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Sabatier emballe à l'export

Concepteur et fabricant de machines de production d'emballages métalliques pour l'industrie, la société de Vitrolles, filiale du groupe suisse Soudronic, réalise 90 % de son chiffre d'affaires à l'international. Au prix d'une bataille acharnée...
Sabatier emballe à l'export
J-C Barla - Ultimes réglages pour une machine destinée à un client russe.

Economie Publié le ,

La crise de 2008/2009 a failli l'emporter, mais Sabatier tient bon. Ses ventes européennes avaient été divisées par 10, son chiffre d'affaires par deux. Mais elle a su, au prix d'une restructuration profonde, se redresser et conquérir ailleurs des commandes. « 90% de notre activité se réalise à l'export, assure le PDG Didier Torrelli. La crise internationale a révélé des surcapacités en Europe qui ont provoqué un arrêt net des investissements et plusieurs concentrations d'acteurs. Il a fallu nous adapter. Notre chiffre d'affaires provient désormais à plus de 75% des Amériques, de l'Asie et du Moyen-Orient ». Une capacité de rebond et une détermination que le président de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence, Jean-Luc Chauvin, est venu saluer avec ses équipes le 16 mai, à l'occasion de la première étape de sa tournée « Tous Entrepreneurs ! ». Sabatier emploie 43 personnes pour un chiffre d'affaires qui s'inscrit ces deux dernières années entre 10 et 12 millions d'euros. Il était tombé à 6,6 millions d'euros en 2014 !

Basculement du marché

Dans les 4 500 m2 d'ateliers de la zone des Estroublans à Vitrolles, ses collaborateurs finalisent deux imposantes machines de production d'emballages métalliques. La première, destinée à un industriel iranien, intègre 49 moteurs synchronisés les uns avec les autres. La deuxième rejoindra bientôt la Russie. Sabatier fabrique des installations robotisées qui peuvent produire des emballages métalliques trois pièces complets, cylindriques, carrés ou rectangulaires. Elle peut fournir également à ses clients des équipements de fabrication de composants (fonds, couvercles amovibles...) pour pots de peinture, fûts de bière, boites alimentaires... « Nous avons été les premiers à lancer des machines compactes motorisées par des axes électriques synchronisés entre eux, poursuit le dirigeant. Aujourd'hui, nos technologies sont copiées par des concurrents turcs, taïwanais ou chinois, très actifs dans un secteur autrefois dominé par les industriels européens. Les écarts de prix vont de un à trois. Comme un investissement moyen avoisine un million d'euros dans nos métiers, il faut se battre pour défendre la qualité de notre savoir-faire ». Un quart de l'effectif de Sabatier relève du bureau d'études. L'entreprise détient une quarantaine de brevets.

Freins à la croissance

Dans sa conquête de nouveaux marchés, la PME, née en 1967, peut s'appuyer sur le réseau de sa maison-mère, Soudronic, un groupe indépendant situé près de Zurich (Suisse) qui l'a rachetée aux fondateurs en 1995. Outre ses bases suisse, italienne, allemande et française, Soudronic dispose d'implantations à Singapour, au Mexique, aux Etats-Unis et en Chine. Mais son support ne suffit pas parfois à résoudre les complications administratives, financières et juridiques françaises. « J'ai conclu avec mon client iranien en 2015. Les affaires ont traîné à cause d'informations erronées transmises par des interlocuteurs qui devraient, au contraire, faciliter les démarches quand une entreprise française lutte pour sa croissance. J'ai dû me démener pour m'apercevoir que rien ne m'empêchait de concrétiser ce marché ! ». A l'issue de leur visite, les représentants de la CCIMP ont promis leur éclairage sur de futures négociations...

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