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Reprendre une entreprise familiale : cadeau ou fardeau ?

Florence Valentin, présidente de la commission Cefim « Cafés de la reprise », a organisé, fin février, la 19e édition des Cafés de la reprise, sur le thème de la reprise des entreprises familiales.
Reprendre une entreprise familiale : cadeau ou fardeau ?
G. Majolet - Florence Tillie, Florence Valentin, Frédéric Moschetti, Laurence Freche, Thibaut Lasserre, Geneviève Melkonian

Economie Publié le ,

Comme à chacun de ses rendez-vous, les Cafés de la reprise a fait salle comble au Palais de la Bourse de Marseille. Le thème de cette manifestation, qui s’est tenue fin février, avait, il faut le dire, le mérite d’être à la fois stratégique et d’actualité. La reprise des entreprises familiales, le thème de la réunion, est aujourd’hui plus que jamais au cœur du sujet de notre économie. « Le nombre d’entreprises familiales destinées à être reprises est de plus en plus important », annonce d’embléeFlorenceValentin, présidente de la commission Cefim Cafés de la reprise.

Plusieurs facteurs expliquent cela. A commencer par le fait que la génération papy-boom est en train de partir à la retraite. D’autres explications sont également à soulever.

« La jeune génération est moins attachée aux valeurs patrimonia​les de ces entreprises. Elle est également moins prête à des sacrifices. »

A noter aussi que les nouveaux modèles familiaux (par exemple famille recomposée) ne facilitent pas une telle reprise. Conséquence inéluctable : « La transmission des entreprises familiales passe de plus en plus par la recherche d’actionnaires externes à la famille. »

Quelques conseils s’imposent alors aux dirigeants de ces entreprises : « La transmission doit être pensée très en amont. Il faut se méfier des aspects culturels très forts avec ce type de structure. Penser à la sauvegarde des emplois dans la région. Il y a ici des entrepreneurs attirés par les entreprises familiales », précise Florence Valentin. Place aux points positifs et négatifs de ces entreprises.

Bon père de famille

Une entreprise familiale est généralement gérée en bon père de famille avec des niveaux de trésorerie assez confortable. Elle affiche une forte résilience. Pendant la crise, les entreprises familiales ont effectivement mieux résisté que d’autres. Enfin, elles sont assez matures et bénéficient d’un environnement humain souvent idéal. La confiance et le respect du management sont palpables aussi bien du côté des salariés que des clients et fournisseurs.

Mais quelques zones d’ombre existent également. C’est ainsi que le virage stratégique est parfois oublié par les entrepreneurs familiaux qui affichent une certaine résistance au changement. Attention aussi au volet psychologique : modèle paternaliste, conflits familiaux latents, valorisation de l’entreprise (attention à l’affect).

Pour bien faire les choses, Florence Valentin recommande ainsi « de préparer la cession 5 à 10 ans avant qu’elle n’intervienne contre 2-3 ans pour les entreprises traditionnelles. Un accompagnement du dirigeant est également nécessaire avant, pendant et après la cession. Il est aussi important d’impliquer le middle management dans cette décision. »

En cas de reprise, force est de constater que la problématique n’est pas la même si l’enfant est le repreneur ou s’il s’agit d’une personne externe. « Pour l’enfant, l’enjeu est d’être dans la continuité tout en permettant un changement », résume Florence Valentin. Le repreneur externe devra s’adapter très vite à l’écosystème particulier de l’entreprise dans laquelle beaucoup de choses se font par la confiance, à l’oral. Attention aussi aux salariés et autres acteurs qui ne manqueront pas de mettre à l’épreuve le nouveau dirigeant. « Dans tous les cas, il convient de prendre le pouvoir et de pratiquer une due diligence financière très poussée. » L’organigramme de la société sera ainsi analysé avec la plus grande attention pour bien comprendre l’influence de chacun, les conflits existants etc. Attention aussi à l’immobilier et aux salaires.

« Généralement, il y a autant de finance que de psychologie dans ce type de mission. »

Il suffit d’écouter les différents témoignages des invités présents lors de cette commission Cefim pour comprendre comme il est passionnant mais douloureux de reprendre une entreprise familiale.

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