AccueilEconomieLes Minettes en goguette, des vêtements post-cancer du sein dans lesquels on se sent bien

Les Minettes en goguette, des vêtements post-cancer du sein dans lesquels on se sent bien

Pas facile de lancer sa marque de vêtement quand on est néophyte, qui plus est, quand le réseau de distribution de sa cible est quasi inexistant. Véronique Gonzalez, créatrice des Minettes en goguette, nous raconte son parcours.
Les Minettes en goguette, des vêtements post-cancer du sein dans lesquels on se sent bien
D.R. - Pour sa marque Les Minettes en goguette, Véronique Gonzalez choisit des tissus particulièrement doux, à base d’algues, aux vertus cicatrisantes.

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Pas facile de lancer sa marque de vêtement quand on est néophyte, qui plus est, quand le réseau de distribution de sa cible est quasi inexistant. Véronique Gonzalez, créatrice des Minettes en goguette, nous raconte son parcours.

« Un jour, sous la douche, j’ai senti une boule sous mon sein gauche. Je suis allée voir mon docteur et, après plusieurs examens, on m’a diagnostiqué un cancer du sein en juin 2016. Afin d’être certaine que la tumeur disparaisse, j’ai décidé de me faire retirer le sein. Puis on m’a prescrit de l’hormonothérapie. À ce moment-là, j’ai commencé à avoir de nombreux effets secondaires : sensibilité de la peau due aux cicatrices, prise de poids, transpiration excessive, bras qui gonfle, j’avais la sensation de ne plus maitriser mon corps », se souvient Véronique Gonzalez, la fondatrice des Minettes en Goguette. Elle nous apprend qu’une femme sur huit en France est atteinte par le cancer du sein. « Soit un diagnostic toutes les deux minutes ! ».

Son parcours de cheffe d’entreprise

Deux ans plus tard l'annonce de sa maladie, son poste chez Ikéa est supprimé.

« C’est à ce moment là que je me suis jetée à l’eau, avec l’idée de créer de jolis vêtements féminins, adaptés à nos pathologies post-cancer. Car en plus de notre maladie, ne pas pouvoir s’habiller comme on le souhaite, ça nous mine le moral ! Imaginez que 95 % de la mode est en polyester et cette matière est insupportable pour nous. Ca nous gratte en permanence. »

A 48 ans, Véronique Gonzalez se forme alors aux bases du stylisme. Elle développe plusieurs prototypes, tous adaptés aux effets secondaires de ce cancer : des tee-shirts qui s’enfilent sur les côtés, des hauts de maillots de bain et des soutien-gorge qui se ferment par devant (surtout sans armature qui viennent se poser sur les cicatrices), des culottes taille haute… « J’ai choisi des tissus particulièrement doux, à base d’algues, aux vertus cicatrisantes ». Après plus de trois ans à développer ces tenues, cette entrepreneuse marseillaise est désormais prête. Elle attribue 70 000 € à son projet, dont des prêts d’honneur et caution bancaire d’Initiative Marseille Métropole et France active.

Marseille Innovation apporte un nouveau souffle financier aux start-up

Un crowfunding réussi

Pour cette première collection, elle a créé un tee-shirt, un ensemble de lingerie et un maillot de bain, vendus via un crowfunding au printemps 2022. « Je devais récolter 8 000 €, j’en ai eu 8 500 € pour produire une centaine de maillots et de robes. Mais surtout, j’ai pu voir à quel point il existait un réel besoin de vêtements adaptés, pas seulement à cette maladie d’ailleurs. » En effet, la créatrice des Minettes en goguette a été approchée par des hommes et des femmes souffrant d’eczéma aggravé, d’un cancer des os… « tous ont dû mal à s’habiller ! ».

Un marché important, mais un réseau inexistant

« Quand je travaillais encore chez Ikéa, j’ai demandé à des collaborateurs du monde entier si, dans leur pays, des marques s’étaient positionnées sur ce secteur textile. La réponse a été unanime et négative. » Un déclic pour Véronique Gonzalez. Le chemin fut long pour sortir sa première collection, mais la visibilité et l’attente face à sa marque la challenge. « J’espère être rapidement rentable pour proposer des pièces à des prix accessibles. Je travaille en ce moment sur un prototype de blouse qui se ferme dans le dos via des aimants. »

Autant de détails techniques que seule une femme ayant subi un cancer du sein et ses suites post-maladie peut connaître… « Il faut savoir que l’on met entre un et deux ans à récupérer tout ou partie de ses sensations et de sa mobilité », explique-t-elle. Le réseau de distribution français est encore inexistant pour ce marché. « Tout juste une boutique spécialisée par département. Je frappe donc à la porte des associations de malades pour faire connaître au maximum ma marque. Et l’accueil est plus qu’encourageant pour la suite », se réjouit la cheffe d’entreprise.

Un joli parcours d’entreprise que Les Nouvelles Publications ne manqueront pas de suivre dans les prochains mois.

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