AccueilEconomiePierre Ippolito : « Proposer des solutions de mobilité alternatives et douces »

Pierre Ippolito : « Proposer des solutions de mobilité alternatives et douces »

Pierre Ippolito est directeur général du groupe familial Ippolito, basé dans les Alpes-Maritimes. Il entend développer son entreprise sur l'ensemble de la région Paca, dans les solutions de mobilité, le tourisme, l'immobilier et l'industrie.
Pierre Ippolito est le président de l'UPE 06 et le directeur général du groupe Ippolito.
D. R. - Pierre Ippolito est le président de l'UPE 06 et le directeur général du groupe Ippolito.

Economie Publié le , Propos recueillis par Frédéric DELMONTE

Les Nouvelles Publications : De la Somi Ippolito créée en 1968 au groupe Ippolito de 2022, il y a eu beaucoup d’évolutions et de développements. Comment présenteriez-vous votre entreprise aujourd’hui ?

Pierre Ippolito : Nous sommes une ETI [Entreprise de taille intermédiaire, NDLR] familiale qui accompagne le développement économique de son territoire et participe à son rayonnement. Nous portons presque un raisonnement d’entreprise à mission, sensibilisée aux valeurs de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises). A ce sujet, nous souhaitons d’ici deux à trois ans devenir une entreprise à mission et faire évoluer nos statuts. Au tout début de notre histoire, nous étions une concession de camions… mais pas seulement. Dès l’origine, mon grand-père a souhaité accompagner ses clients sur les questions de mobilité et ne pas se contenter de simplement vendre du matériel. Il entendait leur fournir des solutions. Ses premiers clients étaient les entreprises du BTP qui ont participé à la construction des grandes infrastructures des Alpes-Maritimes. Au-delà de cette approche, il y a eu très vite la volonté de maîtriser toute la chaîne de valeur. Cette ligne directrice a guidé notre famille et accompagné le développement vertical de l’entreprise. Aujourd’hui, nous maîtrisons 90 à 95 % de la chaîne de valeur de notre activité historique. Pour continuer à croître, je me suis posé plusieurs questions : se développer géographiquement, acheter des concurrents ou se développer de façon conglomérale. Cette dernière option a été choisie.

Comment avez-vous procédé ?

Nous avons identifié les secteurs économiques porteurs dans les Alpes-Maritimes et en Paca. Le tourisme, l’immobilier, la santé, la grande distribution, la parfumerie, la santé, le nautisme, etc. Après cette première analyse, nous avons identifié ce qui était faisable pour nous d’un point de vue humain et financier.Pour diverses raisons, dont une sensibilité familiale, il a été décidé de développer en parallèle une activité dans l’immobilier et le tourisme, un peu plus tard dans l’industrie. Comme dans le transport, nous avons voulu maîtriser pour l’immobilier et le tourisme la chaîne des valeurs. Dans ce développement, nous nous sommes également entourés de collaborateurs de talent.

Quels investissements avez-vous faits ?

Dans le tourisme, nous avons investi dans une plage, Le Saint-Barth, à la Nartelle dans le golfe de Saint-Tropez (Var) et dans un restaurant d’altitude, "Le Blanchon", à Auron. Cela nous permet de faire travailler notre équipe en saison d’hiver et d’été, et de retrouver nos clients à différentes saisons. Nous avons également le Domaine de Fauveris, à Lorgues (Var). Nous sommes à l’écoute de nouvelles opportunités. Dans l’immobilier, nous procédons de la même façon, avec la volonté de proposer à nos clients une expérience complète. Avec la Maison Oréa, notre marque, qui possède une agence à Nice et une à Cagnes-sur-Mer, nous disposons de cinq métiers, à savoir l’achat, la vente, la location, la gestion de biens et la rénovation. Notre souhait est d’avoir d’ici cinq ans une dizaine d’agences dans les Alpes-Maritimes. Une fois notre maillage complet, nous étudierons un développement dans le Var.

L’activité dans l’automobile, les véhicules professionnels plus précisément, reste votre cœur de métier. Or, elle est soumise à de fortes contraintes en matière de transition énergétique et d’impact environnemental. Comment accompagnez-vous cette transition ?

Là aussi, nous voulons être apporteurs de solutions pour nos clients. Même si cette activité aujourd’hui ne rapporte pas, nous entendons proposer des solutions de mobilité alternatives et douces. Nous faisons tester à nos clients, des professionnels comme des collectivités, des camions, utilitaires ou bennes à déchets électriques, mais aussi des vélos cargo électriques… Nous souhaitons être précurseurs. Nous investissons pour préparer l’avenir.

Devenue entreprise à mission, l’UPE 13 se projette en 2050

L’avenir passe également par l’économie circulaire. Quelle approche avez-vous en la matière ?

Notre volonté est de nous positionner sur l’économie circulaire. Nous l’avons fait avec le rachat de la casse Auto Choc. Nous sommes en situation de récupérer des pièces intéressantes sur des camions en fin de vie ou accidentés, de recycler du matériel comme des métaux, des batteries, etc. A trois ans, nous entendons retraiter 10 000 voitures et 400 camions. Les prévisions sont de passer de 5 à 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dans cette activité.

Vous parlez d’attachement au territoire et en même temps, vous êtes un entrepreneur des Alpes-Maritimes qui n’a pas hésité à sortir de son département pour se développer. C’est important d’aller aussi voir ailleurs au sein de notre région ?

C’est essentiel pour nos entreprises d’avoir au moins une approche régionale. Trop d’entrepreneurs se concentrent sur leur bassin économique et ne regardent pas plus loin. Si mon entreprise n’était pas sortie de son département, à un moment donné, elle serait toujours une PME et pas une ETI. Notre région a besoin d’ETI pour être plus forte. J’appelle les entrepreneurs à sortir de leur département.

Pierre Ippolito à la tête de l'UPE 06

Pierre Ippolito est depuis le 1er juiller dernier le nouveau président de l'UPE 06. Il a pris la suite de Philippe Renaudi, qui est devenu le président de la CCI de Région Paca. Il entend travailler à l'engagement des jeunes entrepreneurs dans les instances paritaires afin de changer l'image du mouvement patronal et y faire entrer de nouvelles générations. Ce dernier entend aussi travailler à la création d'une place financière pour les entrepreneurs des Alpes-Maritimes.

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