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interview Philippe Korcia : « Il faut que nos grandes entreprises fassent plus appel aux PME locales »

le - - Economie

Philippe Korcia : « Il faut que nos grandes entreprises fassent plus appel aux PME locales »
R. Poulain - Philippe Korcia est le président de l'UPE 13.

Philippe Korcia, le président de l'UPE 13 appelle à l'union pendant cette reprise économique. Il lancera en juin une opération afin d'inciter les grands groupes de notre territoire à travailler avec des PME et TPE locales.

Les Nouvelles Publications : Comment se passe la reprise économique depuis le 11 mai ?
Philippe Korcia : On a des retours très contrastés, avec une impression que nous sommes déconfinés, mais que concrètement le confinement est toujours là. Les entreprises rencontrent encore des problèmes pour gérer les effectifs en activité et faire venir les salariés. L'activité repart, mais lentement. Mais on s'attend à une montée en puissance dans les prochains jours.

Dans cette reprise sont toujours exclus les restaurateurs et un certain nombre d'hôtels. Le comprenez-vous ?
C'est incompréhensible que l'on empêche d'ouvrir les restaurants, alors que les fédérations professionnelles sont prêtes à mettre en place les gestes barrières. Il faut faire confiance aux entrepreneurs qui sont des personnes responsables. On ne peut pas priver notre territoire de notre première économie qui est le tourisme, l'hôtellerie, la restauration.

L'UPE 13 avec différentes organisations syndicales et la métropole ont signé une charte au sujet de l'organisation des transports en commun. Les salariés peuvent-ils aller normalement au travail ?
Il y a des transports en commun et on s'aperçoit que les consignes de sécurité sanitaires sont plutôt bien respectées. Les salariés peuvent venir au bureau. Mais dans les entreprises on s'aperçoit qu'il y a encore un certain nombre de freins à lever, comme celui psychologique ou celui de la garde des enfants. C'est, entre autres, pour cette raison que je suis sensible à la poursuite du télétravail pour les salariés qui rencontrent des difficultés. C'est aussi important de mettre en place des horaires décalés afin de limiter les phénomènes d'encombrement des transports en commun à certaines heures, ou d'embouteillages dans la circulation. On a fait passer le message à nos entreprises.

L'économie a été mise à l'arrêt pendant 55 jours pour des questions sanitaires. Avec le recul, quel regard portez-vous sur cette décision ?
C'est la première fois dans l'histoire qu'une telle décision est prise. Même en 1968, lors de l'épidémie [la grippe de Hong Kong, ndlr] qui est un peu sortie de notre mémoire collective, on n'avait pas arrêté l'économie. Maintenant, il faut que l'activité reparte, pleine et entière.


Lire aussi : Coronavirus : l'UPE 13 se pose en rempart des entreprises


L'UPE 13 et un collectif d'organisations professionnelles et économiques ont interpellé le préfet afin de lui demander un assouplissement de la réglementation du travail. Pour quelles raisons ? Est-ce une demande ponctuelle, le temps de la relance ?
Comme nous l'écrivons dans le courrier, il est urgent de donner à nos commerçants, artisans et patrons de TPE tous les moyens pour faciliter la reprise et leur permettre de répondre aux attentes de leur clientèle. Dans certains cas, travailler le dimanche peut être une possibilité, mais pas un leitmotiv, comme des ouvertures le soir pour certains commerces. Mais nous demandons que cela se fasse dans le dialogue et sans oublier les avancées sociales. Je le redis, il y a besoin de relancer la machine et donc de lever certains verrous réglementaires, dont des arrêtés préfectoraux de fermeture par métier liés aux fédérations professionnelles et les arrêtés municipaux. Il faut aussi demander aux communes de lever les arrêtés de travaux en centre-ville cet été. Ces mesures concernant les horaires de travail vont aussi permettre à des salariés qui ont été en chômage partiel de regagner un peu en pouvoir d'achat.

Un début de polémique prend avec ce sujet du « travailler plus ». Vous comprenez les réactions des syndicats ?
On travaille plus, car il y a un besoin national. On n'est plus dans le dogmatisme. J'ai l'impression que certains syndicats sont là pour tuer l'outil de travail, c'est-à-dire l'entreprise, auxquels leurs adhérents sont attachés. Je ne souhaite pas que nous tombions dans des combats ridicules. On est tous ensemble. On doit réussir la reprise économique.

Dans les prochaines semaines quels combats va porter l'UPE 13 afin d'accompagner la reprise ?
L'UPE 13 doit être un moteur dans la reprise de l'économie de notre territoire. Pour cette raison dès le mois de juin nous entendons œuvrer au rapprochement des grandes entreprises avec les TPE du territoire dans une optique de solidarité et de production locale. On est une petite armée : il faut que nos grandes entreprises fassent plus appel aux PME locales, à travers leurs prestataires et partenaires. C'est un cercle vertueux à initier. Nous allons travailler à la mise en place de réseaux de proximité. Pour en parler plus, j'attendrai le 28 mai et la présentation par le gouvernement du plan de déconfinement sur le tourisme et l'hôtellerie. Dans cette bataille, pour mettre en place les conditions de collaboration, nous allons nous appuyer sur les barreaux de Marseille et d'Aix-en-Provence, la Compagnie régionale des commissaires aux comptes et sur l'Ordre des experts-comptables, afin de créer une dynamique. Il faut être unis dans sur la reprise économique.




Frédéric DELMONTE
Journaliste

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