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Pour l'Ufip, l'essor des véhicules électriques menace le raffinage régional

le - - Economie

Pour l'Ufip, l'essor des véhicules électriques menace le raffinage régional
J.-C. Barla - Le président de l'Ufip, Francis Duseux, était en déplacement à Marseille. Pour lui, le pétrole "restera essentiel malgré l'essor des énergies renouvelables".

Pour conduire la transition énergétique, l'Union française des industries pétrolières (Ufip) estime qu'innover sur des carburants plus écologiques sera plus profitable à la préservation de l'industrie française et de l'environnement que généraliser les véhicules électriques.

Même en cas de « mix énergétique » plus diversifié, le pétrole et le gaz continueront de satisfaire au moins à la moitié de la consommation d'énergie sur la planète à l'horizon 2040, estiment plusieurs études de l'Agence Internationale de l'Energie, de BP ou ExxonMobil… Dans le meilleur des cas, la part du pétrole devrait avoisiner, selon l'Agence internationale de l'énergie, 23% en 2040 contre 32% en 2016. « Il restera essentiel malgré l'essor des énergies renouvelables. Les compagnies poursuivent leurs efforts d'exploration en reprenant leurs investissements », affirme Francis Duseux, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), venu le 5 avril à Marseille présenter le bilan 2018 et les perspectives de cette industrie.

A ses yeux, les besoins de la pétrochimie et des transports continueront de soutenir la demande, même si le véhicule électrique gagne des parts de marché. « Sa pénétration devrait rester faible en raison de son coût d'acquisition, de ses limites en autonomie, du manque de bornes de rechargement, du retraitement des batteries… Surtout, il ne résout rien en émissions de CO2. Sur l'ensemble de son cycle de vie, il a émis quatre fois plus de dioxyde de carbone avant même d'avoir fait un seul kilomètre. Et après, il faut qu'il ait roulé 100 000 km pour atteindre l'équilibre par rapport à un véhicule conventionnel. » Pour Francis Duseux, il pourrait fragiliser indirectement l'outil industriel français.

« Nous n'aurons jamais de filière de fabrication de batteries en Europe. Si l'objectif de baisse de 40% de la consommation de produits pétroliers se concrétise, l'impact sera considérable. La Provence en subira les effets. Elle concentre une logistique remarquable dans le bassin de Fos entre l'outil de raffinage, les dépôts pétroliers, les pipelines, ces produits génèrent la moitié des revenus des ports français… La France se rendrait très vulnérable si elle dépendait à 100% de l'importation de produits raffinés. »

Pistes complémentaires

Pour lui, des voies parallèles sont à explorer, moins coûteuses mais « vertueuses » pour réduire la consommation et rendre les carburants et le fioul domestique plus propres, par l'apport de biocarburants, par l'innovation sur des carburants liquides bas-carbone, les moteurs, voire le captage de CO2 grâce à la reforestation. Une perspective évoquée également par Antoine du Guerny, président d'Esso SAF, présent quelques jours plus tôt à Marseille. Le groupe expérimente des productions à base de déchets agricoles (fourrage, bois de scieries, résidus…), d'algues… pour atteindre à l'avenir un déploiement industriel à grande échelle « et à des coûts raisonnables ».

Sur la raffinerie de Fos-sur-Mer (six millions de tonnes de pétrole brut traitées en 2018), il va investir 20 à 30 millions d'euros par an en cinq ans pour diminuer la consommation énergétique, améliorer l'impact environnemental, désulfurer les carburants… En mai, le site commencera à vendre du fioul marin à 0,5% de teneur en soufre pour approvisionner les navires par un carburant moins polluant. L'orientation bénéficiera selon Esso à l'environnement et au port de Marseille-Fos. « Si les productions que nous réalisons étaient importées, nous aurions deux fois plus d'émissions de CO2 sur la zone industrialo-portuaire », assure Benoit de Saint-Sernin, directeur des affaires générales et institutionnelles d'Esso SAF.




J.-C. Barla
Journaliste

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