AccueilDroit et ChiffreMe Gisèle Laveissière : « Le notaire peut être un relais de la société auprès des décideurs »

Me Gisèle Laveissière : « Le notaire peut être un relais de la société auprès des décideurs »

Me Gisèle Laveissière, notaire à Marseille, est la nouvelle présidente de la Chambre départementale des notaires des Bouches-du-Rhône. Formation, déontologie, communication… elle détaille ses ambitions pour la profession.
Me Gisèle Laveissière : « Le notaire peut être un relais de la société auprès des décideurs »
R. Poulain - La nouvelle présidente veut replacer la formation au centre des objectifs de la Chambre départementale des notaires.

Droit et Chiffre Publié le ,

Les Nouvelles Publications : En tant qu’officier public, le notaire reste un des piliers de la société française. Quelle est votre définition du notaire ?
Gisèle Laveissière : C’est un juge de paix. Il reste le gardien de la mémoire des écrits et un passeur de traditions. Le notaire est un acteur qui inspire la confiance de par ses fonctions et missions ; il entre dans l’intimité de ses clients, en est presque le confident à des moments clefs de la vie. Le notaire est également un professionnel qui a su évoluer, s’adapter au contexte social, économique et sanitaire, et se réinventer. On peut estimer que cette crise nous a fait gagner quatre à cinq ans dans le déploiement et l’utilisation des outils numériques.

C’est-à-dire ?
Prenons l’exemple de la signature des actes à distance. Avec le confinement et la fermeture des études, les notaires ont massivement déployé cette solution, dans le respect des obligations de confidentialité et de sécurité des données. Nous allons aussi développer des formations sur la blockchain et la data. Avec la place accrue du numérique dans nos modes de vie, le patrimoine évolue et devient virtuel. Nous devons nous adapter à cette réalité afin d’apporter les conseils les plus pertinents et les mieux adaptés. Il y a aujourd’hui une nécessité pour la profession de rester en veille, bien plus qu’auparavant, avec l’accélération des transformations de la société et de nos outils.

Quelles évolutions avez-vous constatées ces derniers mois dans les demandes de vos clients ?
J’ai vu un changement de mentalité au fur et à mesure que cette crise s’installait et bouleversait notre et notre rapport avec la famille, à la maladie ou la mort… Tout le monde s’est recentré sur son cercle familial. Il y a clairement eu une peur du lendemain. Dans les faits, cela s’est traduit par une hausse des transmissions de patrimoine. Beaucoup de celles qui étaient prévues se sont faites de manière anticipée. On m’a aussi posé des questions que je n’avais pas forcément de la part de clients plus jeunes, notamment sur les conséquences pour la famille et le patrimoine en cas de décès. Dans l’ensemble, il s’agissait de démarches afin de se rassurer… Ce qui était tout à fait compréhensible, étant donné la situation. 

Quelles sont vos priorités en tant que nouvelle présidente de la Chambre départementale des notaires ?
Je place ma présidence dans la continuité de celle de Me Pinatel. Et puis il y a l’actualité, notamment au niveau de diverses réformes et particulièrement la discipline. Les présidents de chambre vont jouer un rôle accru en matière disciplinaire. Nous devons nous y préparer. La nécessité de garder de la cohésion et de rappeler nos valeurs reste toujours au cœur du rôle du président.

Justement, comment évolue la profession ?
Nous sommes 540 notaires dans les Bouches-du-Rhône. La profession se féminise et se rajeunit. Nous constatons que plus de la moitié des notaires n’étaient pas inscrits au tableau il y a cinq ans. Ces arrivées, l’évolution de la profession et son adaptation aux obligations de notre époque obligent à un engagement plus fort des instances représentatives. Cet engagement passe par un rappel des règles et de la déontologie, mais aussi par une réflexion sur ce qui nous permet de garder de la confraternité, de la proximité, deux aspects essentiels de notre profession. C’est à la chambre départementale de faire vivre ces deux valeurs. Cette confraternité et notre volonté d’accompagner les évolutions de la profession passent par la formation. Nous allons la replacer au centre de nos objectifs. Une formation des notaires, mais aussi de leurs collaborateurs par la voie de l’alternance.

Est-ce qu’il y a besoin également de développer une communication sur le rôle et la place des notaires ?
Je vais inscrire mon mandat dans le développement des relations avec le monde politique et économique. Nous pouvons être complémentaires et créer des passerelles entre les décideurs publics et la réalité de la société telle que nous la voyons, à travers les actes que nous demandent nos clients. Cela se traduira par des rencontres, des réunions et échanges avec les élus des collectivités, les députés et les représentants du monde économique.

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