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Marseille : le J1 prépare sa mue

La société J1 La Passerelle vient de déposer les premières demandes d’autorisation administrative pour le projet qui vise à transformer cet ancien hangar portuaire en lieu de vie polyfonctionnel.
Marseille : le J1 prépare sa mue
Reichen et Robert & Associés - La vue du J1 vers la mer.

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Dix mois après la signature de la convention d’occupation temporaire (COT) pour la mise en disposition du J1 avec le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), la société J1 La Passerelle (Nanterre, Hauts-de-Seine), société ad hoc créée au début de l’année 2020 par Vinci Construction France et la Banque des territoires (BdT), vient de lever un coin du voile sur le projet de reconversion de cette ancienne halle portuaire (25 500 m2 d’emprise). 

Le groupement qui associe Adim Immobilier Provence (filiale promotion du groupe Vinci), Vinci Construction, la Banque des territoires et l’architecte-urbaniste Bernard Reichen a déposé les premières demandes d’autorisation administrative pour la revitalisation de cet écrin vestige de l’âge d’or du port de commerce. Leur programme lauréat de l’appel à projet lancé par le GPMM en juin 2017 a pour ambition d’ouvrir le J1 sur la ville en y intégrant des fonctions urbaines : sont annoncés un hôtel Marriott 5 étoiles de 130 chambres, des bureaux (6 933 m2 + un spa de 1 515 m2), un incubateur et un pôle de formation aux métiers maritimes (2 500 m2), un centre de remise en forme, des restaurant, une brasserie, etc.

Ces différentes pièces s’inscriront dans les trois niveaux de la halle existante (30 700 m2 de surface de plancher), trois plateaux offrant de grands volumes de 7 mètres environ en rez-de-chaussée, 5 mètres en R+1 et un beau volume sous sa charpente métallique de 3 à 10 mètres au R+2. Au rez-de-chaussée, le groupement Vinci/BdT envisage de développer une halle gourmande, divisée en deux lots indépendants (2 488 m2), un commerce, un espace de formation (740 m2), un espace de loisirs sportifs (552 m2), une salle d’immersion dédiée à la pratique des jeux vidéo et du e-sport (« Game Life Agora »). Ce pied d’immeuble contiendra également l’accès à l’hôtel niché au deuxième étage sur la façade sud ainsi que son espace fitness et son spa en mezzanine, accessibles aux clients de l’établissement et au grand public. Le premier niveau accueillera un restaurant et un pôle tertiaire regroupant bureaux et espace de coworking. Les deux niveaux supérieurs seront réservés à l’hôtel et à son restaurant, ainsi qu’à des bureaux.

Une piscine sur une plate-forme au sud

Le projet prévoit par ailleurs un vaste programme de traitement des espaces extérieurs (Quais 82, 84, parvis). Autant d’espaces du domaine public maritime qui seront demain librement accessibles au public. Une ouverture qui sera toutefois supervisée par un système de vidéosurveillance, sécurité de l’enceinte portuaire oblige.

L’aménagement du quai 82 sera conçu en fonction de deux usages. Primo, l’accueil de grands navires de plaisance : à cet effet, le quai reconfiguré proposera des aménagements (bollards, protections, etc.) et les fluides nécessaires (électricité, AEP, EU) pour l’alimentation de 2 ou 3 yachts. Le quai 82 devra cependant conserver la possibilité de passer en Zone d’accès réduite (ZAR) pour permettre  occasionnellement l’accueil de ferrys assurant la liaison avec la Corse. A cet effet, le projet inclura un dispositif d’étanchéification du quai (grilles mobiles), permettant le débarquement sécurisé des passagers et leur acheminement jusqu’à la parcelle voisine.

L’aménagement du quai 84 comprend l’aménagement de l’ouvrage et d’une partie du plan d’eau. Ces travaux permettront l’aménagement de terrasses privatives pour les restaurants du rez-de-chaussée. Sur le plan d’eau, le groupement lauréat a prévu d’installer une piscine d’eau douce flottante (25 m x 12 m et environ 2,5 m de profondeur, dont 1,35 m sous le niveau de la mer). Cette piscine sera nichée sur une plate-forme de 45,8 m x 16,2 m au total (soit 788 m2) installée sur le flanc sud du J1. Cette barge flottante comprendra des douches, des sanitaires, des vestiaires, des pédiluves et un espace technique. La terrasse disposera également d'une unité de sauvetage et d'équipements de sécurité.

