottet, président du CIBC Alpes Provence, et René Ancelin, président de Transitions Pro Paca, ont scellé leur partenariat le 7 janvier à Marseille.

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« On revient à l'origine car on a conscience que l'on ne peut pas travailler l'un sans l'autre », résume Jean-Joël Fraizy, directeur du CIBC Alpes Provence. Ainsi, l'organisme paritaire Transitions Pro Paca, l'héritier du Fongecif (Fonds de gestion du congé individuel de formation) qui était une des instances aux manettes du Conseil en évolution professionnelle (CEP), et l'opérateur privé qui lui a succédé en la matière depuis le 2 janvier 2020, CIBC Alpes Provence, ont décidé de lier leur destin à travers la signature d'une convention le 7 janvier à Marseille.

Via ce partenariat, les deux entités s'engagent à renforcer l'orientation réciproque du public et faciliter les parcours de développement de compétences. « Nous voulions montrer que nous étions en totale cohérence avec l'opérateur du CEP dans la région. Il accompagne les salariés et les indépendants pour parvenir à de meilleurs choix, de meilleurs cheminements. C'est un opérateur important pour nous », souligne René Ancelin, président de Transitions Pro Paca, acteur majeur de la formation professionnelle qui facilite la reconversion des salariés.

Pour le CIBC Alpes Provence, cette convention répond à deux objectifs. « Nous voulons que le CEP se développe et pour cela, il faut que les personnes sachent que cet outil existe, ce qui passe par un travail avec les partenaires sociaux », explique Philippe Cottet, président du CIBC Alpes Provence, d'où ce partenariat conclu avec un organisme paritaire. Egalement chargé du suivi et de l'évaluation du CEP, l'opérateur souhaite aussi bénéficier de retours afin que son offre de services « soit la plus adaptée possible ».

Un nouveau dispositif, le Projet de transition professionnelle

L'activité de Transitions Pro Paca est aujourd'hui centrée sur une mission majeure, le Projet de transition professionnelle (PTP), appelé aussi CPF de transition. Ce dispositif, qui s'est substitué au Congé individuel de formation (CIF), permet aux salariés, sous certaines conditions, de suivre une formation certifiante pour changer de métier ou de profession. « Il s'agit généralement de personnes âgées de 40 à 45 ans, voire 50 ans, qui n'ont pas forcément de diplôme au départ. Elles risquent de ne pas pouvoir terminer leur carrière là où elles sont, ou de finir celle-ci par une longue période de chômage », précise Sylvain Viannez, directeur de Transitions Pro Paca.

L'organisme paritaire accompagne ainsi 2 500 personnes chaque année dans la région, et en finance à peu près la moitié. « Un dossier tourne autour de 25 000 € : trois quarts de la somme sont consacrés à la rémunération qui est prise en charge durant le temps de la formation, dix mois en moyenne, et un quart au parcours pédagogique. Seul un dossier sur deux est financé car la demande est supérieure aux moyens dont nous disposons », poursuit le directeur de Transitions Pro Paca.

Pour parvenir à décrocher ce financement, le candidat à la reconversion professionnelle « doit faire la démonstration du caractère sérieux de son projet pédagogique et qu'il est en adéquation avec son projet professionnel », ajoute Sylvain Viannez. Et c'est une commission indépendante qui tranche.

Près de 70 M€ à disposition en 2021

C'est dans ce cadre que l'accompagnement CEP, service public gratuit à disposition des salariés et indépendants, peut se révéler prépondérant. « Du temps du Fongecif, les personnes qui étaient accompagnées en CEP jusqu'au bout étaient quasiment systématiquement acceptées », rappelle René Ancelin. A minima, les dossiers suivis par le CEP seront bien montés et les refus ne seront dès lors plus motivés que « par des raisons professionnelles ou financières », car il ne s'agira pas « de projets mal ficelés ». « Nous sommes l'étape préalable à l'accompagnement. Avant de faire quoi que ce soit, venez prendre un quart d'heure avec nous et ça vous évitera peut-être de faire l'erreur de votre vie », renchérit Jean-Joël Fraizy, également directeur du projet CEP salariés et indépendants en Paca.

Cette convention est signée à l'aube d'une année 2021 qui devrait malheureusement apporter son lot de plans sociaux dans la région. Or, dans ce contexte, Transitions Pro Paca aura, outre son budget habituel d'une trentaine de millions d'euros, deux enveloppes supplémentaires à sa disposition : une évaluée à 6,7 M€ au titre du plan de relance et une d'environ 30 M€ au titre des « Transitions collectives ». Via ce dispositif, les employeurs pourront anticiper les mutations économiques et permettre à leurs salariés dont les emplois sont menacés de se positionner vers des métiers porteurs localement. « L'entreprise, qui constate qu'elle n'a pas les moyens de réaliser la reconversion en interne, sera à l'origine de la demande. Une fois éligible, les reconversions seront en revanche des démarches individuelles », souligne René Ancelin.

Avec ces budgets complémentaires, le nombre de reconversions financées devraient ainsi doubler cette année. Et Sylvain Viannez de conclure : « Avec le PTP, qui est un rempart contre le chômage, et l'accompagnement gratuit du CEP, qui est une boussole, les conditions sont réunies pour que ces 25 000 € par dossier soient dépensés à bon escient. »

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