AccueilEconomiePhilippe Stéfanini : « c'est facile d'attirer les meilleurs à Marseille »

Philippe Stéfanini : « c'est facile d'attirer les meilleurs à Marseille »

Philippe Stéfanini, directeur général de Provence Promotion, témoigne de l'attractivité dont jouit l'aire métropolitaine Aix-Marseille Provence au plan international, qui s'est notamment traduite récemment par les implantations de deux sociétés espagnoles : la compagnie aérienne Volotéa et l'entreprise logistique Atosa.
Philippe Stéfanini : « c'est facile d'attirer les meilleurs à Marseille »
S. Payrau - Philippe Stefanini, DG de Provence Promotion, a rencontré les chasseurs de têtes du réseau international IMSA.

Economie Publié le ,

Les Nouvelles Publications : Vous vous êtes adressé à un auditoire où dix-sept pays étaient représentés (lire le sujet complet dans le n°9953 des Nouvelles Publications). Depuis quand Marseille dispose-t-elle d’un tel pouvoir d’attraction ?
Philippe Stéfanini : On a assisté à un changement il y a quatre ans. Jusqu’à 2012, un tiers des entreprises qui investissaient sur notre territoire étaient étrangères. Comme nous attirons de 50 à 70 entreprises chaque année dans les Bouches-du-Rhône, cela représentait alors 15 à 20 sociétés par an. Et depuis 2012, ce panel compte 50 % d’entreprises étrangères. Aujourd’hui, sur les dix principales agences de métropole en France, nous sommes celle où la part d’entreprises étrangères est la plus importante.

A quoi est due cette évolution ?
Nous avons tout d’abord des facteurs locaux. On a une montée en puissance des réalisations : Euroméditerranée qui est dans une phase plus visible, Marseille Provence 2013, l’aéroport MP 2, le démarrage opérationnel d’Iter. Ce sont des opérations qui parlent à l’étranger.
Et c’est également une conséquence de la mondialisation : les entreprises françaises sont plus tentées d’investir à l’étranger et les étrangères plus tentées d’investir en France.

Quelles sont les retombées économiques pour le département ?
Ce que l’on gère, c’est le volume d’emplois générés, et il oscille entre 1 000 et 2 000 emplois par an. Il n’a d’ailleurs pas bougé depuis le début de la décennie. Mais à l’époque, il s’agissait d’implantations logistiques lourdes. Aujourd’hui, les emplois sont moins drivés là-dessus. Nous attirons davantage d’entreprises technologiques ou liées au domaine de la santé. La nature des emplois a changé et la part du logistique est passée de 50 % en 2010 à moins de 20 % aujourd’hui. La valeur ajoutée des postes s’est diversifiée.

Pourquoi prendre le temps de recevoir de cette manière des chasseurs de têtes ? Ils ne sont pourtant pas décisionnaires des investissements…
Ce sont des personnes qui vont recruter les collaborateurs dont les sociétés ont besoin. Leurs clients vont les interroger s’ils hésitent entre une présence à Paris ou à Marseille. Ils vont leur demander : « où est-ce que c’est le plus facile d’attirer les meilleurs ? ». Donc il est important de leur dire que c’est facile d’attirer les meilleurs à Marseille.

Vous avez beaucoup insisté sur la qualité de vie, le fameux « Way of life ». Pourquoi ?
C’est un outil d’aide à la décision pour les familles. C’est un phénomène qui s’est accéléré ces quatre dernières années. Ça va avec la mondialisation : désormais, les personnes recrutées sont d’origines très variées sur le plan géographique et on n’a pas fini de voir ça.
Donc, pour une société, c’est essentiel. Les infrastructures autoroutières, l’aéroport, c’est standard. La grande différence, c’est qui je recrute sur place et qui je peux faire venir. Il nous faut travailler avec l’entreprise sur l’attraction. Et si en tant qu’agence de développement économique, vous vous préoccupez de la vie sur place, vous jouez votre rôle puisque vous n’êtes alors pas concurrent des cabinets de recrutement.
Il faut savoir que quand l’entreprise a trouvé ses employés et qu’ils se désistent, ça a un coût. Donc notre rôle, c’est de sécuriser l’attraction des talents.

Comment y parvenez-vous ?
Nous avons des clips promotionnels différents pour que chaque population puisse s’identifier, selon le type de famille et quelle que soit son origine. Il faut permettre à tous de se projeter afin qu’ils s’aperçoivent qu’il y a tout pour qu’ils se plaisent ici.

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