AccueilEconomiePascal Carrano, de Vacances Léo Lagrange : « Nous avons un modèle vertueux et pérenne »

Pascal Carrano, de Vacances Léo Lagrange : « Nous avons un modèle vertueux et pérenne »

La saison estivale de Vacances Léo Lagrange s’est bien déroulée. Mais cela ne vient pas effacer les conséquences de la crise sanitaire et de l’augmentation des prix. Les explications de son directeur général, Pascal Carrano.
Pascal Carrano, directeur général de Vacances Léo Lagrange.
D. R. - Pascal Carrano, directeur général de Vacances Léo Lagrange.

Economie Publié le , Propos recueillis par Caroline Dupuy

LNP : Vos nouveaux locaux avec du bois, du sable et des bouées sont assez étonnants, pourquoi un tel choix ?

Pascal Carrano : Nous étions depuis 40 ans installés sur la Canebière, dans des locaux qui n’étaient plus adaptés à notre configuration. La direction générale, qui est composée de 15 à 20 personnes, est constituée de deux directions distinctes : Développement et Finances-Ressources humaines. Pour ces nouveaux locaux, non loin du rond-point du Prado et face au stade Vélodrome, nous sommes donc partis d’un plateau nu et nous avons réfléchi ensemble à comment l’agencer au mieux pour le travail, mais aussi pour plus de convivialité entre nous.

Nous avons fait appel à Laurent Boaretto, un designer d’espace qui travaille déjà sur l’amélioration de nos autres établissements. Notre objectif était clair : nous voulions un lieu où il fait bon travailler et qui nous ressemble. Un endroit où le vivre-ensemble a également toute sa place. Nous sommes fiers de ce cadre de travail bien agencé et très agréable avec une atmosphère de vacances. L’esprit Vacances Léo Lagrange est palpable dans nos bureaux.

Justement, comment définiriez-vous Vacances Léo Lagrange ?

Nous sommes un groupe associatif de tourisme durable. Nous exploitons et commercialisons 11 établissements, à savoir sept villages vacances-hôtel club 3 étoiles, un domaine hôtelier et trois établissements groupes enfance jeunesse. Nous accueillons plus de 80 000 personnes et employons 200 personnes chaque année. Nos publics sont larges et variés puisque nous proposons des séjours familiaux, des colonies de vacances, des séjours scolaires, des séminaires professionnels, des événements privés (mariage, anniversaire), des vacances thématiques (vélo, culture, patrimoine et gastronomie)…


Adhérent de la Fédération Léo Lagrange, nous siégeons à l’Organisation internationale du tourisme social et nous sommes membres de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Provence-Alpes-Côte d’Azur (Cress Paca). Nous défendons notamment les valeurs de l’ESS par la non-répartition des dividendes à des actionnaires privés. Nous avons également un conseil d’administration de bénévoles et un rapport de salaire de un à quatre maximum au sein de l’organisation.

Qu’est-ce que le tourisme durable exactement ?

Vacances Léo Lagrange est un acteur économique, culturel et social des territoires. Nous recrutons le plus possible nos équipes au niveau local. Et nous sécurisons leurs parcours via des formations et des embauches pérennes. Pour les fournisseurs et nos partenaires, nous menons une politique de fidélisation et de circuits courts. Nos lieux sont isolés et recherchés. 90 % d’entre eux sont basés dans des parcs naturels, nous participons ainsi à la politique d’aménagement des territoires.

Pour la partie culturelle, nous proposons des lieux de vacances avec une politique d’animation et de découverte. Par exemple, notre village vacances de Vaison-la-Romaine, dans le Vaucluse, a organisé un festival du rire durant l’été dans notre théâtre de 170 places. Un événement également accessible aux habitants des environs.

