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Martine Blaize-de Peretti, « la dernière des Blaize »

le - - Oxygène

Martine Blaize-de Peretti, « la dernière des Blaize »
DR - Un livre qui se lit avec plaisir et nous parle (aussi) d'un Marseille historique

Ici, à Marseille, l'herboristerie du Père Blaize est bien plus qu'une légende vivante… c'est un trésor national ! Six générations d'herboristes ont bâti la réputation de cette adresse, où (presque) chacun de nos petits bobos trouve sa réponse naturelle.

Depuis la vente de l'herboristerie en 2015, Martine Blaize-de Peretti partage sa vie entre le continent et la Corse, mais garde toujours un œil bienveillant sur cette institution qui ne lui appartient plus. Aussi, son dernier livre sonne un peu comme une belle déclaration d'amour à ses aïeux, sans qui rien n'aurait été possible. Avec bien sûr, une large partie dédiée à ses recettes bien-être, de quoi adopter les bons réflexes santé et se concocter une pharmacie naturelle. Nous rencontrons celle qui se dit « la dernière des Blaize » pour un déjeuner healty, chez Julia Sammut, dans son épicerie de Noailles, à deux pas de l'herboristerie.

Un témoignage sur son époque

Volubile, gaie, heureuse d'être à Marseille, Martine Blaize-de Peretti parle beaucoup, de tout, donne son avis sur la question de la vaccination (partisane du « oui mais »), nous dit qu'elle est en train de lire le dernier livre de Beigbeder, parle des réseaux sociaux (qu'elle utilise beaucoup), se demande encore à quoi sert youtubej'y comprends rien mais j'me soigne »), donne des recettes de cuisine, s'attriste de voir disparaître les cueilleurs professionnels, préfère le jeûne médicamenteux au « jeûne d'une semaine à marcher dans la forêt »… Bref, voilà une conversation à bâtons rompus bien agréable.

Mais, nous sommes quand même bien obligées à un moment de nous recentrer sur le livre. Car « sa promo » semble pour Martine presque accessoire, ravie de partager avec nous ses impressions sur le monde, la malbouffe, la nature… Ce troisième livre scelle un peu la fin d'une dynastie. Elle nous apprend qu'en vendant l'herboristerie, « j'ai aussi abandonné mon nom ». Depuis, elle a fait le deuil du refus de son fils de prendre sa suite. « L'important est qu'il soit heureux ». Martine a donc vendu le trésor familial il y a trois ans et s'est replongée dans les archives familiales. D'ailleurs, quand elle évoque le Père Blaize aujourd'hui, elle utilise toujours le « nous ». Impossible pour elle de parler au passé.

Puis elle raconte Paul, l'arrière grand-père chimiste, Joseph son grand-père publicitaire, « le roi de la réclame » devenu roi de Marseille grâce à un mélange à fumer, imaginé pour pallier à la pénurie de tabac dans les années 1940. Elle nous raconte aussi Maxence son père, « l'artiste de la famille », un vrai passionné qui quitte rarement son comptoir, auprès de qui Martine apprendra à décoder les plantes, au cours de longues promenades dans les Alpes du sud.

« Mon herbier était bien plus qu'un cahier de plantes séchées. C'était notre pharmacie familiale si précieuse à mes yeux, car ramassée avec amour, expliquée avec passion et utilisée en toute connaissance de cause ».

Le « Tout Marseille » la connaît

Il se lit beaucoup de tendresse dans ses mots. Il faut dire que sa profession, pharmacienne-herboriste, est en voie de disparition. Un peu comme certaines plantes. « C'est d'ailleurs un problème aujourd'hui, car aucune pharmacie par exemple ne sait valider votre cueillette de champignons ! ». Toujours pragmatique, Martine Blaize-de Peretti revient sur de nombreuses anecdotes, sur ces clients un peu célèbres, à l'image de Zizi Jeanmaire, Jacques Mayol, Pagnol, « la Pietra », Florence Arthaud, ou encore Bernard Tapie.

Elle évoque aussi ces centaines d'inconnus devenus familiers de sa boutique, comme ce monsieur d'un certain âge qui achetait des graines de lin par sac entier, « pour les jeter sur le sol du dancing et mieux glisser ses pas de tango ». Avec ce livre, Martine Blaize-de Peretti évoque aussi une époque, une ville, une région. Il se lit d'une traite côté saga familiale, mais se picore côté recettes et remèdes. Un passage obligé pour la pharmacienne-herboriste, qui ne pouvait faire l'impasse sur ses meilleures recettes, encore plébiscitées par les habitués de la boutique.

Les Blaize : une dynastie, Martine Blaize-de Peretti, Edisud, 213 p., 20 €.




Alexandra Zilbermann
Journaliste

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