AccueilEconomieMonique Cassar : « Je veux aider les artisans à être plus visibles »

Monique Cassar : « Je veux aider les artisans à être plus visibles »

Monique Cassar, la nouvelle présidente de la Délégation territoriale des Bouches-du-Rhône de la Chambre de métiers et de l'artisanat de région (CMAR), est une femme engagée. Membre de l'Union professionnelle artisanale (UPA) Paca, elle est élue de la chambre depuis deux mandats. Elle a aussi présidé l'organisation professionnelle des fleuristes des Bouches-du-Rhône.
Monique Cassar : « Je veux aider les artisans à être plus visibles »

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Les Nouvelles Publications : Quelles ont été vos premières décisions en tant que présidente de la Délégation territoriale des Bouches-du-Rhône de la CMAR ?
Monique Cassar : Mon élection n’est pas si ancienne que cela. Ma prise de fonction a réellement été effective après l’investiture des élus à la chambre de région. Auparavant, j’ai beaucoup travaillé à la transition avec André Bendano, le président sortant. Les choses sont allées vite parce que je connaissais déjà la maison et ses salariés, ayant fait deux mandats. Avec les équipes de la chambre, 80 salariés, je veux être dans la proximité. C’est ma façon de travailler.

Quels vont être vos premiers chantiers ?
Nous contactons les communes et collectivités du département pour leur proposer de travailler ensemble, à travers une charte qui est développée régionalement. L’idée est de collaborer avec les collectivités, mairies ou communautés d’agglomération, afin de mieux répondre à leurs attentes en matière économique et de proposer nos services aux artisans de leur territoire. Nous avons des outils qui peuvent aider les artisans à se développer. Nos artisans jouent un rôle important dans l’économie locale. Malheureusement, nous nous sommes aperçus que les élus, les maires ne connaissent pas forcément bien les spécificités de l’artisanat et les problématiques rencontrées par les artisans.

C’est une façon d’appliquer votre programme de campagne, basé sur la proximité ?
Oui, les élus des délégations territoriales, comme la nôtre, vont aller sur le terrain à la rencontre des artisans, mais aussi des élus locaux et acteurs économiques. Ils seront les ambassadeurs de nos professions et, en même temps, des sentinelles qui feront remonter les informations du terrain. C’est le nouveau maillage territorial que nous appelons de nos vœux. Ces artisans référents se réuniront, une fois par trimestre, pour faire un retour d’expérience. Ce sont 36 élus de toute la région qui se retrouveront.

Comment cela va se traduire dans les Bouches-du-Rhône ?
Nous sommes entrés en contact avec les élus pour les territoires d’Aix, Aubagne et Arles. J’ai moi-même rencontré Gérard Gazay, le maire d’Aubagne, très investi dans l’économie du département, pour voir comment travailler avec lui. A Aix, on mène une réflexion avec les élus artisans autour de la thématique de la Route des métiers d’arts et de la Route gourmande. Aix est une ville de tourisme et d’art. Il y a des choses à faire autour pour mettre en avant nos artisans et leur savoir-faire. A Marseille, nous avons une volonté de réinvestir le centre-ville. Une délégation de cinq élus va aller à la rencontre des artisans et réfléchir sur des actions à monter.

Vous voulez développer les services aux artisans. Comment la délégation territoriale va le faire ?
On va développer le « Dear ». Ce Diagnostic des entreprises artisanales régionales existe depuis un peu plus de sept ans. Nous voulons en faire une priorité au niveau de la région et de notre département. Concrètement, un conseiller de la chambre va à la rencontre d’un artisan pour discuter des ses problèmes et projets. Il s’agit d’un rendez-vous de 2h30, au moins, qui est gratuit pour les artisans inscrits à la chambre. Entre 2015 et 2010, plus de 7 700 entreprises en ont bénéficié. Il faut continuer et amplifier le mouvement. Je pense notamment aux entreprises qui se sont créées ou à celles qui ne font pas appel à nos services. On va les contacter. C’est entre leur création et trois ans que les entreprises sont les plus fragiles. Certaines ne passent pas le cap des trois ans.

Quelle est la place d’Internet dans le développement des entreprises artisanales ?
Elles ne doivent pas passer à côté. C’est pour cette raison que la chambre entend les accompagner en mettant en place une sorte de référent et en sélectionnant des prestataires de services qui peuvent accompagner les artisans dans leurs démarches. Nous proposons également des formations.

La chambre a un rôle important en matière de formation des artisans ?
Oui, primordial. Les artisans ne peuvent pas évoluer sans se former, surtout à l’heure d’Internet et des nouvelles technologies qui bougent très vite. Nous proposons un certain nombre de formations à la chambre et dans ses annexes afin de jouer la carte de la proximité. Ces formations s’adaptent aux contraintes de temps et de disponibilité des artisans. Elles sont modulables.

Que vont devenir la Route gourmande et celle des métiers d’arts avec la régionalisation ?
A la base, l’idée est venue des chocolatiers et nous l’avons développée au niveau des Bouches-du-Rhône. Le Vaucluse a suivi. Aujourd’hui, la Route gourmande et celle des métiers d’art fonctionnent bien et portent l’image d’excellence de nos artisans. Ce sont de belles vitrines pour nos métiers. L’objectif est de les régionaliser d’ici ces cinq prochaines années et de les faire vivre.

Quelles sont vos prochaines échéances ?
Notre assemblée générale d’installation, dans les Bouches-du-Rhône, va se dérouler en février. On va poser les bases de travail pour les prochains mois. Il y aura aussi une assemblée en juin pour dresser un premier bilan.

Et votre fil rouge, celui qui va guider votre action, pendant votre mandat ?
Je veux aider les artisans à être plus visibles. On dit, à juste titre, que l’artisanat est la première entreprise de France. Seulement, les artisans, dans leur entreprise, sont isolés. Il faut porter leur voix et leur savoir-faire, les aider. C’est le rôle de la Chambre.

Les élus des Bouches-du-Rhône :

Les élus du Conseil de délégation des Bouches-du-Rhône. De gauche à droite : Claude Palazzolo (coiffure - Artisans de notre avenir/ADNA), Nathalie Pistolesi (esthétique - Union professionnelle artisanale/UPA), Monique Cassar, présidente (fleuriste - UPA), Monique Imbert (boulangerie, pâtisserie - UPA), Audrey Diadème (traiteur, glaces - UPA), Philippe Nembi (menuiserie aluminium - UPA).

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