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« Les GEIQ offrent une solution simplifiée pour former et recruter »

Océane Lantez, déléguée du comité régional des GEIQ Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur détaille l’intérêt de la plateforme On démarre demain, mise en place pour pallier la pénurie de compétences disponibles.
« Les GEIQ offrent une solution simplifiée pour former et recruter »
D.R. - Océane Lantez, déléguée régionale du comité régional des GEIQ Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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Les Nouvelles Publications : Le premier GEIQ [Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification, NDLR] en Provence-Alpes-Côte d’Azur est né dans le Vaucluse voici 25 ans. Une quinzaine d’autres ont vu le jour depuis. Que peut apporter cette plateforme ?
Océane Lantez : Nous nous sommes aperçus qu’à l’exception de secteurs déjà utilisateurs comme le BTP ou l’industrie, les GEIQ restaient méconnus des entreprises pour trouver des compétences et qu’il fallait réaffirmer en quoi ils étaient une solution pour elles comme pour les candidats en difficulté d’accès à l’emploi : jeunes de moins de 26 ans sans qualification, demandeurs d’emploi de longue durée ou de 45 ans et plus, personnes issues de quartiers prioritaires, en reconversion professionnelle contrainte ou en situation de handicap, bénéficiaires de minima sociaux… Les GEIQ peuvent couvrir tous les secteurs, de nouveaux ont été créés dans le sport ou l’animation socio-culturelle, d’autres émergent dans l’agriculture ou le transport-logistique… Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, sont également concernées : 29% ont moins de 10 salariés, 39% moins de 50...

L’avantage d’un GEIQ est qu’il recrute la personne motivée à s’insérer ou se réinsérer professionnellement et la met à disposition de l’entreprise adhérente, il porte le contrat en alternance, coordonne l’ingénierie de formation, notamment avec les OPCO [Opérateurs de compétences, NLDR], mobilise les outils, les dispositifs d’aide… L’entreprise n’a plus qu’à se préoccuper de former le salarié, avec un tuteur dédié, pour disposer à terme d’un collaborateur qualifié. Le fonctionnement est clair, mais il faut simplifier l’accès au groupement, le promouvoir… Initiée avec le soutien de l’Etat (Direction générale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Paca) et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, la plateforme « On démarre demain » s’adresse autant aux entreprises qu’aux candidats qui peuvent s’inscrire en indiquant le métier dans lequel ils sont prêts à se former et s’investir. On ne leur réclame pas de CV. Notre président régional, Christophe Drone, affirme qu’il suffit de l'essayer pour l’adopter définitivement ! Près d’un millier de salariés de la région sont engagés dans un tel parcours chaque année…

Comment les entreprises en quête de compétences peuvent-elles s’impliquer ?
Aujourd’hui, il existe 16 GEIQ dans la région* qui rassemblent 350 entreprises et répondent à des problématiques de recrutement sectorielles ou territoriales. Pour en créer un, il faut plusieurs entreprises, généralement une dizaine, et une culture de la coopération puisque le modèle est défini en commun. Certaines s’impliquent dans sa gouvernance, d’autres se contentent d’en utiliser les services. La fédération française des GEIQ apporte un appui à sa constitution, lors des études de faisabilité de GEIQ, mais aussi l’Etat grâce au Plan d’Investissement dans les compétences (PIC). Les acteurs du territoire vont être mobilisés autour de la démarche : maisons de l’emploi, clubs d’entrepreneurs, acteurs de l’emploi, collectivités ou autres GEIQ pour expliquer leur démarche… L’idée est de sécuriser au maximum en amont son existence sur le long terme, en complémentarité des dispositifs existants, car le modèle économique est fondé à 70% sur la facturation des entreprises membres. La personne en contrat de professionnalisation ou d’apprentissage (94% des 419 contrats signés en 2020) est accompagnée au sein du GEIQ par un tuteur socioprofessionnel en plus du référent professionnel de l’entreprise. Elle peut travailler pour deux ou trois sociétés, si le besoin n’est pas sur un temps plein et si le secteur le permet, par exemple la propreté ou l’agriculture.

Sur le papier, tout est envisageable puisque les membres décident du mode de fonctionnement. Si le candidat ne s’adapte pas à l’entreprise, il peut être réorienté sur une autre. Si l’entreprise le forme mais ne peut pas l’embaucher au terme du contrat, une autre du réseau peut le faire. C’est une vraie souplesse. Ce suivi qualitatif, réévalué chaque année au niveau national, permet de ne connaître que 9% de taux de rupture des parcours.

En quoi le GEIQ peut-il atténuer une difficulté qu’évoque souvent l’entreprise sur le savoir-être des demandeurs d’emploi ?
Nous travaillons sur des personnes sans qualification, donc des publics que l’entreprise n’irait pas chercher spontanément ou n’embaucherait pas si ces candidats postulaient directement auprès d’elles. Grâce à notre étroite coopération avec Pôle emploi, les Missions locales, les Départements pour les personnes au RSA, les PLIE, les structures d’insertion par l’activité économique, nous pouvons détecter plus facilement, à leur place, les candidats les plus motivés pour une formation, apprécier leur savoir-être ou leur appétence pour le métier… Ces compétences comportementales constituent un socle. A travers le GEIQ, l’entreprise s’assure par anticipation du respect de cette exigence.

* Agroalimentaire, aide à domicile, animation, BTP, Espaces verts, Hôtellerie-Restauration, industrie, logistique, médico-social, propreté, sport, transports de voyageurs… 

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