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Les entreprises face à un environnement économique et financier contrasté

Comme chaque année, Jean-Jacques Cambounet, directeur régional de la Banque de France, et Bernard Benitez, secrétaire régional de la Banque de France, sont venus au Palais de la Bourse à Marseille pour parler économie. L'occasion de présenter les dernières évolutions du contexte économique international et national, ainsi que les résultats d'une enquête réalisée par la Banque de France auprès d'entreprises de Paca.
Les entreprises face à un environnement économique et financier contrasté

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Aujourd’hui, de grandes incertitudes pèsent sur les marchés. Les différents vocables utilisés sont : crise européenne, crise énergétique, crise de la croissance mondiale, risques géopolitiques… « Tous les oiseaux de mauvaise augure sortent et de vieilles théories refont surface. De là à paniquer et à se cacher sous terre, il n’y a qu’un pas qu’il ne faut pas faire ! », estime Jean-Jacques Cambounet, directeur régional de la Banque de France. Les marchés redoutent par exemple la fragilité des banques européennes. « Ces inquiétudes sont sans fondement. La situation n’est pas catastrophique comme elle a pu l’être au moment de la crise financière. Ce n’est pas comparable du tout. » Il est temps de regarder les choses de manière objective. « Oui, il y a des incertitudes mais il y a un élément fort. Si vous regardez la croissance au niveau de la France, de Paca, il y a des signes très tangibles d’amélioration. Tout ne va pas aussi mal qu’on ne le dit. »

Les prévisions du FMI

Les prévisions du FMI (Fonds monétaire international) concernant la croissance mondiale sont claires : une croissance de 3,4 points en 2016, de 3,6 points en 2017. L’Europe commence à retrouver des couleurs puisqu’elle dépasse en 2015 son niveau de 2008 et progresse nettement ensuite. La Commission européenne a présenté en février ses prévisions de croissance, à 1,7% pour la zone euro en 2016. Elle devrait se consolider à 1,9% en 2017. Pour autant, il faut se souvenir qu’en novembre, Bruxelles anticipait une expansion économique légèrement supérieure pour 2016, à 1,8%. Entre-temps, le contexte international s’est assombri. A noter aussi les prévisions de l’inflation toujours en dessous des 2% en 2017. Enfin, si l’on s’intéresse au cas de la France, il faut retenir des prévisions de croissance du PIB (produit intérieur brut) de 1,4% pour 2016 et de 1,6% en 2017. « La courbe se redresse mais moins vite que ce que l’on observe au niveau de l’Europe dans sa globalité. » L’inflation s’établirait à 1,5% en 2017. Enfin, alors que le chômage s’inverse au niveau de la zone euro, le taux de chômage en France est comparativement trop élevé.

La parole aux entreprises

« La région Paca semble bénéficier de cet environnement plus favorable sur la zone euro, c’est ce qui ressort des premiers résultats de l’année 2015 communiqués par les entreprises interrogées », résume Bernard Benitez, secrétaire régional de la Banque de France. Le secteur de l’industrie, qui représente 10% de l’emploi en Paca, affiche une activité en légère hausse (+ 1,1%). Dans un contexte de recul de la monnaie européenne, de baisse du prix des matières premières et de la poursuite d’une politique monétaire accommodante, les échanges internationaux ont soutenu l’activité (+ 1,9%). Sous l’effet de la progression de la consommation des ménages et de la reprise de l’investissement des entreprises, la demande nationale amorce aussi une amélioration.

Croissance des services

Les services, le poumon de l’activité économique régionale, affiche une nouvelle croissance du chiffre d’affaires (+ 2,8%), principalement dans les filières de l’ingénierie, de la maintenance, de la communication, de l’intérim et des services informatiques. « A noter que les terribles attentats de Paris ont impacté notre conjoncture économique, notamment l’hébergement et la restauration », ajoute Bernard Benitez.

La construction recule

Dernier secteur étudié : la construction qui concentre 10% de l’emploi en Paca. Un recul de la production (- 2,6%) affecte à nouveau le secteur. Pour autant, il apparaît qu’un point bas d’activité ait été atteint, principalement dans le gros œuvre et le second œuvre. Comme anticipé, une nouvelle hausse des dépenses d’investissement est observée dans l’industrie (+ 1,1%) et dans les services (+ 11%). En revanche, un recul marqué est enregistré dans la construction (- 12%). La situation de l’emploi a quant à elle évolué de manière contrastée avec un moindre recours à la main-d’œuvre intérimaire : dans l’industrie (- 1,1%) et dans la construction (- 3,3%) alors qu’une progression est observée dans les services marchands (+ 1,3%).

L'industrie repart

En 2016, les chefs d’entreprise anticipent une évolution plus marquée de l’activité dans l’industrie (+ 2,3%), portée aussi bien par la demande nationale qu’internationale ; une nouvelle orientation favorable de l’activité dans les services (+ 4,7%) et une inflexion à la hausse dans le bâtiment alors qu’une stabilisation de la production est anticipée dans les travaux publics.

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L'étude complète de la Banque de France :

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