Parvis ouvert sur la ville

Enfin, le traitement des abords respectera l’ADN du programme baptisé « J1 La Passerelle ». Bernard Reichen a ainsi prévu de créer une capillarité avec la ville. Cette ouverture aura pour emblème une grande canopée accolée à ce bâtiment aux dimensions monumentales (260 m x 34 m x 23 m de haut). Cet ouvrage métallique abritera un parvis destiné à l’accueil de grands événements, un « jardin du retour », un espace végétalisé avec des plantes des pays de la rive sud de la Méditerranée.

Ici aussi, il faudra composer avec les contraintes de fonctionnement du port : le parvis devra préserver la servitude de passage de la Voie Royale, axe de desserte véhicule interne au GPMM qui sera signalée par un traitement spécifique.

Le projet impliquera quelques démolitions pour revenir au volume originel de la halle en le libérant des excroissances ou volumes bétons ou métalliques qui se sont greffés sur ce hangar au fil du temps. En façade est, il s’agira de supprimer le volume d’accès au hangar depuis le boulevard du Littoral et les deux passerelles de liaison aux R+1 et R+2 ainsi que le voile en cotte de maille qui habille actuellement la façade. Sur la façade sud, les six escaliers de secours en béton seront rayés du paysage. Enfin, sur la façade nord, la passerelle de liaison sera rasée.

L’ensemble des clôtures présentes à l’intérieur du terrain et en limite de propriété le long du boulevard du Littoral seront supprimées afin d’ouvrir l’ensemble du site et d’offrir une transparence et des vues vers les bassins depuis le boulevard. De nouvelles clôtures seront tout de même installées au nord et au sud en limite de propriété avec le GPMM.

Le projet nécessitera par ailleurs des terrassements superficiels pour la mise en place des fondations complémentaires du bâtiment (1 m à 1,5 m).

Aucun stationnement n’est prévu aux abords du bâtiment. Les opérateurs ont réservé en amodiation 227 places pour les véhicules et 39 places pour les deux roues dans les parkings voisins du Mucem et des Terrasses du port.

Label BREEAM 2

L’opération sera l’occasion de réduire l’empreinte environnementale du bâtiment. Le projet bénéficiera d’une certification globale BREEAM 2 pour l’ensemble des activités et locaux. Le projet prévoit l’installation de panneaux photovoltaïques sur la toiture du J1 via Cap Vert Energies. Un dispositif qui doit permettre au complexe d’être auto-suffisant sur le plan énergétique.

Le projet prévoit par ailleurs l’installation de vitrages photo-chromatiques sur la partie sud du R+1 actuellement dépourvue de brise-soleils. Cette solution permettra d’apporter de manière passive un confort d’été aux occupants, tout en respectant l’architecture de la halle portuaire.

Last but not least, le J1 new look sera raccordé à la boucle à eau de mer Thassalia. Cette centrale de thalassothermie* mise en service en 2014 souffle le chaud et le froid sur la partie sud d’Euroméditerranée.

Après obtention du sésame de l’Etat (le dossier attend de savoir s’il sera soumis à étude d’impact) et du permis de construire, les promoteurs espèrent être en mesure de lancer les travaux au début 2022 en vue d’une livraison courant 2024.

* L’eau de mer est puisée dans les bassins portuaires à 7 mètres de profondeur et alimente directement des thermofrigopompes et des groupes froids à haute efficacité énergétique.

Pour le port, les enjeux de ce projet sont d’abord financiers : lors du lancement de la consultation en 2017, le GPMM ne cachait pas sa volonté de valoriser son foncier. Dans le règlement de l’appel à projet, il était indiqué que les opérateurs devaient s’acquitter d’un droit d’entrée de 9 millions d’euros HT minimum et lui verser une redevance d’occupation longue durée (70 ans). Les futurs occupants du J1 seront eux aussi mis à contribution en versant au GPMM un pourcentage de leur chiffre d’affaires. A l’époque, les dirigeants de l’établisement portuaire évoquaient un investissement global « de 150 à 200 millions d’euros ».

 

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