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Marseille : Maison Juste, pas juste un hôtel

Maison Juste souhaite casser les codes de l’hôtellerie traditionnelle. La jeune marque marseillaise a ouvert ce 11 mars son premier établissement dans l’hypercentre et vise déjà les 250 chambres d’ici cinq ans.
Marseille : Maison Juste, pas juste un hôtel
Marie Tournieux - Maintenant que l'établissement est ouvert, « nous avons hâte de voir si nos convictions seront partagées » s'enthousiasme Mateo Ferrand.

Economie Publié le ,

Le centre-ville de Marseille compte un nouvel hôtel. Depuis ce vendredi 11 mars, le 28 de la rue Dieudé accueille Maison Juste, une résidence née de la rencontre entre deux entreprises marseillaises, le contractant général Pivot Panda, et l’agence artistique Only Pro Group. Mais surtout, de celle entre leurs dirigeants respectifs, Emmanuel Duchange et Mathieu, dit Mateo, Ferrand. « Nous nous connaissons depuis huit, neuf ans. Un jour, nous avons échangé sur notre façon de voir l’hôtellerie... C’est là que nous avons commencé à imaginer ce concept hybride », rembobine Mateo Ferrand. C’était en 2019. Le Covid et le confinement leur laisse le temps de peaufiner leur vision. Le maître mot ? « Déstandardiser. »

« Hôtel, Airbnb, auberge de jeunesse, coliving... Pourquoi ne pas faire se rencontrer ces univers qui n’ont pas à être en silo ? », interroge Emmanuel Duchange. « Pourquoi pas » répondent les deux entrepreneurs avec Juste. De l’hôtel on retrouve la constance du service, de Airbnb la possibilité de ne croiser personne grâce notamment à un service dématérialisé, de l’auberge de jeunesse, des chambres à plusieurs et du coliving des espaces communs. « Nous voulions répondre à tout ce qui nous frustre et que nous aimerions trouver », expliquent-ils.

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Le numérique comme outil chez Maison Juste

Quinze mois de travaux et trois millions d’euros d’investissement (achat, rénovation et aménagement) ont été nécessaires pour transformer l’ancien consulat d’Algérie, qui a entre-temps appartenu à des particuliers, en cette résidence hotelière de 18 chambres, réparties sur quatre étages. A cela s’ajoute un salon, une cuisine et une salle de sport au sous-sol mais aussi un jardin – pour prendre le petit-déjeuner ou fumer le cigare – à l’arrière de cette bâtisse de 600 m2. Les architectes Marie Imbert et Marie Tournieux, de Pivot Panda, se sont chargées de cette rénovation. Si le lieu est résolument contemporain, quelques notes du passé restent, dont la mosaïque orientale qui court toujours le long de l’escalier (voir le diaporama). « Elle a été difficile à garder mais nous y tenions pour la mémoire du lieu », explique Emmanuel Duchange.

Pour l’instant, « nous sommes en période de soft opening afin de laisser le temps aux équipes de voir comment elles fonctionnent, de vérifier si les process que nous avons imaginés sont les bons. » Le temps également de récolter l’avis des premiers clients : « On nous a par exemple demandé de mettre davantage d’indications », indique le co-fondateur de Pivot Panda. Car le service est entièrement dématérialisé : la réservation se fait en ligne, les clés de l’entrée et de la chambre sont ensuite disponibles sur mobile via l’application Aero Guest, ce qui permet d’entrer et sortir à sa guise, le petit-déjeuner est déposé devant la porte...

Un choix qui s’explique par une volonté de simplification. « Il y a moins de perte de temps pour le client : il a déjà rentré toutes ses données lors de la réservation et n’a pas besoin de recommencer à son arrivée. Par ailleurs, nous préférons dédier nos équipes à la valeur ajoutée », poursuit Emmanuel Duchange. En effet, qui dit numérique n’en dit pas moins humain. Olivier a été embauché comme maître de maison et s’occupera d’aider les clients, de leur conseiller telle ou telle adresse... L’équipe se compose également de Marie, responsable administratif, financier et commercial, et Samia, responsable de la propreté. Au moins deux autres personnes devraient les rejoindre. « Il n’y a pas de réception mais les gens peuvent se rencontrer », ajoute Mateo Ferrand, qui tient à ce qu’une véritable énergie se dégage du lieu.

La justesse comme philosophie

« Nous voulions trouver le bon ton pour participer à la rénovation de Marseille », indique depuis l’entrée de la maison Emmanuel Duchange. Au plafond, un luminaire créé spécialement pour le lieu par Ablette, au mur, un tableau du street artist marseillais Tabas – « il vient même du quartier ! ». Pour trouver le bon ton, les deux entrepreneurs ont cherché le bon mot, le « juste » mot. « "Juste" car nous souhaitons proposer le meilleur produit au meilleur prix, nous travaillons uniquement avec des entreprises locales – artisans, designers, start-up – qui respectent nos valeurs, nous accordons de l’importance à la réutilisation - le plan de travail de la salle de bain est en bouchons recyclés, souhaitons avoir une vraie politique de formation de nos employés », énumère-t-il.

Une charte reprenant ces codes et valeurs a même été créée. Faire rentrer cette exigence de proximité et de qualité avec le budget s'est parfois avéré être un sacré casse-tête comme l'illustre Mateo Ferrand : « Nous avons eu des cas où les prix étaient bons mais à l’inverse, les éléments n’entraient pas dans la charte Juste. »

Juste une fois ?

« Il y a une place à prendre car à Marseille, on manque d’hôtels et surtout, d’hôtels qui soient bien de notre époque, autrement dit qui s’adressent à des personnes qui vivent en 2022, qu’elles aient 20 ou 80 ans. » Ce premier établissement se veut le labo de la marque Juste, la « proof of concept » en langage start-up. L’idée est de tester des idées qui peuvent apporter une offre nouvelle et de voir les réactions. Par exemple, les « chambres à trois » qui se composent d’un lit double en hauteur et d'un simple juste en-dessous ; ou encore l’absence de télé. « Nous avons des convictions que nous proposons, assume Mateo Ferrand. Après, si bien sûr nous avons des retours qui ne vont pas dans ce sens, nous nous adapterons. »

« A l’échelle de 18 chambres, ce projet représente beaucoup d’énergie et d’ingénierie, c’est surtout l’élaboration du concept qui a pris du temps. Mais nous avons l’ambition de nous développer à grande échelle. » A commencer par Marseille où Juste souhaite ouvrir deux autres hôtels. Avec toujours cette idée d’aider à la fabrication de la ville. « Des investisseurs et propriétaires fonciers nous ont déjà contactés », se réjouit Emmanuel Duchange. Viendra ensuite le sud de la France, de Bordeaux à Nice en passant par Toulouse et Montpellier. L’objectif est, d’ici cinq ans, d’avoir 250 chambres ouvertes ou en développement. « Ce qui est important pour nous ce sont ces 250 chambres mais avant, il faut réussir les 18 premières. » Après avoir développé pendant deux ans leur projet dans l'ombre, le challenge est désormais lancé.

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