AccueilFinancePhilippe Gassend : "Il est temps que les entreprises reprennent leur liberté"

Philippe Gassend : "Il est temps que les entreprises reprennent leur liberté"

Pour Philippe Gassend, directeur général adjoint de la Banque Populaire Méditerranée (BPMED), il est nécessaire à présent d'agir sur le haut de bilan et non sur l'endettement des entreprises.
Philippe Gassend :
Unikeye - Philippe Gassend, directeur général adjoint de la Banque Populaire Méditerranée.

Finance Publié le ,

Les Nouvelles Publications : Comment avez-vous passé l'année 2020 avec la crise sanitaire toujours en cours ?
Philippe Gassend :
La crise a été très violente mais nous avons réussi à maintenir le cap. L'exercice 2020 est en retrait mais la baisse est très faible aussi bien en termes de chiffre d'affaires que de résultat net pour la BPMED [les chiffres complets ne seront dévoilés que lors de l'assemblée générale de la banque le 26 avril, NDLR].
La Banque Populaire Méditerranée a octroyé 10 000 PGE pour près d'1,3 milliard d'euros sur l'ensemble de son territoire. Et nous venons d'annoncer la prolongation d'un an du report d'amortissement du capital des PGE pour tous nos clients entreprises et professionnels qui en feraient le choix.
A présent nous travaillons surtout à la mise en place d'outils tels que les prêts participatifs. Concrètement, nous agissons sur le haut de bilan plutôt que sur l'endettement. C'est bien de proposer du crédit mais à un moment donné il faut aussi le rembourser… Il faut faire attention au mur de la dette.


Lire aussi : Yvon Grosso, président du Medef Sud : « Le PGE, il faut le rembourser, mais l'adapter »


Quel est le problème majeur des entreprises actuellement ?
Dans notre région, les entreprises sont faiblement capitalisées ce qui crée des générations d'entrepreneurs soumis aux aléas conjoncturels. Or l'année 2020 a justement été un accident conjoncturel. Il faut absolument que les entreprises augmentent leurs fonds propres via des prêts participatifs ou des quasi fonds propres à rembourser à échéance 7-10 ans.
Il est temps que les entreprises reprennent leur liberté, que les entrepreneurs prennent leur vie en main, fabriquent de la richesse puis embauchent. C'est le dessein de tout chef d'entreprise.

Encore faut-il que la consommation soit d'actualité...
Elle reprendra avec la fin des différentes mesures de confinement, couvre-feu, etc. Le taux de croissance sera important car les français ont économisé en un an ce qu'ils économisent d'ordinaire en dix ans. Nos collaborateurs vont appeler chaque dirigeant, un par un. J'ai donné une consigne à mes équipes : "Regardez l'allure de l'entreprise en 2017, 2018, 2019. 2020 est un accident : on ne peut donc pas la juger sur cette année." Si les années précédentes étaient bonnes, les années qui suivent seront à nouveau bonnes.

Vous semblez confiant ?
Nous sommes bien équipés et organisons des réunions en distanciel, avec les conseils du chef d'entreprise et ce dernier. Nous arrivons à recréer ce lien jusqu'à ce que le présentiel soit à nouveau d'actualité. Quand les entreprises se remettront en ordre de marche, nous serons prêts, je suis confiant.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?