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Plongée dans une industrie plus verte

Lors du Grand Bain, l’événement de la French Tech Aix-Marseille Région Sud, entreprises et représentant de l’Etat ont présenté leurs solutions pour faire rimer industrie avec écologie.
Plongée dans une industrie plus verte
K. Latour - La French Tech Aix-Marseille Région Sud organisait jeudi 23 septembre son Grand bain à l'Orange Vélodrome de Marseille.

Economie Publié le ,

Fabriquer une tasse à partir de déchets d’agrumes. C’est le défi qu’ont relevé Victoria Lièvre et Luc Fischer, co-fondateurs de Repulp Design, jeune pousse marseillaise aujourd’hui incubée au Carburateur. « Les agrumes ne sont pas bons pour la nourriture animale ni pour le compost car ils sont trop acides. Il fallait trouver une autre solution que l’incinération pour les recycler. » Ils récupèrent donc ces déchets qui sont ensuite traités pour finalement créer un nouveau matériau, breveté. Une véritable alternative au plastique – « ses propriétés techniques en matière de flexibilité s’en rapprochent », note Luc Fischer – et qui permet donc d’allier production industrielle et développement durable. Les tasses de Repulp Design sont d’ailleurs fabriquées dans une usine à Aubagne à l’origine spécialisée dans... le plastique.

Industrie et écologie ne seraient donc plus les éternels ennemis ? C’est la question qui était justement posée jeudi 23 septembre lors du Grand Bain, l’événement de la French Tech Aix-Marseille Région Sud pour imaginer le monde de demain, qui s’est tenu à l’Orange Vélodrome. Victoria Lièvre y intervenait pour présenter leur solution.

Changer de l’intérieur

Verdir l’industrie ne passe pas seulement par la création de nouveaux procédés mais également par une refonte de l’intérieur. C’est d’ailleurs l’objectif du plan France Relance, lancé par le gouvernement il y a un an pour accompagner la reprise à la suite de la crise sanitaire de la Covid-19. Parmi les volets de ce plan : la transition écologique. Elle s’est traduite dans les Bouches-du-Rhône par un soutien au projet mené par ArcelorMittal pour basculer son four dans l’hydrogène, illustre « assez fier » le sous-préfet délégué à la relance dans les Bouches-du-Rhône et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Benoît Mournet. « Le plan de relance, ce n’est pas un programme pour dans dix ans », ajoute-t-il. L’Ademe a ainsi vu son budget multiplié par deux sur les thèmes de la décarbonation et de l’économie circulaire, l’équivalent de ma Prim Renov a été mis en place pour les entreprises... « Nous ne manquons pas d’argent pour une entreprise qui souhaite prendre ce virage. Nous avons différents leviers entre l’Ademe, Bpifrance ou la Caisse des dépôts », poursuit le représentant de l’Etat, indiquant avoir réussi à toucher « les dix plus grosses entreprises » du département avec le plan de relance. « Les industries savent que c’est une condition de survie. »

Frank Gana est le co-fondateur et directeur général de (Re)Set, une société de conseil en environnement basée à Paris. « Nous aidons les entreprises ou institutions à orienter leurs actions et les accompagnons pour changer leurs outils de production afin qu’ils aient un vrai impact. » Cela passe par la découverte de nouvelles méthodes de production. Et quand les solutions ne sont pas mûres, « nous intervenons - en les aidant à trouver des fonds, trouver des sites stratégiques - afin qu’elles grandissent plus vite pour avoir un impact plus rapide. » (Re)set souhaite ainsi faire venir à Marseille une société issue du MIT, SweetWater Energy, qui produit de la bioraffinerie 25 fois moins polluante. « Ce sont les seuls à avoir imaginé une technologie capable de créer des produits utiles, soutenables, aussi performants que ceux pétrosourcés et au même prix. » Et pour lui une fois que l’on sait que ces solutions existent, que l’entreprise est capable de répondre à la demande « il n’y aucune raison de ne pas les utiliser. »

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