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Réplique de la grotte Cosquer : que vont découvrir les visiteurs ?

La construction de la réplique de la grotte Cosquer au sein de la Villa Méditerranée à Marseille bat son plein. Le directeur du lieu, Frédéric Prades, revient sur les objectifs de fréquentation et l’offre qui sera proposée.
Réplique de la grotte Cosquer : que vont découvrir les visiteurs ?
R. Poulain - Les visiteurs pourront découvrir la restitution des oeuvres d'art pariétal de la grotte Cosquer.

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Au niveau -2 de la Villa Méditerranée, à Marseille, une quarantaine d’ouvriers pose l’ossature métallique qui accueillera la réplique de la grotte Cosquer, projette les bétons résinés, installe les panneaux ornés, réalise les patines... Ce chantier débuté en juin dernier doit se poursuivre jusqu’en mars 2022, pour ensuite laisser place à l’installation des éléments techniques. L’ouverture du Centre d’interprétation archéologique pour une restitution de la grotte est quant à elle prévue en juin, respectant ainsi le calendrier initial. « Nous prévoyons entre 600 000 et 800 000 visiteurs pour la première année d’exercice, estime le directeur du Centre, Frédéric Prades, se basant sur la fréquentation de la grotte Chauvet 2 en Ardèche ou encore du Mucem. Nous tablons ensuite sur une perte de 100 000 visiteurs sur les trois, quatre premières années afin d’arriver à un rythme de 400 000 à 500 000 visiteurs par an. » Le tarif d'entrée "classique" sera de 16 euros. 

Frédéric Prades, directeur du Centre d'interprétation. (Crédit : R. Poulain)

Soixante-dix permanents, auxquels viendront s’ajouter trente saisonniers l’été, travailleront au sein de l’établissement, à la fois au niveau de l’accueil (l’équipe la plus importante), de la médiation, de la technique, de l’administratif mais aussi de la restauration puisqu’un espace sera proposé au rez-de-chaussée. « Nous recrutons d’abord les directeurs de chaque pôle qui ensuite constituerons leurs équipes. Tout le personnel devrait être là fin avril. » Quant au budget de fonctionnement, il est de 8 à 10 millions d’euros.

Menacée de disparition 

Située dans la calanque de Triperie, au cap Morgiou (9e arr. de Marseille), la grotte Cosquer et ses 500 œuvres d’art pariétal – pingouins, bisons, mains - a été découverte par le plongeur Henri Cosquer en 1985. Elle a pour particularité d’être engloutie : son entrée se trouve à 37 mètres au-dessous du niveau de la mer. Son inaccessibilité au plus grand nombre couplée à sa menace de disparition en raison de la montée des eaux a conduit la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à imaginer la création d’une réplique de cette grotte au sein de la Villa Méditerranée, qui était quant à elle en manque de vocation.

En octobre 2019, la Région a ainsi sélectionné la société Kléber Rossillon, qui a déjà réalisé la grotte Chauvet 2 en Ardèche, pour concevoir, réaliser et exploiter le Centre d’interprétation dédié à cette grotte. Ce chantier de 24 millions d’euros est financé par la Région à hauteur de 8 millions d’euros pour remettre en état le bâtiment. Le reste des investissements est pris en charge par Kléber Rossillon.

En immersion dans la grotte Cosquer

Et pour plonger les visiteurs en complète immersion, ils entreront dans la Villa par un ponton. Puis ils commenceront leur parcours par le club de plongée de Cassis (celui d’Henri Cosquer), reconstitué. « Nous travaillons avec eux pour récupérer le matériel », indique le directeur. Ils poursuivront par le bar le France – celui des plongeurs de Cassis – et embarqueront dans ce qui pourrait s’apparenter à une cage de plongée. Grâce notamment à l’installation d’écrans animés, « la scénographie donnera l’impression que l’on plonge à 40 mètres de profondeur ». Les visiteurs s’installeront ensuite par groupe de six dans des navettes électriques. Ce choix d’un parcours qui n’est pas piéton répond à une problématique : comment absorber un maximum de monde dans un petit endroit où il faut observer de nombreux éléments. Cette option s’est donc avérée comme le meilleur moyen de gérer les flux explique Laurent Delbos, chef de projet sur la partie restitution de la grotte Cosquer chez Kléber Rossillon qui tient cependant à préciser qu’« il ne s’agit pas d’un manège mais d’un support à la visite ». Un départ est prévu toutes les 48 secondes, soit 4 000 personnes par jour. Lors de ce trajet de trente minutes, les visiteurs seront équipés d’un audioguide qui se déclenchera au moment où ils passeront devant les œuvres et pour recréer une exploration à la lampe frontale, le chemin sera placé dans la pénombre et s’allumera progressivement devant eux.

La « main de la découverte » est la première peinture découverte par Henri Cosquer.
(Crédit : R. Poulain)

Après la projection d’un film de 8 minutes dans l’amphithéâtre, le visiteur continuera sa route au 3e étage, au sein du porte-à-faux caractéristique de la Villa Méditerranée. Dans cet espace, il trouvera la reconstitution d’un habitat préhistorique, des animaux et paysages d’époque ou encore une salle dédiée aux variations climatiques. Car outre la préhistoire, la sensibilisation au réchauffement et ses conséquences sur la montée des eaux est également au coeur du projet. Et la Méditerranée, visible en arrière plan depuis cette salle, figure comme un rappel. 

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