AccueilEconomieMarie-Laure Dufour, Lab to Be : « En entreprise, les jeunes font tout ce que la génération précédente a rêvé de faire ! »

Marie-Laure Dufour, Lab to Be : « En entreprise, les jeunes font tout ce que la génération précédente a rêvé de faire ! »

Créatrice de la société Faire Plus, formatrice-consultante, Marie-Laure Dufour réveille la relation entre les managers et la génération Z pour stimuler l’intelligence collective. Une démarche dont elle nous expose les pièges et les promesses.
« Pour moi, il manquait un lieu où les moins de 30 ans puissent comprendre l’entreprise et s’en approprier les codes », a expliqué Marie-Laure Dufour, formatrice-consultante autodidacte chez Lab To Be.
Sophie Vernet - « Pour moi, il manquait un lieu où les moins de 30 ans puissent comprendre l’entreprise et s’en approprier les codes », a expliqué Marie-Laure Dufour, formatrice-consultante autodidacte chez Lab To Be.

Economie Publié le , Propos recueillis par Hervé Lucien

Les Nouvelles Publications : Avec Lab To Be, vous intervenez comme conseil en management intergénérationnel auprès d’institutions et d’entreprises. Cela répond à quels types de besoin dans le monde socio-professionnel actuel ?

Marie-Laure Dufour: En 2018, j’ai eu l’intuition qu’il y avait un décalage énorme entre les jeunes et les entreprises. Je voyais le désarroi des managers devant l’absence de motivations des jeunes et leur incapacité à répondre aux nouveaux besoins de cette génération. Pour moi, il manquait un lieu où les moins de 30 ans puissent comprendre l’entreprise et s’en approprier les codes. Ils se retrouvent à devoir choisir leur orientation sans savoir de quoi ils ont envie et quelles sont leurs capacités réelles. D’un autre côté, nous avons des managers soumis à des contraintes et à des injonctions, parfois paradoxales. Ils se sentent démunis pour comprendre cette génération différente des précédentes. C’est à partir de ces constats qu’est né Lab To Be.

Quellle est la structuration de votre pédagogie et l’originalité de votre méthode ?

Nous avons deux volets : un tourné vers les jeunes, l’autre vers l’entreprise. Pour les premiers, on propose des accompagnements dans les écoles, “l’école du savoir-être”. Ce sont des parcours d’environ deux mois avec des ateliers sur les compétences (organisation, gestion du temps, communication), d’autres où l’on travaille sur le corps, le comportement créatif. Des personnes inspirantes témoignent tous les quinze jours sur leurs profils, leurs parcours, car donner envie d’un métier passe aussi par des rencontres humaines.

Dans ce tissage il existe deux éléments forts : d’abord le projet, comme par exemple le repas que des jeunes ont organisé le 23 novembre dernier au restaurant La République à Marseille, baptisé « la grande table de la mixité ». Ensuite, nous avons des temps d’intelligence collective, les “labs between”, où on associe jeunes et managers sur des thèmes transversaux (recrutement, communication, engagement). Dans ces processus, les uns et les autres échangent d’individu à individu, en déconstruisant les regards que nous avons sur la pertinence des idées de chacun. Ce format d’intelligence collective est aussi proposé en entreprise, à la différence que l’ensemble des équipes est présente autour des managers.

Les millenials, la génération Z, se révèle très exigeante en matière de QVT, ce qui n’est pas sans poser de problèmes dans leur adaptation à l’entreprise…

Les jeunes veulent de la cohérence dans le management. Ils désirent aussi du participatif. Ça ne veut pas dire qu’ils contestent l’autorité, mais ils se posent profondément la question du « pourquoi » . En effet, ils veulent comprendre, mais estiment qu’ils ont aussi des idées à apporter. Le manager doit donc revisiter sa posture pour mobiliser, engager, susciter, faire émerger les idées de l’ensemble pour que la décision soit acceptable par l’équipe entière. En fait, les jeunes font exactement ce qu’on a toujours rêvé de faire !

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La QVT est donc centrale ?

Soyons clairs. La génération Z et les millenials ne vont jamais évoquer le terme de “qualité de vie au travail”. Ils sont simplement en attente d’un lieu où ils peuvent exprimer leurs compétences et, en même temps, se projeter dans un espace où ils grandissent. Pour eux, les frontières n’existent pas : ils sont capables de chater sur des sujets personnels en journée et de vous appeler en pleine nuit, car ils ont une idée de génie. C’est là où le relationnel s’avère compliqué pour les managers : on ne sait pas trop s’ils veulent qu’on soit collègues de travail, ou copains.

Leur espace de vie au travail doit être rassurant, mais aussi épanouissant. En termes de rétention du personnel, c’est un casse-tête. Ils peuvent entrer dans une entreprise et en repartir deux jours après si elle ne leur plaît pas. Pour eux, l’entreprise doit être systémique, globale, prendre en compte la totalité des paramètres et pas seulement la production. Par contre si l’entreprise offre l’ensemble des paramètres, si elle leur donne du sens, ils sont capables de s’investir bien plus qu’on ne leur demande.

Conseil du Chef :« L’entreprise qui sait comprendre l’intérêt de ce management inclusif et intergénérationnel peut se réinventer, devient agile, puissante et répond aux besoins de son temps. Les jeunes incarnent l’avenir, il est urgent de s’y intéresser ! »

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Qualité de vie au travail : les chefs d'entreprise témoignent


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