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NeoWorker, l'agence qui place les freelances

Créée l'année dernière, la société NeoWorker se fait fort de dénicher le profil adéquat pour les entreprises en quête de cadres supérieurs performants afin d'externaliser des fonctions support. Le succès de la formule sans engagement, qui fait appel à des travailleurs indépendants, ne se dément pas.
NeoWorker, l'agence qui place les freelances
S. Payrau - Anaïs Haguel a élu son camp de base au sein de Smack Coworking, rue Lulli à Marseille (1er).

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D'un côté, une start-up ou une PME en quête d'un directeur administratif et financier (DAF) ou d'un directeur des ressources humaines (DRH) qui peine à dénicher le profil idoine, sans compter qu'elle n'a bien souvent pas les moyens financiers de l'embaucher à temps plein. De l'autre, des travailleurs indépendants en quête de missions récurrentes qui n'ont pas forcément beaucoup de temps à consacrer à la recherche de nouveaux clients et qui veulent s'assurer d'être payés dans un délai raisonnable, un souci fréquent. C'est pour ces deux types de publics que NeoWorker, l'agence de freelances créée l'année dernière par Anaïs Haguel, joue le rôle d'interface.

Le principe est semblable à celui d'une agence d'intérim, à deux différences majeures près. Tout d'abord, explique la jeune entrepreneuse, « je place des travailleurs indépendants (microentrepreneurs, SASU, EURL) qui travaillent à la facture, sans contrat de travail. Ils ne sont pas soumis à des horaires et ont une obligation de résultats, pas de moyens ». De plus, si les agences d'intérim pourvoient essentiellement des missions de production (secrétaire, assistante), NeoWorker s'attèle en revanche à des missions de cadres (DAF, DRH, chef de projet de système d'information, responsable manager ou responsable office manager). Pour les assumer, Anaïs Haguel ne sélectionne dans son vivier que des profils qui sont « indépendants par choix ». « Ce sont à 80 % des personnes de ma génération, de 35 à 45 ans, 70 % ont fait un passage par Paris. Fortes de 15 à 20 ans de vécu professionnel, elles sont rapidement opérationnelles et hyper investies dans leur mission. Ce sont de véritables "couteaux suisses" », résume-t-elle.

NeoWorker, seul référent commercial

Ces freelances, domiciliés dans les Bouches-du-Rhône, le Var ou le Vaucluse, Anaïs Haguel les a tous personnellement rencontrés. Une entrevue qui permet de définir précisément leur profil, leurs aptitudes, et de fixer leur tarif de travail à la journée ou la demi-journée. Ainsi, lorsque des entreprises sollicitent NeoWorker pour une mission, une fois cette dernière calibrée et le tarif défini, elle est en mesure de proposer le freelance qui correspond le mieux au profil recherché. « Je les choisis en fonction du contenu de la mission et de leurs compétences : c'est du sur-mesure », précise-t-elle.

NeoWorker reste ensuite le seul référent commercial de l'entreprise cliente.

« On établit un devis sur deux ou trois jours par semaine et chaque mission fait l'objet d'un bon de commande. L'entreprise sait exactement combien ça lui coûte et il n'y a pas d'engagement dans la durée », souligne-t-elle.

Ce volume de mission peut cependant librement évoluer en fonction des besoins de l'entreprise. Le dernier jour du mois, le freelance établit une facture à NeoWorker correspondant au volume de la mission réellement effectué. Le lendemain, Anaïs Haguer adresse à son tour une facture à l'entreprise cliente, qui sera prélevée directement le 20 du mois suivant. Le travailleur indépendant sera quant à lui payé le 28 par NeoWorker. « Une fois dans la boucle, tous les mois ils savent qu'ils seront payés, ça les rassure. » Quant à la rémunération de l'agence, elle est à la charge du freelance quand la mission est récurrente (80 % des cas), de l'entreprise cliente quand la mission est ponctuelle.

Déjà une centaine d'entreprises séduites

La formule a déjà séduit une centaine d'entreprises, des TPE/PME, start-up ou professions libérales (avocats, notaires ou huissiers) dont une quarantaine fait régulièrement appel aux services de la centaine de membres du réseau de l'agence. NeoWorker va ainsi atteindre les 300 000 € de chiffre d'affaires cette année. Un « plafond de verre » qui va pousser Anaïs Haguel à embaucher un salarié pour la seconder sur la facturation et les devis afin qu'elle puisse se concentrer sur le démarchage des entreprises.

D'autant qu'à ses yeux, la formule a de beaux jours devant elle. « Aux Etats-Unis, le self-employment représente 70 % des emplois », rappelle-t-elle. Et son vivier d'indépendants est appelé à grandir. « Depuis le confinement, je reçois de plus en plus d'appels de cadres parisiens, au chômage partiel, qui me sollicitent pour que je leur trouve des missions en région. Tout le monde veut partir de Paris », observe-t-elle. Reste désormais à convaincre les dirigeants PME « de se décharger de la charge mentale des fonctions support pour se concentrer sur la valeur ajoutée ».

Notre article complet sur NeoWorker est à retrouver dans le n° 10134 des Nouvelles Publications, à paraître le 11 décembre. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement, à partir de 55 €/an.

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