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Marius Fabre fait mousser sa croissance

La savonnerie familiale continue sa progression en France et à l'étranger. L'année 2017 s'est conclue par l'ouverture d'une boutique à Paris. D'autres projets débutent à Salon-de-Provence.
Marius Fabre fait mousser sa croissance
J.-C. Barla - La 4e génération Fabre, Anna, Marie et Julie, autour de l'architecte de la boutique de Paris, Ricardo Haiat.

Economie Publié le ,

La savonnerie Marius Fabre a affronté bien des tempêtes en 117 ans d'existence. Comme beaucoup de ses consœurs, elle aurait pu disparaître de la carte de Salon-de-Provence, quand les lessives et détergents chimiques ont envahi le marché. Mais Marie-Hélène Fabre, 3e génération à la barre de l'entreprise, et son époux Robert Bousquet se sont évertués à résister à la déferlante d'une concurrence qui leur savonnait la planche et de consommateurs alors peu scrupuleux sur la « naturalité » des produits qu'ils achetaient.

Tous les vents, même les plus contraires, finissent par tourner. En 2004, le chiffre d'affaires de Marius Fabre s'élevait à 3,3 millions d'euros. Il représente quasiment le triple aujourd'hui.

« Nos parents ont posé les bases stratégiques de ce renouveau, explique Julie Bousquet-Fabre, l'une des filles de Marie-Hélène et Robert, codirectrice générale avec sa sœur Marie. Ils ont cru à un retour des valeurs naturelles. Ils ont déposé la marque, misé sur l'attrait du made in France à l'exportation. Chaque génération s'est approprié le cap familial, tout en apportant la vision renouvelée qu'exige son époque. Nous avons lancé le site Internet en 2012, initié le commerce en ligne, afin de renforcer la notoriété de la marque. Notre boutique à Paris constitue une nouvelle étape. »

Depuis quelques semaines, avec l'appui d'Anna, la troisième des sœurs, la PME a implanté son point de vente sur 44 m2 dans le quartier du Marais. Elle y propose son savon de Marseille, en cubes, barres, savonnettes et copeaux, son savon noir, ses cosmétiques à l'huile d'olive certifiés biologiques « Olivia », des gels douche, savons liquides et shampooings naturels parfumés. Soit 150 références pour séduire la clientèle locale et touristique. L'architecte italien Ricardo Haiat a conçu cet écrin chaleureux. « Il a su capter l'atmosphère et la lumière du Sud, s'en imprégner et, sans copier-coller, restituer les symboles qui caractérisent l'authenticité de notre savonnerie à Salon », poursuit Julie Fabre-Bousquet.

Un savon prisé en Asie et en Europe

Si l'Etat tarde à se prononcer sur l'attribution d'une Indication géographique protégée pour le savon de Marseille (avec trois savonneries marseillaises, Marius Fabre défend les critères établis sous Louis XIV), les clients et partenaires étrangers de la société savent de mieux en mieux faire la différence entre les produits, selon la dirigeante. « Au Japon, à Taïwan, en Corée du Sud, en Scandinavie, en Allemagne, Suisse, Belgique ou aux Pays-Bas, ils placent le savon de Marseille sur un piédestal, assure-t-elle. L'international représente 25 % de notre chiffre d'affaires aujourd'hui. La boutique de Paris sert aussi à valoriser notre savoir-faire auprès de notre réseau de revendeurs. »

Un projet succédant à un autre, le site historique va à son tour bénéficier d'investissements. Après la réussite de l'extension de la boutique-usine, Marius Fabre, labellisée « Entreprise du patrimoine vivant », améliore les conditions d'accueil et de confort de son Musée du savon de Marseille. « L'an dernier [2016, NDLR], 32 000 personnes l'ont visité, cette année [2017, NDLR] 35 000, principalement des familles et des groupes. » La fabrique subira également quelques travaux d'entretien et rénovation, selon Julie Bousquet-Fabre. « Progresser, moderniser, c'est une garantie de pérennité pour la société, mais surtout une responsabilité qui nous incombe vis-à-vis de nos salariés, de leur famille. On ne peut pas tricher sur ses valeurs quand son nom est sur l'enseigne ! »

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