AccueilEconomieStéphane Brousse, groupe Brousse : « La meilleure pression, pour un salarié, c’est la sienne »

Stéphane Brousse, groupe Brousse : « La meilleure pression, pour un salarié, c’est la sienne »

Partant du principe que le salarié doit avoir l’esprit libéré pour bien travailler, le groupe marseillais Brousse entend limiter certains soucis, notamment organisationnels, à ses équipes.
Le groupe familial Brousse, négoce agroalimentaire, avec Stéphane Brousse, son PDG, en son centre.
D. R. - Le groupe familial Brousse, négoce agroalimentaire, avec Stéphane Brousse, son PDG, en son centre.

Economie Publié le , Propos recueillis par Caroline DUPUY

Les Nouvelles Publications : La QVT, pour vous c’est plutôt un concept marketing, ou une méthode de management ?

Stéphane Brousse : Dans notre ADN nous avons une conviction : la meilleure pression pour un salarié c’est la sienne. Ce n'est pas la peine de lui en rajouter, bien au contraire. Nous devons tout faire pour qu’il se sente bien, qu’il ait envie de travailler, de bien travailler. Pour cela, il faut lui limiter certains tracas de la vie qui l’empêche de tendre vers ce but. Tant qu’il a des soucis en tête, le salarié ne peut pas se concentrer à 100% sur son travail.

Comment vous y prenez-vous ?

Il est important de lui faciliter la vie, de lui simplifier son organisation, sa charge mentale. Cela commence par une place en crèche pour son bébé. L’entreprise a ainsi réservé des berceaux d’entreprises et les propose à ses salariés jeunes parents. C’est important également de lui permettre de faire du sport entre midi et 14h00 pour qu’il ait plus de temps pour lui et sa famille le soir. C’est également important pour qu’il soit en forme physiquement et mentalement. Notre entreprise dispose ainsi d’une salle de sport. Nos locaux sont à notre image, accueillant, reposant, stimulant et avec une jolie vue sur la mer.

Vous insistez beaucoup sur les moments en dehors du travail…

Effectivement. Il faut des moments dans l’entreprise en dehors du travail. Il est important de créer du lien entre les salariés. L’esprit d’équipe est nécessaire pour bien avancer et se sentir bien. Les pauses sur la terrasse, les fêtes et défis sportifs que nous organisons, les concours de pétanque ou de baby-foot au sein de nos locaux permettent aux équipes de se rencontrer, d'échanger et de se sentir bien. C’est important d’aimer son entreprise et de travailler dans une ambiance positive et sereine.

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Comment imposer une hiérarchie avec une ambiance si décontractée ?

Nous en avons terminé avec le diktat du N+1. Ce type de hiérarchie à la militaire ne doit plus exister aujourd’hui. Les nouvelles générations ne sont plus celles d’hier. A nous de nous adapter. Et de leur faire confiance.

Comment décrivez-vous ces nouvelles génération Y et Z ?

Elles veulent du lien, de l’efficacité, du sens et du temps libre. Elles n’apprécient pas trop la hiérarchie de niveau. Chaque poste doit être respecté, considéré. Tout le monde se trouve dans le même bateau, avec au centre, le client. Et si certains salariés n’ont pas cette philosophie, ils quitteront d’eux-mêmes la structure. Ça aussi, c’est un grand changement par rapport aux générations précédentes, qui restaient coûte que coûte à leur poste.

Connaissez-vous des problèmes de recrutement ?

C’est dur de recruter, mais nous arrivons à trouver de bons candidats. Nous apprécions notamment les candidatures issues d’un de nos salariés. Cela prouve leur fierté d’appartenir à la société. Pour le reste, nous affichons notre façon de manager, les avantages d’être dans notre groupe. Cela fonctionne plutôt bien. Nous favorisons aussi l’évolution en interne. Une personne qui connaît la société affiche une longueur d’avance. Si elle souhaite progresser, nous devons l’accompagner et lui permettre de réaliser cette envie qui participe à son bien-être dans la société.

Partagez-vous les succès de votre société avec vos salariés ?

Oui et, selon moi, c’est le meilleur système. Nous proposons un accord d’intéressement. Nous discutons avec les équipes et fixons un objectif commun pour les trois ans à venir. Cela crée une surperformance globale qu’il faut valoriser. Cette année, nous allons distribuer presque trois mois de salaire aux équipes. Mais attention, il faut récompenser la performance collective et non individuelle. C’est une erreur que font beaucoup de chefs d’entreprise. Ils veulent féliciter uniquement ceux qui ont apporté quelque chose de concret. Mais le succès est bien souvent collectif, comme au foot. Il doit donc être partagé. On ne peut pas avoir que des champions du monde dans son équipe, c’est à nous de faire en sorte que l’ensemble des individus apportent une pierre à l’édifice et donc au succès. La prochaine étape serait que tout le monde soit actionnaire de la société, afin qu’elle devienne « un bout de chacun »...

Conseil du chef : « Il faut récompenser la performance collective et non individuelle. Le succès doit être partagé avec tout le monde »
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