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Les professionnels du chiffre en congrès à Marseille

Les experts-comptables et les commissaires aux comptes du Sud sont réunis les 18 et 19 novembre, au Palais du Pharo dans la cité phocéenne, à l’occasion de leur 9ème congrès régional.
Les professionnels du chiffre en congrès à Marseille
R. Poulain - « Il a fallu une crise extraordinaire pour que les experts-comptables soient dans la lumière », raconte Colette Weizman, présidente du Conseil régional de l'Ordre des experts-comptables Paca.

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C’est dans un contexte inédit avec le début d’un rebond économique constaté mais aussi le risque d’une cinquième vague imminente de l’épidémie de coronavirus que les 2 000 experts-comptables et les 600 commissaires aux comptes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ont planché sur le thème Accompagner la résilience et booster la croissance, à l’occasion de leur 9ème congrès régional, au palais au Pharo à Marseille. Avec un objectif clairement affiché dès l’ouverture de l’événement : « toutes les entreprises durant cette crise sanitaire ont été concernées par un stress. Pour éviter tout traumatisme, il convient de s’activer, de booster la relance. C'est-à-dire d’utiliser ce stress à bon escient », résume Jean-Pierre Patou, président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC) d'Aix-Bastia.

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Être dans la lumière

Pour accompagner les entreprises qui sortent blessées de cet épisode inédit, les experts-comptables se sentent plus que jamais légitimes pour conseiller au mieux celles qui espèrent bénéficier du plan de relance et de la croissance. « Il a fallu une crise extraordinaire pour que les experts-comptables soient dans la lumière, raconte Colette Weizman, présidente du Conseil régional de l'Ordre des experts-comptables Paca. Nous avons montré notre rôle incontournable et indispensable. Cette reconnaissance est plus que méritée ».

Dans l’édito du programme du congrès les deux présidents le martèlent, « Si certains en doutaient, ils doivent aujourd’hui se rendre à l’évidence : les professionnels du chiffre, du conseil et de l’audit sont des acteurs centraux de l’économie réelle, celle qui se construit au quotidien dans les TPE/PME et ETI. A la barre quand les vents sont mauvais... mais également à la manœuvre lorsque la météo donne des signes d’amélioration. »

Les émotions

Conscients que toutes les initiatives pouvant aider les chefs d’entreprises dans un contexte si particulier sont bonnes à prendre, les organisateurs ont fait appel à de nombreux intervenants de haut niveau : fiscalistes, avocats, banquiers, universitaires, administrateurs ou mandataires. A noter également une conférence, façon TEDx dans l'amphithéâtre du Pharo consacrée notamment à l’humain. Et à un sujet qui préoccupe les entrepreneurs de plus en plus : les problèmes de recrutement. David Le Glanaër​, président fondateur de Neïmo est ainsi venu parler des émotions.

« Les anciennes générations n’ont pas été habituées à parler émotions dans le cadre de leur travail, elles les laissaient à la porte de l’entreprise. Les nouvelles générations en ont besoin et cela commence dès la confection de la fiche de poste ». Pour lui, pas de doute, « les jeunes n’ont pas besoin d’avoir pour être. Ils veulent apprendre, s’amuser, et que leur métier ait un impact. Bref qu’il y ait du sens à tout cela. Ce sont clairement des personne qui vous demanderont souvent : "pourquoi faut-il que je fasse cela ?"».

Même écho du côté de Nicolas Beretti, le fondateur de BrainsWatt : « le monde du travail a beaucoup changé depuis quelques années avec l’arrivée des millenials, une population très infidèle, impatiente, qui demande à l’entreprise de s’engager et qui n’hésitent pas à se mettre à son compte si ça ne va pas. » Ses conseils ? « Expliquez ce en quoi vous croyez et repensez l’expérience collaborateur. »

La parole a ensuite été donnée à Laura Lange, philosophe. Parmi ses conseils : « il ne peut y avoir d’engagement quand le langage ment. Les mots engagent. Les maux viennent souvent de mots mal dits, mal expliqués ». Autre donnée de taille : « il faut rendre les mots vivants. Car c’est les rendre motivants ». Et pour cause, « l’absence de cohérence crée de la co-errance ». Enfin, selon elle, « sans raison d’être il n’y a aucune raison d’en être ».

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