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foire de marseille Olivier Dudieuzère : « Nous devons imaginer des événements dans des conditions nouvelles »

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Olivier Dudieuzère : « Nous devons imaginer des événements dans des conditions nouvelles »
A. Carayol - Olivier Dudieuzère, directeur d'exploitation de la Foire de Marseille, travaille avec ses équipes à mettre au point le protocole de sortie des exposants, afin de limiter les pertes de part et d'autre.

Les indicateurs étaient au vert, les mesures sanitaires drastiques et pourtant, hier à 17 h le couperet est tombé : la Foire de Marseille est bel et bien annulée. De la CCIAMP à la Région, l'ensemble des institutions et des acteurs économiques du territoire qualifie cette annulation comme « un coup dur pour l'économie ». Olivier Dudieuzère, directeur d'exploitation de la Safim depuis près de 15 ans, commente pour nous cette décision « que personne n'avait vue venir ».

Les Nouvelles Publications : Concrètement, que va-t-il se passer financièrement pour les exposants ?
Olivier Dudieuzère : Comme vous le savez, plus aucune assurance ne couvre les risques liés à une pandémie, donc nous sommes en train de préparer les conditions de sortie des exposants. Nous communiquerons à ce sujet dans les prochains jours. Si notre métier est de donner vie à des événements, ça l'est beaucoup moins de détricoter ce que nous avons mis des mois à organiser. Mais c'est l'ADN de notre métier que de s'adapter.

Vous rejoignez donc la demande d'aides gouvernementales à la filière événementielle, formulées par de nombreux syndicats et institutions, tels que la CPME Sud ou le jeune syndicat des activités événementielles, créé à Marseille durant le confinement ?
Le soutien de l'Etat à la filière événementielle reste plus que jamais nécessaire. Elle génère des emplois non délocalisables. La Foire, à elle seule, pèse entre 80 et 100 M€ et constitue pour une grande partie de nos exposants entre 30 et 50 % de leur chiffre d'affaires. Et je vous parle d'exposants TPE, pas de multinationales. Nous sommes la foire des petites entreprises.

Comment expliquez-vous le volte-face de la Préfecture, alors qu'elle avait validé avec l'Agence régionale de santé et l'AP-HM votre protocole sanitaire inédit ? Qu'est-ce qui lui a fait peur ?
La crise sanitaire que nous vivons tout simplement ! Je n'ai pas de certitudes à ce sujet, mais sans doute aussi que l'annonce de notre Premier ministre vendredi dernier, stipulant que les métropoles de Bordeaux et Marseille feraient l'objet de mesures plus contraignantes, a pesé dans la balance. Mais personne n'aurait pu imaginer une évolution si rapide de l'épidémie, alors qu'elle était contenue depuis plusieurs semaines.

En quoi consistait votre plan sanitaire ?
Nous avions choisi cette année une thématique rock, il devait donc y avoir des concerts, mais ils ont été annulés. Tout comme notre feu d'artifice de la nocturne. Impossible pour nous de mettre en œuvre des animations qui auraient amené le public à se rassembler. Notre tremplin musical d'amateurs devait se tenir devant un public assis dans un transat. De la même façon, pour le snacking, nous avions prévu des zones où le public pouvait s'asseoir et manger, sans contrepartie commerciale. Je pourrais aussi vous parler de l'augmentation de surface des stands, du comptage en temps réel... Bref, tout avait été repensé pour que le public et les professionnels qui devaient y travailler ne risquent rien.

Mais le public était-il prêt à ce qu'un tel événement se tienne, alors que Acontraluz, l'Alpha festival ou La Fiesta des Suds ont été annulés ?
Je n'ai pas à me prononcer sur la question. Ce qui est certain, c'est que nous devons (ré)apprendre à vivre tout simplement, en tenant compte de ce virus et proposer des formats qui tiennent compte des mesures sanitaires à un instant T. Nous devons imaginer des événements dans des conditions nouvelles. Il y a quelques années, nous prenions en compte la question de la sécurité attentat et nous avions prouvé qu'il était possible de faire différemment.

Dans ce contexte compliqué, quel est le prochain rendez-vous de la Safim ?
Nous allons accueillir mi-octobre, sous réserve d'annulation bien sûr, le Congrès national des sapeurs-pompiers de France. Parce que la Safim c'est aussi un centre de congrès et donc un centre de formation. Il va donc bien falloir s'adapter au contexte actuel, pour que de tels événements puissent se tenir. Il ne faut pas baisser les bras et nous devons plus que jamais nous montrer adaptables !




Alexandra Zilbermann
Journaliste

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