AccueilEconomie« Se faire accompagner est essentiel pour postuler à des fonds européens »

« Se faire accompagner est essentiel pour postuler à des fonds européens »

Pierre-Emmanuel Casanova, cofondateur et dirigeant de la start-up aixoise HySiLabs, explique comment il a pu avoir accès à un programme et des fonds européens … et les obligations qui en découlent !
« Se faire accompagner est essentiel pour postuler à des fonds européens »
D.R. - Pierre-Emmanuel Casanova, cofondateur et dirigeant d'HySiLabs.

Economie Publié le , Propos recueillis par Jean-Christophe BARLA

Les Nouvelles Publications : Depuis sa création en 2015, HySiLabs engrange les récompenses pour son innovation en se positionnant sur un secteur en pleine expansion, l’hydrogène. Où en est la société aujourd’hui ?
Pierre-Emmanuel Casanova : HySiLabs a triplé son effectif pour atteindre 15 collaborateurs, principalement de profil technique, mais nous avons aussi étoffé l’équipe marketing-vente. Notre solution de transport et stockage de l’hydrogène sous forme de vecteur liquide et non pas gazeuse est une technologie de rupture qui repose sur 13 familles de brevets. Elle se rapproche du marché puisque nous visons un premier démonstrateur pré-industriel pour 2022 et une industrialisation en 2025, en phase avec l’expansion de la production d’hydrogène. La logistique constituera en effet le vecteur essentiel de la montée en puissance de la production et de la consommation dans la société. Notre solution arrivera au bon moment.

Vous êtes intervenu le 12 octobre sur « #RevivingEurope », un événement du réseau Eurochambres, grâce au relais de la CCI Provence-Alpes-Côte d’Azur. HySiLabs est fortement soutenue par l’Europe. Comment avez-vous pu accéder aux fonds Feder et à des programmes comme EIC Accelerator ?
Tous les prix que nous avons obtenus, souvent attribués par des industriels et des experts, ont permis d’affirmer notre indépendance et la crédibilité de notre innovation technologique en la rendant visible. Dès 2015, nous avons été soucieux de préserver notre propriété intellectuelle et notre cœur de métier pour ne pas les voir engloutis par un groupe industriel, quel qu’il soit. Mais comme nous sortions tous de l’université, nous avions besoin de nous faire connaître, de renforcer notre réseau… Nous avons donc tapé à la porte des services de la CCI, de RisingSud pour la Région, et intégré différentes structures, depuis Impulse jusqu’à Réseau Entreprendre, en passant par les pôles de compétitivité. Par leur valeur ajoutée, tous ont contribué à éclairer notre parcours.
Obtenir un appui financier de l’Europe quand on est une start-up n’est pas évident. Se faire accompagner est essentiel. Ils nous ont aidé à comprendre sa stratégie en matière d’appui à l’innovation, ses outils et ses mécanismes, et à adapter le contenu de nos dossiers à ses attentes. L’institution avait pris position sur l’hydrogène comme facteur de transition énergétique : nous avons démontré en quoi le transport et le stockage étaient clés dans cette stratégie en nous inscrivant scrupuleusement dans les critères des programmes. Cet accompagnement de l’écosystème régional nous a évité de remplir des pages inutiles pour le but recherché. Du coup, nous avons été mieux écoutés par l’Europe. On en ressent les effets maintenant…

Trouvez-vous compliqué l’accès à ces projets européens pour une jeune société ?
C’est normal que ce soit complexe et très sélectif, c’est de l’argent public ! Il ne faut pas voir l’Europe comme une bourse ou le loto. Pour EIC Accelerator, seuls 3 % des dossiers sont retenus. Nous avons passé effectivement des heures à étudier les critères du programme pour notre candidature car le moindre détail est important. Mais la CCI ou RisingSud nous ont permis d’être dans le bon timing pour bien cerner l’outil, ne pas être à côté de la plaque et maximiser nos chances de gagner. Leurs conseils évitent aussi d’épuiser sa motivation ! Alors oui, il faut fournir beaucoup d’efforts, mais la carotte est tellement belle quand on arrive au bout !

Quel regard portez-vous désormais sur le dispositif ?
D’abord, il faut savoir dire merci quand ça marche, que le financement aide à se structurer et à avancer vers son objectif. Je ne m’en suis pas privé le 12 octobre. J’apprécie également d’être coaché par des spécialistes européens de différents domaines pour m’éviter les risques de l’hypercroissance. J’ai sensibilisé tous mes collaborateurs à la rigueur de gestion des fonds liés à ces aides, j’ai même une personne dédiée à cette mission pour garantir que chaque euro est bien employé et justifié. Cette responsabilité est essentielle.
Mais j’ai aussi souligné combien il était important d’être derrière les start-ups pour les aider à expérimenter leurs solutions sur le territoire européen, puis à les industrialiser, quitte à adapter ou assouplir spécifiquement pour elles certaines réglementations et contraintes qui ont été conçues pour des grands groupes. C’est ainsi que se renforcera la souveraineté technologique européenne, d’autant plus que l’Europe sait aujourd’hui que l’innovation ne viendra pas que de ces grands groupes !

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