AccueilImmobilierLes professionnels de l’immobilier veulent un « choc d’offre »

Les professionnels de l’immobilier veulent un « choc d’offre »

Réunis à l’invitation de Cyril Cartagena, président de l’observatoire immobilier de Provence, les acteurs de l’immobilier et de la construction sonnent l’alarme face à la pénurie de permis de construire.
Les professionnels de l’immobilier veulent un « choc d’offre »
D.R. - Les membres de l’OIP réunis autour de leur président Cyril Cartagena.

Immobilier Publié le ,

Haro sur le « stop au béton ». Réunis à Marseille à l’instigation de l’observatoire de l’immobilier de Provence (OIP) ce 23 septembre, les professionnels de l’immobilier et de la construction du département ont lancé un cri d’alarme collectif face à la dégradation de l’activité du secteur. Une fusée éclairante assez inédite dans les annales de cet organisme qui regroupe différentes organisations aux intérêts parfois (souvent...) divergents. 

Quinze mois après le scrutin municipal, alors que la pression de la crise sanitaire s’apaise, l’horizon des promoteurs, constructeurs et autres bailleurs sociaux est barré par de gros cumulonimbus. Un gros temps qui a pour origine un malthusianisme constructif particulièrement délétère. « Le marché du logement subit un phénomène de tension croissante qui se traduit par une hausse des prix de l’immobilier. Si cette tension inflationniste n’est pas propre à notre territoire, elle prend en revanche à l’échelle de la métropole Aix-Marseille une ampleur inédite depuis plusieurs mois », constate Cyril Cartagena.

Les permis se font rares

Et le président de l’OIP de pointer la réduction du nombre de permis de construire délivrés depuis deux ans : « Cette baisse a entraîné une chute de 27 % des mises en vente dans les Bouches-du-Rhône et de 52 % pour la seule ville de Marseille. » Une offre rabougrie face à une demande toujours plus forte, l’effet ciseau joue à plein : « L’absence de renouvellement des stocks conduit à une hausse mécanique de 10 % des prix de vente des appartements sur le début d’année. » Et cette tension inflationniste ne se limite pas à Marseille : Istres Ouest Provence (+32,4%) ou encore les pays d’Aix (+11,9%) et de Martigues (+ 11,2%) subissent eux aussi une hausse des prix de vente.

Les HLM victimes collatérales

Cette pression se répercute sur toute la chaîne de l’habitat. « Moins de logements neufs, c’est aussi moins de logements HLM, les bailleurs sociaux achetant en Vefa [vente en état futur d'achèvement, NDLR], et des objectifs de construction non tenus, avec toutes les conséquences sociales que l’on connait pour des familles qui sont contraintes de se loger dans des appartements du parc privé, social de fait », soupire le président de l’OIP.

Chez les organismes HLM, on se désole de ne pas voir la production de logements sociaux jouer son traditionnel rôle contra cyclique des temps de crise. Pire, le secteur social est au diapason de la production de logements privés. « Il y a un vrai souci conjoncturel sur l’aire marseillaise. Avec 2 658 HLM programmés fin août sur le territoire d’Aix-Marseille, l’année 2021 promet d’être une nouvelle fois très en dessous de l’objectif de 4 712 logements fixé par l’Etat », admet Pascal Friquet, le président de l’association régionale des organismes HLM de Paca-Corse (Arhlm). Ce décalage creuse le déficit : alors que 81 536 demandes d’HLM étaient enregistrées sur le territoire métropolitain en 2020, seulement 9 126 logements sociaux ont été attribués. Soit un rapport demande/offre de 8,9 !

Le bâtiment en souffrance

En bout de chaîne, l’activité du bâtiment subit les effets de cette disparition des grues : « Fin juin, les autorisations de logement dans le département ont chuté de 16.7 % et les mises en chantier de 13.4 %. et le nombre d’appels d’offres publié diminue quant à lui de 9 % par rapport à l’année dernière mais de 19 % si on compare à 2019, l’année de référence avant Covid », décrypte Philippe Deveau, l’ancien président de la FBTP 13.

Bref, tous les clignotants sont au rouge ! Dans ce contexte déprimant, les professionnels en appellent aux élus. Après le signal d’alarme lancé en juillet, le président de l’Arhlm a rencontré Patrick Amico et Mathilde Chaboche, les adjoints au logement et à l’urbanisme de la Ville de Marseille. « On a entendu leur souhait de construire plus vert. Nous sommes prêts à revoir nos paradigmes pour construire autrement. Mais construire autrement ne veut pas dire construire moins », grince Pascal Friquet.

Jouer collectif pour un choc d’offre

Chez les promoteurs, on regarde avec perplexité le projet de charte de la construction initié par la nouvelle municipalité : « Le logement le plus vert n’est pas celui que l’on ne construit pas », ironise Jean-Noël Léon, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Provence. Alors que le gouvernement promeut le « ZAN » (zéro artificialisation nette), nombre d’édiles semblent avoir anticipé la mesure : « La contraction des permis de construire accordés sur un an entraîne une chute de la production de logements neufs. Par ricochet, les prix grimpent et l’offre neuve est au plus bas : on a 3 111 logements en stock dans le département et 1 544 sur la seule ville de Marseille, des niveaux historiquement insuffisants qui représentent de l’ordre de huit mois de stock », s’inquiète le promoteur.

Pour sortir de l’ornière, un consensus de dégage pour la mis en place urgente d’un « choc d’offre ». Cela passe par « un dialogue apaisé avec les élus, à l’échelle de la mairie de Marseille et de la métropole afin de trouver ensemble des solutions », avance Cyril Cartagena. « A l’heure où notre territoire est plus attractif que jamais, il est nécessaire d’accueillir les nouveaux arrivants désireux de s’y implanter », plaide le président de l’OIP.

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?