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Philippe Bruzzo, bâtonnier d'Aix : « Il faut développer le conseil aux entrepreneurs »

le - - Droit et Chiffre

Philippe Bruzzo, bâtonnier d'Aix : « Il faut développer le conseil aux entrepreneurs »
M. Debette - Philippe Bruzzo souhaite « faire le lien entre les générations » au sein d'un barreau qui s'est rajeuni.

Depuis sa prise de fonction à la tête du barreau d'Aix-en-Provence, le 1er janvier dernier, Me Philippe Bruzzo, tient résolument la barre et veut porter quelques beaux projets d'avenir.

Les Nouvelles Publications : Que vous inspire la nomination du nouveau garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti ?
Philippe Bruzzo :
Est-ce que cela va nous aider à maintenir notre régime de retraite ? Je pense qu'il va y avoir beaucoup de sujets à traiter avec les prochaines réformes de la justice. Comme le budget. Tant que l'Etat ne prendra pas conscience que la justice rapporte à l'économie nationale, on continuera avec des budgets extrêmement restreints qui ne permettent pas un fonctionnement serein de l'institution. Peut-être que notre nouveau garde des Sceaux aura l'énergie et la conviction suffisantes pour obtenir ces crédits qui font cruellement défaut depuis des années.

Le besoin de droit et de réponse juridique est de plus en plus important et, à défaut, ce sera toujours « au petit bonheur la chance », avec des magistrats et des greffiers insuffisamment nombreux pour la mise en place du fameux concept de la justice du troisième millénaire, dont parlait Christiane Taubira [alors garde des Sceaux, NDLR], et des moyens financiers inférieurs à ceux de l'Azerbaïdjan. La tâche d'Eric Dupond-Moretti va être immense. Mais je pense qu'il a les qualités et qu'il est entré dans les habits du garde des Sceaux pour faire avancer les choses comme le niveau d'indemnisation de l'aide juridictionnelle, la responsabilité des magistrats, la séparation du parquet, etc.

Quelle est la priorité de votre mandat de bâtonnier ?
J'ai beaucoup de projets, notamment au profit des jeunes avocats. J'ai énormément écouté et je recherche une cohésion de notre barreau, qui s'est rajeuni d'une manière extraordinaire et s'est éclaté géographiquement. Je souhaite faire le lien entre les générations. A l'image du tutorat, sur lequel le Conseil national des barreaux a beaucoup travaillé, pour épauler un jeune confrère confronté à une affaire difficile, par exemple.

Certains m'ont fait part de leur désarroi pour trouver des bureaux lors de leur installation. Pourquoi ne pas aménager des espaces de location de bureaux ou de coworking pour les jeunes avocats, au sein d'un des deux sites dont le barreau est propriétaire ? Il faudra repenser nos espaces. J'espère aboutir d'ici la fin de l'année ou le début 2021. Ce sera une autre manière d'exercer, mais l'évolution de la société commande une évolution des habitudes de travail et des valeurs. Ce qui n'empêche pas le respect du secret professionnel, de la confidentialité, de ce que nos grands principes nous imposent en tant que profession réglementée et qui font la différence avec les « braconniers du droit » et autres sociétés qui envahissent le monde du droit.

Quelle sera votre feuille de route en matière de formation ?
Je souhaite faire évoluer le barreau, l'amener vers plus de formations pratiques, car le monde juridique et judiciaire évolue. Il faut aller vers les secteurs porteurs qui permettent aux avocats de tirer leur épingle du jeu car, si la demande juridique est de plus en plus importante, elle est aussi de plus en plus technique. Il y aura toujours les dossiers classiques, mais il faut développer le conseil aux entrepreneurs, le droit de l'entreprise, de l'immobilier, des nouvelles technologies, etc. Il faut que nous devenions incontournables. Si ce n'est pas nous, d'autres professions prendront le créneau. Il faut que les avocats soient outillés numériquement, avec des logiciels qui comptabilisent la jurisprudence actuelle et à venir. Enfin, je souhaite proposer des bilans de compétences à ceux qui n'ont plus la force de poursuivre et désirent quitter la profession. Le métier a changé en trente ans, mais l'avocat demeure et demeurera toujours le meilleur recours juridique et judiciaire.

Lire notre interview complète de Philippe Bruzzo dans le n°10120 des Nouvelles Publications, à paraître le 4 septembre. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement, à partir de 55€/an.




Martine Debette
Journaliste

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