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Pourquoi la Ville de Marseille a claqué la porte du Club de la croisière

En désaccord avec le Club de la croisière sur les impacts environnementaux des croisières, la Ville de Marseille a décidé de ne pas reprendre son adhésion. Elle appelle la CCI Aix-Marseille Provence et le Grand port maritime de Marseille à redéfinir le cadre d’un nouveau partenariat.
Pourquoi la Ville de Marseille a claqué la porte du Club de la croisière
F. Delmonte - Il y a eu 497 escales à Marseille en 2019.

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« La Ville de Marseille ne souhaite plus être membre du Club de la croisière. » C’est par un communiqué et un courrier en date du 3 mai que Laurent Lhardit, l’adjoint au maire en charge notamment de l’économie et de l’attractivité économique mais aussi du tourisme durable, a rompu les amarres avec le Club de la croisière. Dans cette missive, il a informé Jean-Luc Chauvin, le président de la CCI Aix-Marseille Provence (CCIAMP), Hervé Martel, le président du Grand port maritime de Marseille (GPMM) et Jean-François Suhas, le président du Club de la Croisière, de la décision de la nouvelle majorité.

« Nous souhaitons définir un nouveau partenariat avec les acteurs des croisières pour assurer leur relance en tenant compte de tous les enjeux socio-économiques, environnementaux et de santé publique, au bénéfice de tous », explique Laurent Lhardit.

Dans cette lettre, l’élu confirme que le désaccord porte sur « les prises de position récentes du Club de la croisière visant à relativiser les impacts environnementaux liés à la présence et l’immobilisation à quai, en cette période de crise sanitaire, d’un très grand nombre de bateaux de croisière ». La Ville reproche aux dirigeants du Club de remettre en cause « la qualité des données produites » par l’Observatoire régional de la qualité de l’air.

Un « outil de lobbying »

Pour Laurent Lhardit, le Club de la croisière s’est éloigné de sa mission originelle qui est d’être « un outil de dialogue et de recherche de contreparties, équilibrées capable de prendre en compte les intérêts de toutes les parties prenantes ». Au lieu de cela, il serait devenu un « outil de lobbying orienté vers les décideurs locaux, centré sur les intérêts des grandes compagnies de croisière ». Et Laurent Lhardit d’interpeller le GPMM et la CCIAMP sur les termes d’un nouveau partenariat « permettant d’envisager une évolution qualitative du secteur de la croisière ».

« Conscient de l’importance que revêt le développement des activités maritimo-portuaires pour [le] territoire », il estime que pour « regagner la confiance et assurer la pérennité de leurs activités, les compagnies de croisière devront ces prochaines années envisager une mutation rapide de leur modèle de développement ».

Présidé par Jean-François Suhas, le Club de la croisière regroupe 50 adhérents publics et privés. Il a été créé en 1996 par la Ville de Marseille, la CCI Marseille-Provence et le Port autonome de Marseille. En 2019, Marseille a accueilli 1,85 million de passagers pour 497 escales. A l’arrêt pendant la pandémie, les compagnies de croisière pourront reprendre leurs activités à partir du 30 juin.

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