AccueilDroit et ChiffreMe Benoît Porteu de la Morandière : « J’ai la ferme intention de recréer du liant avec les juridictions »

INTERVIEW Me Benoît Porteu de la Morandière : « J’ai la ferme intention de recréer du liant avec les juridictions »

Depuis le 8 juin, Me Benoît Porteu de la Morandière a été élu futur bâtonnier d’Aix-en-Provence avec 54,76% des suffrages exprimés. Il succèdera à Me Philippe Bruzzo dès le 1er janvier 2022.
Me Benoît Porteu de la Morandière : « J’ai la ferme intention de recréer du liant avec les juridictions »
M. Debette - Me Benoît Porteu de la Morandière prendra ses fonctions de bâtonnier en exercice dès le 1e janvier 2022.

Droit et Chiffre Publié le ,

Les Nouvelles Publications : Qu’est-ce qui vous a motivé à vous présenter au bâtonnat ?
Me Benoît Porteu de la Morandière : Je sors d’un investissement ordinal de six années, à l’Ordre des avocats du barreau d’Aix-en-Provence. Je me suis beaucoup investi, j’ai beaucoup appris et en voyant les choses de l’intérieur, j’ai eu envie de poursuivre cet investissement collectif et de le faire en y apportant ma touche personnelle. A Aix-en-Provence, nous avons un beau et grand barreau, un barreau courageux. Ça donne envie d’apporter sa force de travail pour continuer à le faire évoluer.

Comment allez-vous aborder votre rôle de bâtonnier ?
Je vais d’abord profiter de cette période pour accompagner Philippe Bruzzo afin d’assurer la transition auprès de l’Ordre dès le début de mon mandat. Il est indispensable de profiter de cette période pour participer discrètement, en restant à sa place, aux différents événements et autres rencontres qui sont organisés d'ici au mois de janvier. Commencer à échanger et poser les bases saines de mes futures relations avec les différentes autorités. Et je vais également mettre à profit les mois qui viennent pour peaufiner et préparer la mise en place de tout ce que j’ai proposé durant la campagne. L’objectif étant d’être en ordre de marche dès le premier trimestre 2022. Je préfère en effet m'en soucier avant, car je ne doute pas que le quotidien de l'Ordre me rattrape rapidement à compter du mois de janvier. Notre actuel bâtonnier est bien placé pour le savoir... Même s'il faut nous souhaiter à tous que je ne subisse pas les mêmes événements que lors de l'année et demie qui vient de s'écouler. Ensuite, à compter du 1er janvier, il faudra d'abord être présent et consacrer l'essentiel de son temps à cette mission. L'Ordre est au service des avocats. Le bâtonnier doit l'être aussi, à sa manière et avec ses spécificités.

Quelles sont les priorités du futur bâtonnier ?
Nous sortons d’une année et demie terrible que Philippe Bruzzo a subi de plein fouet et géré de manière exemplaire. Une période de grande difficulté, avec des tensions diverses, les effets économiques post-covid qu’on ne mesure pas encore et pour lesquels il faudra que le barreau soit présent. Je vais donc tout faire pour ramener de l’apaisement au sein du barreau et également autour de nous. Cette période, plus tendue que d’habitude, pèse profondément sur le quotidien des avocats. Il s’agit d’un climat de tension générale autour du monde de la justice, du manque d’effectifs dans les tribunaux, parfois des relations entre les avocats ou des relations avec les clients. La crise sanitaire n'y est sans doute pas pour rien. Mais certaines causes sont probablement plus profondes. Il faut écouter pour ensuite rechercher, de manière pragmatique, les solutions concrètes aux difficultés rencontrées. Peut-être ne pourrons-nous pas retrouver une sérénité absolue. Cependant, je pense qu’il est important d’échanger avec les juridictions et les autorités locales, ainsi qu’entre nous. Se voir régulièrement, et peut-être parfois aussi dans un cadre différent.

Que comptez-vous faire ?
J’ai la ferme intention de recréer du liant, du lien, notamment avec les juridictions, pour qu’on puisse travailler dans un climat un peu plus apaisé que ces derniers temps. Durant la campagne, j’ai proposé de créer ce que j’ai appelé les commissions « matières » avec un certain nombre de référents qui seront les interlocuteurs privilégiés en fonction des matières de chaque juridiction. Il faut que nous puissions nous rencontrer de manière très régulière, essayer d’entendre leurs contraintes et qu’ils comprennent les nôtres et, surtout, qu’on ne se contente pas de se voir lorsqu’il y a des incidents. J’ai l’intime conviction que, si on se voit en amont, le jour où il y aura un incident, on sera capable de le gérer de manière plus fluide. C’est peut-être un vœu pieu, mais si personne ne le fait, il n’a aucune chance de s’exaucer…

L'intégralité de cette interview est à lire dans le numéro 10 171 des Nouvelles Publications (parution le 27/08/221). Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement (à partir de 55€/an).
Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?