AccueilOxygèneLes Théâtres accueillent la Comédie-Française et l’Opéra de Paris à Aix et Marseille

Les Théâtres accueillent la Comédie-Française et l’Opéra de Paris à Aix et Marseille

Quel bel événement pour notre territoire que d’accueillir ces deux poids lourds culturels français. Dominique Bluzet, directeur des Théâtres, revient sur cette programmation unique, ainsi que sur les temps forts de la saison 22/23.
Dominique Bluzet est heureux d’avoir réussi à convaincre l’Opéra de Paris et la Comédie-Française d’ouvrir la saison des Théâtres, une vraie première en région pour ces deux monuments français.
Caroline Doutre - Dominique Bluzet est heureux d’avoir réussi à convaincre l’Opéra de Paris et la Comédie-Française d’ouvrir la saison des Théâtres, une vraie première en région pour ces deux monuments français.

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Il lui aura fallu plusieurs années d’échanges auprès de la Comédie-Française et de l’Opéra de Paris pour les convaincre de se délocaliser à Marseille, avec pour le Ballet, la signature d’une convention de trois ans. Jusqu’en 2025, Les Théâtres de Dominique Bluzet ont donc le privilège d’accueillir cette institution, qui ne quitte d’habitude jamais la capitale, non seulement avec la troupe presque au complet, mais aussi avec le privilège d’accueillir différents temps forts et rencontres entre les danseurs et le public.

Un événement unique

Sur la scène du Grand Théâtre de Provence, à Aix, les 55 danseurs de l’Opéra de Paris seront présents, du 22 au 25 septembre. Soit la quasi-totalité de la troupe qui en compte 70. Ils présenteront un triptyque signé Forsythe, van Manen et Pite. Du côté de la Comédie-Française, onze de ses pensionnaires, toutes des comédiennes, seront sur la scène de la Friche la Belle de Maidu 28 septembre au 5 octobre. Elles joueront la pièce « 7 minutes », mise en scène par Maëlle Poésy, une pièce contemporaine qui fait écho au passé populaire et ouvrier de l’ancienne usine de tabac, devenue en trente ans l’un des étendards culturels de la cité phocéenne. Là aussi, comme pour l’Opéra, c’est une prouesse d’avoir convaincu « Le Français » (nom souvent donnée à la Comédie-Française), car « amputer d’autant de comédiennes la Comédie-Française, cela reste une première », nous précise Dominique Bluzet.


Alors comment a-t-il réussi à la convaincre ?

« Les Théâtres ont acquis aujourd’hui une image suffisamment forte dans le métier. Vingt-quatre millions d’euros de budget, des dizaines de créations, 500 salariés, ça pèse et ça se sait. Je tenais tellement à ouvrir la saison avec ces deux prestigieuses institutions françaises », nous explique le directeur.

« Vu de Paris, nous ne sommes pas grand-chose en province, mais nous sommes quand même un gros "pas grand-chose", plaisante-t-il. Je leur ai dit que nous étions les théâtres de la République. Paris n’est pas la France. » La Comédie-Française et l’Opéra de Paris ont vu cela comme une opportunité inédite, s’installer sur la durée à Marseille pour l’Opéra, tout en créant des souvenirs à chacune des troupes. « Les Théâtres sont totalement légitimes pour une telle aventure. »

Le Ballet de l’Opéra national de Paris sera au Grand Théâtre de Provence, à Aix, du 22 au 25 septembre.
(Crédit : Agathe Poupeney)

Aller vers continue sa rencontre avec tous les publics

Autre bonne nouvelle de la saison 22/23 des Théâtres, la formule hors-les-murs« Aller vers » est présente pour la deuxième année consécutive. Depuis juillet dernier et jusqu’en décembre 2022, elle propose sur notre territoire, mais aussi dans le pays d’Arles, la saga de Molière, de la danse, de l’opéra, du théâtre. Ariane Ascaride poursuit son « pèlerinage théâtral » dans les églises du pays d’Arles, ainsi qu’à Aix, du 13 au 17 septembre.


Née durant la Covid-19, l’idée de Dominique Bluzet a contourné la fermeture des théâtres pour rencontrer tous les publics, dans des lieux atypiques, comme un bar, une église, une école ou un Ehpad (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Il cite Molière pour expliquer sa perpétuelle remise en question et les projets singuliers qui l’animent depuis autant d’années.

« Je hais ces cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir les suites des choses, n’osent plus rien entreprendre… L’échec fait partie de la vie. Ce n’est pas grave. Il faut oser dans la vie et puis de toute façon, je déteste les codes. J’aime surprendre et tenter de toucher tous les publics. »

C’est aussi pour cette raison qu’il est heureux qu’une partie du Festival de Pâques soit filmée et rediffusée sur Internet. « Et quand bien même certains ne se connectent que dix minutes, ce sont toujours dix minutes qu’ils n’auraient pas connues s’ils avaient dû aller en salle. » Cette année encore, ce festival qui lui est si cher verra six captations. « Reste encore à trouver les fonds pour financer ces tournages. » L’édition 2023, du 31 mars au 16 avril, fêtera les dix ans de ce festival dédié à la musique classique.

Et aussi…

Parmi les nombreux rendez-vous du Grand Théâtre de Provence (Aix), du Jeu de Paume (Aix), des théâtres marseillais des Bernardines et du Gymnase (version hors-les-murs pour cause de travaux jusqu’en 2025), Dominique Bluzet évoque la création « Ici Nougaro », incarnée sur scène par Grégory Montel (du 13 au 28 janvier, Bernardines), « L’Intégrale » de Nicole Ferroni, une autre création à voir du 6 au 10 décembre aux Bernardines également, « Le Roi Lear » avec Jacques Weber (du 14 au 21 octobre, La Criée), « Animal, danser avec le vivant » par le Théâtre du Centaure (25 et 26 novembre, Grand Théâtre de Provence)… difficile pour lui de les citer tous, entre créations, productions, coproductions, résidence dans ses quatre théâtres. L’intégralité de la saison est à retrouver sur le site.


Enfin, il nous rappelle aussi que la saison 1 des podcasts des Théâtres, nés eux aussi durant le confinement, est toujours disponible à l’écoute.

« Nous offrons au public des moments de rencontres avec les artistes. Nous avons 15 podcasts, avec Renaud Capuçon, Angelin Preljocaj, ou encore Emilie Lalande. C’est aussi important de les voir sur scène que de les écouter nous parler de leur travail, de ce qui les anime. L’humain est aussi important que le reste. »

« 7 minutes » avec les comédiennes de la Comédie-Française à la Friche, à Marseille, du 28 septembre au 5 octobre. (Crédit : Vincent Pontet coll. Comédie-Française)

Après 2025

Dominique Bluzet commence à évoquer à demi-mots son départ de la direction des Théâtres. Logiquement, il sera là pour la réouverture du théâtre du Gymnase, dont les travaux vont bientôt commencer. Le lever de rideau est attendu pour 2025. Il devrait rester encore une, voire peut-être deux saisons.


Il semble déjà savoir qui va prendre sa suite. « Des femmes de mon équipe. Nous avons encore du temps pour préparer mon départ, tempère-t-il. Je veux faire le nécessaire pour que ce formidable outil culturel de la métropole perdure. Marseille a le sens du beau. Aix a le sens du grand. Ces deux villes sont complémentaires et aux yeux de tous, sont devenues deux entités complémentaires en offre culturelle. »

D’ici là, tournons les pages de cette nouvelle programmation culturelle et profitons sans restriction de cette ouverture sur un imaginaire nécessaire…

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