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Président de la CCI de région Paca Roland Gomez : « Il faut donner envie aux salariés de revenir travailler »

le - - Economie

Roland Gomez : « Il faut donner envie aux salariés de revenir travailler »
CCI - Roland Gomez est président de la CCI de région, et ancien président de la CCI des Alpes-de-Haute-Provence.

Roland Gomez, le président de la CCI de région évoque la mobilisation du réseau consulaire, mais aussi les conditions à mettre en place pour une reprise réussie qui passe par un aspect psychologique fort.

Les Nouvelles Publications : De quelle façon cette crise a placé les chambres de commerce et d'industrie au cœur du jeu collectif ?
Roland Gomez : Ces derniers mois, l'Etat ne nous a pas ménagés... Il nous a ponctionné un certain nombre de ressources. Mais avec cette crise, l'Etat a pris soudainement conscience que l'ensemble des réseaux des CCI était en contact avec les entrepreneurs et pouvait jouer un rôle utile dans la gestion de cette crise. Nous avons une légitimité. Le réseau consulaire est très proche de l'ensemble des entrepreneurs, commerçants et artisans. Le ministre de l'Economie l'a compris. Dès le 17 mars, le réseau des CCI a participé aux réunions avec les préfectures et à la mise en place des mesures d'urgence. Tous ces acteurs s'appuient sur les remontées du terrain. C'est une belle reconnaissance du travail de nos élus et aussi de nos personnels dans les différentes chambres territoriales.

Concrètement comment avez-vous répondu à l'urgence ?
En mobilisant l'ensemble de nos équipes. Les CCI territoriales ont apporté des réponses adaptées à leur territoire, avec une constante sur l'ensemble de la région : garder le contact avec les entrepreneurs et leur proposer de l'accompagnement, ainsi que l'accès à des informations et des décryptages sur les mesures d'urgence mises en place par l'Etat. Cela s'est traduit par des appels aux entrepreneurs pour les renseigner et les aiguiller vers les bons interlocuteurs, ou les bonnes mesures. Dès le début de cette crise plus de 15 000 entreprises ont été contactées et accompagnées au jour le jour.


Lire aussi : Le plan de la CCI Aix Marseille Provence pour aider à la relance économique


On a beaucoup parlé d'aides financières pour les entreprises, mais finalement peu d'accompagnement psychologique des entrepreneurs. Comment vont-ils ?
L'aspect psychologique est important à prendre en compte, surtout chez les patrons de petites entreprises, les artisans et les commerçants qui travaillent seuls, ou en famille. Ces derniers sont les plus désemparés. Dans les grandes entreprises, le patron est accompagné par des équipes, des conseillers. Mais les petits entrepreneurs, qui ferment, n'ont plus de client, un crédit à payer, ils font quoi ? Au bout d'un moment le moral s'effondre… Nous avons proposé à ces chefs d'entreprise de bénéficier d'une cellule d'accompagnement psychologique, comme nous l'avions déjà fait lors de grandes crues qui ont touché notre région, par exemple. Cette cellule psychologique a aussi été proposée à nos propres collaborateurs.

Quelles sont leurs préoccupations ?
Selon les études réalisées par les CCI territoriales, les chefs d'entreprise s'inquiètent d'avoir suffisamment de masques pour leurs salariés et clients. Beaucoup craignent que leur responsabilité soit engagée en cas d'infection d'un de leur collaborateur lors de la reprise. Ils se posent des questions sur les modalités des livraisons. Ils s'interrogent sur certaines garanties demandées par les banques dans le cadre du PGE [Prêt garanti par l'Etat, ndlr]. En ce moment ils sont inquiets de savoir si la mesure de chômage partiel sera prolongée et adaptée au cadencement de l'activité…

Comment voyez-vous la reprise ?
Le déconfinement va commencer. Tout ce qui a été fait de positif ces dernières semaines doit être mis en avant. Il faut donner envie aux salariés de revenir travailler. On a souffert, mais comment faire pour aller vers le mieux et oublier cette crise ? Sans être naïf ou béat, il faut encourager nos collaborateurs et les entrepreneurs à être optimiste, et à s'inscrire dans une dynamique positive. On a été malmené, on est quelquefois KO debout, mais on s'en remet, on cherche des solutions et on avance. Il faut une reprise agile, dans le respect des règles sanitaires. Chacun doit être acteur de la reprise. Il faut remettre l'économie en vie. Cela ne va pas être pas facile…

Cette reprise se fera attendre pour les bars, restaurants, établissements touristiques si importants à l'économie de notre région. Quelle réaction cela suscite chez vous ?
C'est une catastrophe pour ces entrepreneurs… Les chefs d'entreprises sont des gens responsables et on aurait pu leur proposer d'ouvrir plus tôt sur la base du volontariat, avec un respect strict des règles sanitaires et gestes barrières.

Quels enseignements les CCI ont commencé à tirer de cette crise ?
La solidarité du réseau a bien marché. Les CCI ont été remises au centre du jeu. La CCI de région, qui est un organisme de réflexion et de liaison entre les chambres territoriales, va bientôt organiser une assemblée générale, dématérialisée ou non, on verra. Ce sera le moment de lancer une réflexion sur l'après de notre réseau.




Frédéric DELMONTE
Journaliste

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