AccueilEconomieMedef Sud : pour Yvon Grosso, relance doit rimer avec compétitivité

Medef Sud : pour Yvon Grosso, relance doit rimer avec compétitivité

Si Yvon Grosso se félicite de la reprise de l’activité économique, le président du Medef Sud estime qu’il faut l’aider à perdurer. Il plaide ainsi pour nombre de mesures qui doperaient la compétitivité des entreprises hexagonales.
Medef Sud : pour Yvon Grosso, relance doit rimer avec compétitivité
D.R. - En France, « plus vous embauchez, plus vous payez », déplore Yvon Grosso, président du Medef Sud.

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Au crépuscule d’une année 2021 qu’il qualifie d’« appréciable », car l’activité économique repart, et de « marquante », puisque synonyme de « changement total », Yvon Grosso, le président du Medef Sud, s’est forgé une conviction : « On peut créer de nouveaux emplois. La région est en mesure d’accueillir de grandes industries. On est dans une dynamique qui peut nous permettre de nous rapprocher de l’économie d’avant-crise. » La preuve ? Quatre-vingt-trois projets d’entreprises régionales ont été subventionnés dans le cadre du plan France Relance, soit une manne totale de 35 M€ générant 1 200 emplois. Un tableau qui est encore venu s’embellir en novembre avec l’accompagnement de 22 nouveaux projets via une enveloppe de 7,5 M€ de subventions supplémentaires.

Mais si la reprise est là, « il faut l’aider », insiste le président du Medef Sud. Et pour ce faire, il compte notamment sur la présidence française de l’Union européenne qui va débuter, pour six mois, le 1er janvier 2022.

« Nous avons trois éléments à gérer : la crise sanitaire, la pénurie de matériaux, notamment de micro-processeurs électroniques, et la transition énergétique. Sur ce dernier plan, il faut absorber les surcoûts que vont avoir les entreprises. Elles peuvent apporter des solutions mais attention de ne pas faire peser sur elles trop de contraintes réglementaires qui les en empêcheraient », alerte-t-il. Et de plaider également pour « une souveraineté européenne » pour la production des semi-conducteurs « dont nous avons besoin pour nos industries ».

Baisser le coût du travail et doper le pourvoir d’achat

Pour transformer l’essai de la relance, il appelle également à booster la compétitivité au niveau hexagonal. Car il estime qu’aujourd’hui, le sac à dos qui pèse sur les épaules des entreprises est trop lourd à porter, notamment en matière de coût du travail. « L’Etat a baissé les impôts de production. C’est un premier pas », reconnaît-il, mais insuffisant car en matière de coûts de revient, l’écart avec l’Allemagne esttoujours« de 70 M ». La cause ?

« En France, on a construit un modèle économique où plus vous embauchez, plus vous payez. Aujourd’hui, on s’aperçoit que ça pénalise l’activité et le pouvoir d’achat. On a 24 % de prélèvement sur le salaire alors que la moyenne européenne est de 16 % », pointe-t-il.

Et de plaider pour le déplacement de ce différentiel de cotisations sur la TVA, une taxe carbone, la taxation des transactions financières et celle des produits étrangers. Sur ce dernier point, il soulève notamment le cas de ces pays hors Union européenne « qui nous imposent des taxes quand on exporte chez eux plus importantes que lorsqu’on importe leurs produits. On ne peut pas être aussi naïfs », tranche-t-il.

La compétitivité passe également par l’accompagnement de la sortie de crise. Alors que l’Allemagne autorise les entreprises d’outre-Rhin à étaler leurs dettes sur dix ans, la durée maximale pour rembourser les Prêts garantis par l’Etat (PGE) reste bloquée à quatre ans en France. « Il faut que l’on aille plus loin car sinon, on va être court. Il faudrait que la présidence française puisse agir sur une harmonisation de ces remboursements », avance-t-il. Enfin, si le président du Medef Sud estime qu’« on doit stopper l’explosion des contrats courts », il souhaite cependant que les entreprises puissent bénéficier d’un « maximum de flexibilité sans être taxées ». « Il faut qu’elles proposent de meilleurs contrats à leurs salariés. Mais cette flexibilité pourrait se faire par des contrats avec annualisation du temps de travail », propose Yvon Grosso.

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