AccueilDroit et Chiffre« Les avocats restent des acteurs à part dans le marché du droit »

« Les avocats restent des acteurs à part dans le marché du droit »

A l’occasion de la Journée de l’innovation qui a lieu le 17 juin, Jean-Raphaël Fernandez, le bâtonnier du barreau de Marseille et Mes Marie-Cécile Bernard, Camille Merlet et Shirley Leturcq évoquent l’évolution de la profession.
« Les avocats restent des acteurs à part dans le marché du droit »
F. Delmonte - L’équipe du Barreau de Marseille qui a travaillé à l’organisation de la Journée de l’innovation.

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Les Nouvelles Publications : Quel est l'objectif de la Journée de l’innovation organisée par le barreau de Marseille le 17 juin ?
Jean-Raphaël Fernandez : Avec la période complexe que nous traversons, nous avons voulu donner des perspectives à nos confrères, afin de les aider à se projeter et à s’adapter aux évolutions de la profession et de la société. Pour cette raison la matinée sera consacrée aux innovations qui vont accompagner les avocats. Nous allons donner la parole à des confrères inspirants qui ont fait évoluer nos modes d’exercice sur des points précis comme la communication ou l’utilisation des nouvelles technologies. Nous avons également invité les ambassadeurs du numérique du Conseil national des barreaux qui présenteront les outils mis à disposition. L’après-midi sera consacré à la Legal Pitch Party - les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 3 juin - et la remise de quatre prix. Et parce que la confraternité est une valeur importante de notre profession, cette journée se tiendra au sein de la Maison des avocats. Elle se terminera par une soirée festive, dans le respect des normes sanitaires.

Est-ce que cette crise a fait évoluer le rapport des avocats aux outils numériques ?
Camille Merlet : Il y avait déjà une prise de conscience, mais elle a été renforcée ces derniers mois. De nombreux confrères se sont sentis isolés et ont utilisé des outils numériques afin de rester en contact ou simplement pour continuer à travailler et échanger avec leurs clients. Beaucoup ont constaté que ces outils permettaient un exercice plus fluide. Cette crise nous a aussi poussés à développer de nouvelles solutions et des cadres de travail différents. Par exemple, on a constaté la création d’un GIE (Groupement d'intérêt économique) entre plusieurs confrères, afin de mutualiser leur mode d’exercice.
Marie-Caroline Bernard : Nous nous sommes également aperçus, en regardant les mouvements au tableau de l’ordre, que de plus en plus de nos confrères se déclarent en structure d’exercice et non en individuel, par un BNC (bénéfice non commercial) traditionnel. Cela démontre bien une évolution de nos pratiques.
Jean-Raphaël Fernandez : Il est important de rappeler deux réalités : le premier objectif d’un avocat est la satisfaction de son client et leur typologie évolue, avec une demande plus importante d’échanges numériques. Deuxièmement, la profession évolue tout en restant fidèle à ses valeurs, à travers les notions de confidentialité et de la sécurité des données, notamment. Nous restons des acteurs à part dans un marché du droit qui se marchandise de plus en plus.

La journée sera aussi l’occasion de remettre en avant le partenariat avec Kedge. En quoi consiste-t-il ?
Jean-Raphaël Fernandez : Nous lançons avec Kedge un cycle de formations sur trois thèmes : la communication autour du marketing, du social selling et de la relation client ; la gestion RH et l’élaboration d’un business plan pour cabinet d’avocat.
Shirley Leturcq : Il nous est apparu important, dans le cadre de la crise sanitaire qui fragilise les cabinets, de relancer des formation continues. Elles seront dispensées en fin de semaine avec une douzaine d’avocats. Les tarifs seront négociés. La profession est en demande de ce type de formation : on ne nous a pas appris à être des entrepreneurs, mais des juristes.

On parle de l’évolution de la profession, mais où en est le barreau dans ses usages des nouvelles technologies ?
Shirley Leturcq : Pendant les différents confinements, ces nouvelles technologies ont permis au barreau de faire vivre à minima la confraternité. Plusieurs confrères se sont mobilisés afin d’organiser des webinaires par exemple.
Camille Merlet : Le site internet du barreau a fortement évolué et toutes les informations dont ont besoin nos confrères y sont, via notamment leur accès personnalisé.
Jean-Raphaël Fernandez : Le barreau dispose d’outils de bon niveau et va continuer à les faire évoluer. Au-delà de notre site, nous sommes présents sur les réseaux sociaux. Une salle vidéo a été installée au sein de la Maison des avocats. 

La rentrée du barreau aura-t-elle lieu ?
Jean-Raphaël Fernandez : Notre profession est basée sur la confraternité et de tels évènements sont importants. Mais le barreau de Marseille représente 2 700 avocats et il nous était difficile de réunir un maximum de confrères en respectant les gestes barrières. Nous avons donc pris la décision de la reporter à l’année prochaine. Par contre, le barreau soutient en septembre prochain la Juris’Cup, qui reste un évènement majeur pour notre profession.

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