AccueilEconomieM2i Life Sciences revitalise l'innovation chimique à Salin-de-Giraud

M2i Life Sciences revitalise l'innovation chimique à Salin-de-Giraud

Sous l'impulsion de M2i Life Sciences, groupe français né en 2012, l'ancien site chimique de Solvay à Salin-de-Giraud a repris des couleurs en triplant son effectif. Et ce n'est pas fini.
M2i Life Sciences revitalise l'innovation chimique à Salin-de-Giraud
J.-C. Barla - M2i Life Sciences veut croître fortement dans la production d'insecticides biologiques pour l'agriculture, en plus des molécules complexes pour la pharmacie.

Economie Publié le ,

« L'usine de Salin-de-Giraud a été fondée en 1896, nous l'avons reprise en 2013 pour lui donner un nouvel élan autour de deux piliers : la production d'actifs pharmaceutiques et les insecticides biologiques grâce à des phéromones, un secteur sur lequel nous sommes devenus numéro 1 européen, avec des ventes dans 63 pays. En sept ans, nous avons triplé l'effectif, 90 personnes aujourd'hui, et investi en moyenne 1 à 1,5 million d'euros par an sur l'unité », explique Johann Fournil, directeur des partenariats et de la communication de M2i Life Sciences.

Conforté par une levée de fonds de 60 millions d'euros en 2019, le groupe de chimie fine (170 salariés en France) présidé par Philippe Guerret va renforcer le site dans les deux domaines. Retenu par l'Etat dans le cadre du plan France Relance sur la relocalisation d'activités stratégiques pour la santé, il prévoit d'investir 2 à 3 millions d'euros dans la fabrication d'une molécule entrant dans la composition d'un anesthésiant utilisé dans les services de réanimation des hôpitaux. Le gouvernement a décidé d'aider financièrement le projet « Anesthésique Gamma OH » pour « améliorer la souveraineté sanitaire de la France (…). Actuellement, le Gamma-OH n'est pas fabriqué en France et très peu en Europe », indique le ministère de l'Economie, des Finances et de la Relance.

M2i Life Sciences produit à Salin-de-Giraud une vingtaine de molécules. Celle-ci étoffera sa gamme, sans nécessiter l'aménagement d'un atelier dédié. « La demande est forte et récurrente en France et en Europe, que l'on soit ou pas en période d'épidémie, poursuit Johann Fournil. Nous avons procédé à un test de faisabilité technique sur l'usine durant le premier confinement. Nous engageons maintenant les investissements pour implanter durablement la production. Dans les mois qui viennent, nous embaucherons cinq personnes supplémentaires. » Courant 2021, le groupe verra si une septième ligne de production s'impose sur les locaux existants.

Lutte biologique

Parallèlement, l'entreprise poursuivra ses développements dans le biocontrôle des cultures, parcs et jardins. Parmi ses 22 familles de brevets, elle détient une technologie qui lui permet de reproduire à l'échelle moléculaire des phéromones émises de façon naturelle par des insectes et à les encapsuler dans des microbilles d'huile ou de cire. Les substances sont biosourcées, biodégradables et adaptées à n'importe quelle culture, sans danger pour l'environnement contrairement aux pesticides traditionnels.

M2i Life Sciences a notamment noué des partenariats dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes pour lutter contre les chenilles processionnaires des pins ou le charançon rouge des palmiers plantés en ville. « Nous avons également entamé des échanges avec des producteurs de riz de Camargue en vue d'éventuels programmes de recherche et de collecte de données sur certains ravageurs », indique Johann Fournil. Afin de soutenir les développements envisagés dans les deux activités, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur a attribué à l'entreprise une subvention dans le cadre du dispositif « Région Sud Attractivité », ciblé sur « les projets à fort potentiel de création d'emplois et nécessitant des investissements productifs et matériels importants ».

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?