AccueilEconomieLe technopôle de l’Arbois, nid à solutions énergétiques des TPE/PME

Le technopôle de l’Arbois, nid à solutions énergétiques des TPE/PME

A l’heure où chaque entreprise cherche comment limiter sa consommation d'énergétique, le technopôle Arbois-Méditerranée joue un rôle de vivier de technologies potentielles, via sa pépinière Cleantech. Explications de son directeur, Frédéric Guilleux.
Derrière les bâtiments du technopôle de l'Arbois, les entreprises peuvent dénicher des partenaires potentiels pour résoudre leurs problématiques environnementales ou énergétiques.
J.-C. Barla - Derrière les bâtiments du technopôle de l'Arbois, les entreprises peuvent dénicher des partenaires potentiels pour résoudre leurs problématiques environnementales ou énergétiques.

Economie Publié le ,

frederic-guilleux-arbois
Frédéric Guilleux, directeur du
Technopôle de l’Environnement
Arbois-Méditerranée

C’est le casse-tête des dirigeants d’entreprises ou des responsables de collectivités publiques en cette fin 2022 : comment dénicher des sources d’économie pour réduire la facture énergétique ? Des pistes pourraient être exploitables à proximité… Le 6 décembre, le Technopôle de l’Environnement Arbois-Méditerranée, à Aix-en-Provence, tirait le bilan d’une année marquée par une conjoncture bien secouée. Chacune de ses filières privilégiées recouvre des problématiques actuelles : énergies renouvelables, construction durable et efficacité énergétique, biodiversité/agriculture/alimentation, mobilité, gestion des risques, chimie verte et nouveaux matériaux, eau/air/sol/déchets ou technologies vertes. Les investisseurs d’ailleurs ne s’y trompent pas puisque leurs engagements "cleantech" sont passés de 1,2 milliard d’euros en 2020 à 2,2 milliards d’euros en 2021 et qu’ils pourraient atteindre, selon France Invest, les 5 milliards d’euros en 2030.

Pour le directeur de ce technopôle et de la pépinière d’entreprises, Frédéric Guilleux, « il y a définitivement plus de fonds disponibles pour des technologies destinées à contribuer à sauver la planète et une armada de dispositifs publics d’aides (France 2030, Investissements d’avenir…) qui ont été améliorés et peuvent retarder la nécessité de lever des fonds. Nous notons un mouvement intéressant sur tout ce qui concerne le développement de solutions visant à pallier l’explosion des coûts des énergies fossiles, comme Hysilabs, dans le transport d’hydrogène, ou NepTech et son bateau à hydrogène, mais pas seulement. Par exemple, Acwa Robotics, l’une des sociétés primées au CES 2023 de Las Vegas, a mis au point un robot de détection des fuites et des ruptures de canalisation haute pression. Après l’été qu’on a vécu, la préservation de l’eau potable s’impose aussi comme un enjeu. Entent propose de récupérer et de valoriser en électricité de la chaleur fatale dès 50 degrés, une voie attrayante pour un industriel. Muance intervient dans l’écoconstruction modulaire. Et SP3H avec sa technologie démontre qu'en réduisant de 85 % les émissions des CO2 des moteurs, que les véhicules thermiques ont peut-être encore des arguments à opposer aux problématiques des voitures électriques ».

Actionner les leviers appropriés

Le Technopôle (75 hectares, 42 300 m2 de surfaces bâties) agit sur plusieurs leviers pour assurer sa mission : l’aide aux entreprises (R&D, transfert de technologies, conseil…), l’animation, la commercialisation et la gestion de locaux… L’accumulation, ces dernières années, de prix "innovation" au CES de Las Vegas ou en France (20 start-ups de la pépinière sont identifiées "à impact" pour le développement durable par Bpifrance et France Digitale), la réussite de jeunes pousses cultivées sur place comme Ombréa, Morphée, Solable, engendrent une dynamique d’attractivité pour des projets écologiques.

En 2022, le Technopôle a enregistré 52 demandes d’implantation, 14 se sont concrétisées, 5 autres sont en cours, et 40 % des dossiers proviennent de l’extérieur de la région, France ou étranger. Parmi ces arrivées, BlueTwin dans l’éolien flottant, Biomitech dans la purification de l’air grâce aux microalgues ou Prométhée (nanosatellites)… « Ces entrepreneurs savent qu’ils s’inscrivent dans un environnement porteur et qu’ils peuvent accéder aux ressources des laboratoires ou équipements de recherche et de prototypage du Technopôle pour peaufiner leurs technologies, poursuit Frédéric Guilleux. La difficulté pour les start-up, ensuite, est de trouver l’industriel prêt à opter pour ces ruptures technologiques. Le contexte actuel qui rend les énergies fossiles moins rentables et le dispositif des certificats d’économies d’énergie peuvent accélérer ce passage ».

Morphée : « Nous ne sommes qu’au début de notre aventure internationale »

Des collectivités plus à l’écoute

L’évolution est notable également dans les modalités d’action publique, auparavant peu ouvertes à des innovations dans les appels d’offres. Le gouvernement a pérennisé fin 2021 le dispositif "chats innovants" qui permet à des acheteurs publics de passer, sans publicité, ni mise en concurrence préalable, des marchés de travaux, fournitures ou services innovants de moins de 100 000 euros HT. « La Métropole Aix-Marseille Provence lui a dédié un budget et des entreprises comme Chargepoly (systèmes de recharge électrique), Birds for Change (machine qui incite les oiseaux à ramasser et rapporter des petits déchets en échange de nourriture) ou Cearitis (biocontrôle pour protéger les cultures des ravageurs) en ont bénéficié. En leur faisant confiance, la collectivité leur offre une vitrine de leur solution qui peut, si l’impact est positif, aider à convaincre d’autres villes de s’en doter. Aix-en-Provence fait rouler, par exemple, des véhicules de la police municipale avec des capteurs conçus par Green Systems Automotives pour réduire l’empreinte écologique de leur circulation ».

Chargepoly : « A Vivatech, nous serons prêts à échanger avec des donneurs d’ordre »

Cette volonté souffre cependant d’un handicap aux yeux d’une start-up, selon Frédéric Guilleux :

« Entre le moment où le besoin de la collectivité émerge et celui où elle attribue son marché, il peut s’écouler deux ans. On n’est pas sur les mêmes délais qu’avec un industriel qui peut acheter directement le produit ou l’intégrer comme une brique technologique dans son offre ».

Et si le potentiel acheteur peut être un accélérateur, il doit bien évaluer le rythme de progression de son jeune partenaire. « Il faut parfois être patient, compte tenu du temps de maturation nécessaire à des start-up pour passer du cap de l’idée au prototypage, puis à l’industrialisation et à l’accès au marché. Il peut durer trois à dix ans, selon la complexité des projets… », rappelle Frédéric Guilleux, néanmoins convaincu qu’un intérêt commun reste possible à établir.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 03 février 2023

Journal du03 février 2023

Journal du 27 janvier 2023

Journal du27 janvier 2023

Journal du 20 janvier 2023

Journal du20 janvier 2023

Journal du 13 janvier 2023

Journal du13 janvier 2023

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?