AccueilFinanceNicolas Magenties, directeur régional Bpifrance Paca : « L’idée est de faire passer un cap à l’entreprise »

Nicolas Magenties, directeur régional Bpifrance Paca : « L’idée est de faire passer un cap à l’entreprise »

Nicolas Magenties, directeur régional Bpifrance Paca, revient sur les principaux dispositifs de sa structure pour aider financièrement les entreprises et les conseiller sur leur croissance.
Nicolas Magenties, directeur régional Bpifrance Paca.
Robert Poulain - Nicolas Magenties, directeur régional Bpifrance Paca.

Finance Publié le , Propos recueillis par Caroline Dupuy

Les Nouvelles Publications : Parlez-nous de l’activité haut de bilan de Bpifrance ?

Nicolas Magenties :Bpifrance intervient avec tous les outils du haut de bilan classiques (capital, obligations…), à l’instar de nos confrères de la place. Nous gérons des fonds « institutionnels » avec une durée de vie plus longue. Si le projet d’entreprise nous intéresse, si le développement envisagé est cohérent, alors nous pouvons tout à fait rester au capital de la société plus longtemps qu’initialement prévu. L’idée est de faire passer un cap à l’entreprise, de la mettre sur les rails de la croissance.

Nous avons différents fonds, de différentes tailles, ce qui nous permet d’accompagner tous les types d’entreprise. Le capital-risque est plutôt géré par les équipes spécialisées sur Paris, mais notre fonds FIR (France Investissement Régions), avec deux représentants dans la région, permet de réaliser ici des opérations de capital-développement et de capital-transmission. Avec des tickets entre 500 000 € et 7 M€ à destination des PME et petites ETI. Nous proposons également des fonds sectoriels (transition écologique, tourisme, industries du patrimoine vivant). Il s’agit majoritairement de co-investissement avec une position le plus souvent minoritaire. Bpifrance apporte, en plus du cash, du conseil. Nous accompagnons les participations. Et nous mettons toutes nos équipes, nos outils à leur disposition.


Enfin, il convient de parler, dans cette catégorie, des Obligations Relance (OR), des quasi-fonds propres dont l’objectif est de renforcer le bilan des entreprises françaises et la situation financière des PME et ETI. Les obligations permettent de diversifier les sources de financement pour une entreprise qui n’est pas forcément prête à ouvrir son capital. D’une durée de huit ans, les OR sont remboursables, en une fois, à l’échéance de l’obligation.

Pourquoi choisir l’activité haut de bilan plutôt que de se tourner vers la dette ?

Il ne faut pas opposer l’un à l’autre. Tout dépend du projet, des moyens nécessaires, de l’appétence du dirigeant. Avec le crédit, l’entreprise peut être freinée par une capacité d’endettement qui n’est pas extensible : elle doit pouvoir rembourser le crédit. Pour qu’un fonds souhaite entrer dans votre capital, le potentiel de développement va être scruté de très près. Il faut donc un projet d’envergure. C’est ainsi qu’il est tout à fait possible et envisageable de faire un mix des deux.

Notre rôle est d’analyser chaque projet et de proposer à l’entreprise le meilleur choix. Si l’entreprise peut s’endetter, il n’y a alors aucun intérêt à ouvrir son capital. Si l’entreprise se trouve face à un grand et beau projet de développement, alors elle doit se structurer. L’aide du fonds d’investissement apportera de la hauteur à l’entreprise.

Quels types de prêts proposez-vous aux entreprises ?

Nous avons notamment une dizaine de prêts sans garantie, de deux à dix ans, avec différé d’amortissement pour que les entreprises bénéficient de temps avant de devoir commencer à rembourser le crédit.


Nous pouvons financer beaucoup de choses, y compris ce que les banques ont plus de mal à financer : l’immatériel, la croissance externe, le besoin en fonds de roulement de croissance. Cela évite que les entreprises utilisent leur trésorerie. On a bien vu en période de crise sanitaire que la trésorerie est vitale.

Comment l’entreprise peut-elle avoir accès à vos différents outils ?

Les experts-comptables, les banques de l’entreprise sont là pour guider le chef d’entreprise. Chez Bpifrance, nous proposons une porte d’entrée unique. Charge à nous, en fonction du dossier, d’orienter les entrepreneurs. Il ne faut donc pas hésiter à nous solliciter.

Quels conseils souhaitez-vous donner aux entrepreneurs à la recherche de financement ?

Il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier. Il est judicieux de diversifier ses sources de financement. Il peut s’agir de plusieurs banques (dont Bpifrance), mais aussi de plusieurs fonds (co-investissement). N’hésitez pas également à regarder ce qui se fait actuellement dans le cadre du plan France Relance et des éventuelles subventions possibles

Des sociétés en croissance ne peuvent pas partir dans ce type d’aventure seules, elles ont besoin d’être accompagnées, conseillées. Beaucoup d’acteurs, dont Bpifrance, sont là pour les guider et les accompagner. Ce n’est pas cher et le retour sur investissement est réel.

Le conseil du financeur :« Il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier. Il est judicieux de diversifier ses sources de financement. »

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