Autre exemple, nous tentons de faire moins de mal à l’écologie chaque jour. Cela passe par du tri sélectif, du zéro plastique à usage unique et une meilleure maîtrise des énergies etc. Nous travaillons en étroit partenariat avec d’importantes ONG, comme Surfrider Foundation Europe, et sommes labellisés « Clé verte ».

Pour aménager ses nouveaux locaux, l’entreprise a fait appel au designer d’espacesLaurent Boaretto. (Crédit : D. R.)

Comment réussir à trouver un équilibre économique dans un domaine aussi concurrentiel ?

Notre gestion est désintéressée, avec un modèle entrepreneurial vertueux et pérenne. Nous passons des partenariats nationaux avec des grands comités d’entreprise et collectivités, sur le plan commercial nous visons les groupes (fédérations sportives, associations de seniors, etc.) et nous développons une stratégie digitale forte de référencement de nos sites web, ainsi que notre activité sur les réseaux sociaux. Nous avons, du reste, fait un grand bond sur ces canaux.

Notre signature est : créateur de souvenirs. Le temps des vacances est un temps de disponibilité intellectuelle. A nous de venir proposer quelque chose de différent du quotidien. Cela peut passer par une reconnexion avec la nature, l’artisanat local, le spectacle vivant, le rapport à l’autre, le bien-être, le sport…

Comment se sont déroulées les années covid ?

Nos établissements ont été fermés et nous avons dû évacuer les lieux. Nous avons, grâce aux efforts de l’Unat [Union nationale des associations de tourisme, NDLR] et à notre cellule de crise, bénéficié des aides de l’Etat telles que le Fonds de solidarité, le Prêt garanti par l’Etat (PGE) et le chômage partiel.


Enfin, une caisse solidaire a été créée dans laquelle les responsables ont apporté leur treizième mois. Cette somme, qui a été doublée par notre Comité social et économique (CSE), a été offerte aux salariés impactés par la covid. Au final, nous avons comblé 100 % des salaires de l’ensemble des employés pendant toute la durée du confinement. C’est au pied du mur qu’on voit le maçon.

Comment se comporte l’entreprise aujourd’hui ?

L’activité reprend, mais depuis peu. Le premier quadrimestre 2022 était encore très compliqué. Certaines populations ont du mal à revenir en groupe. Les séjours scolaires n’ont pas vraiment repris. Il y a eu beaucoup d’annulations et des baisses d’effectifs, notamment sur le public des seniors.

La saison estivale 2022 a bien marché et nous avons décidé de ne pas augmenter les tarifs cette année, malgré la très forte inflation à laquelle nous sommes tous confrontés. 2022 est encore une année compliquée avec certainement un résultat négatif, mais nous sommes prêts à repartir pour redresser la barre et préparer au mieux 2023, même si nous sommes conscients qu’il faudra redoubler d'efforts pour faire face au contexte économique et géopolitique général.

Groupe associatif de tourisme durable, Vacances Léo Lagrange exploite 11 établissements. (Crédit : D. R.)

Quels sont vos axes de développement pour vous redresser ?

Nous sommes déterminés et motivés. Nous allons nous adapter, être agiles comme nous le faisons depuis cinq ans. Nous ambitionnons de développer les cibles autocaristes et les séjours de randonnées. Et nous allons optimiser et mutualiser nos coûts, nos dépenses. L’objectif est également de remplir nos lieux sur des périodes plus longues, et notamment en automne et au printemps.


A titre d’exemple, en 2020, nous avons créé la marque CISC : Centre international de séjours cyclistes. Concrètement, nous avons aménagé, grâce à l’aide de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, notre village de Vaison-la-Romaine, près du mont Ventoux, pour attirer les cyclistes. Pour cela, nous avons créé un local sécurisé pour 70 vélos, une station de lavage et gonflage, un espace de réparation, mais aussi une restauration adaptée ainsi qu’une prestation d’accompagnement par un coach sportif diplômé. Résultat : nous sommes passés de 800 cyclistes accueillis en 2019 à un peu plus de 1 300 cette année.

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