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Le siège de La Provence bientôt dans le giron d’Altarea Cogedim ?

Constructa ayant jeté l’éponge, le siège de La Provence pourrait bientôt passer dans le giron d’Altarea Cogedim. Une transaction à 38 millions d’euros et une sacrée bouffée d’oxygène pour le titre du groupe Bernard Tapie.
Le siège de La Provence bientôt dans le giron d’Altarea Cogedim ?
R. Poulain - Le deuxième groupe immobilier français a mis sur la table une offre inespérée pour le groupe Bernard Tapie : 38 millions d’euros.

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Coup de théâtre dans le projet de cession du siège du journal La Provence. Alors que le 28 janvier 2021 le PDG du quotidien propriété du groupe Bernard Tapie (GBT), Jean-Christophe Serfati, avait annoncé aux salariés lors d’une réunion du comité social et économique (CSE) avoir paraphé un compromis, sans clause suspensive, avec le groupe Constructa pour lui céder le site qui accueille à la fois les bureaux du quotidien, l’imprimerie et des locaux de stockage (22 901 m2 au total) avenue Roger Salengro (14e arr de Marseille), au cœur de l’extension d’Euroméditerranée, la procédure est tombée à l’eau. Le groupe présidé par Jean-Baptiste Pietri qui souhaitait s’adosser à un partenaire breton a jeté l’éponge, renonçant à injecter 35 millions d’euros dans l’achat des murs du quotidien provençal. Un coup dur pour GBT qui a un besoin urgent de cash après une année 2020 marquée par une chute de 20% de son chiffre d’affaires tombé de 62 millions (2019) à 49,5 millions d’euros (2020). Un gadin qui a fait plonger son résultat net dans le rouge pour la troisième année consécutive (- 9,28 M€ en 2020 après - 0,7 M€ en 2018 et - 2,9 M€ en 2019).

Pour ne pas voir sa trésorerie sombrer en négatif en 2021, GBT tablait sur le produit de la cession du siège, avec l’encaissement programmé d’un premier acompte de 5 millions d’euros dès le mois d’octobre de la part du groupe Constructa. Un échéancier finalement rendu caduc par les doutes de l’acquéreur quant à la constructibilité du site : 70.000 mètres carrés selon les estimations conformes au PLU de 2017.

Altarea Cogedim en sauveur

Faute d’argent frais, Jean-Christophe Serfati s’est remis en quête d’un acheteur, sondant les majors du secteur de la promotion immobilière (Bouygues, Eiffage et Nexity). Des poids lourds qui, pour certains d’entre eux (Eiffage et Nexity) avaient effectué un premier tour de piste auprès de GBT en 2017, évaluant les murs du journal marseillais avec des montants allant de 32,2 à 38,5 millions d’euros.

Alors que Nexity semblait tenir la corde dans ce nouveau round de négociations, un nouveau venu est entré dans la course, coiffant les autres candidats sur le fil. Selon nos informations, mi-septembre, Jean-Christophe Serfati s’est mis d’accord avec Altarea Cogedim. Le deuxième groupe immobilier français a mis sur la table une offre inespérée pour GBT : 38 millions d’euros. Un chiffre correspondant à la fourchette haute des estimations de 2017 assorti d’un acompte de 12 millions payable dès cet automne. Soit une sacrée bouffée d’oxygène pour le propriétaire de La Provence. Avec en prime un cadeau de Bercy : cet apport d’argent frais sera largement défiscalisé, le titre disposant d’importants déficits d’imposition reportables du fait des pertes enregistrées depuis plusieurs années (- 20,8 M€). Le solde de 26 millions d’euros sera réglé lorsque le journal quittera les locaux qui regroupent la rédaction et les rotatives, début 2024. Dans l’intervalle, le journal devrait rester locataire des locaux qu’il occupe depuis 1974, lorsqu’il était entre les mains de Gaston Defferre*.

Une partie du produit de la cession doit être réinjectée dans la construction d’une nouvelle imprimerie au Cannet-des-Maures, dans le centre Var. Cette unité serait développée en commun avec Nice Matin, le titre azuréen repris par l'homme d'affaires Xavier Niel et sa holding NJJ. La réalisation de cet équipement soulève toutefois des interrogations : qui sera l’employeur des techniciens chargés de faire tourner les rotatives des deux titres ?

Un nouveau siège en 2024

A terme, la rédaction de La Provence devrait être relogée dans un bâtiment neuf réalisé a priori par Cogedim à proximité de son siège actuel de l’avenue Salengro. Un écrin tertiaire de quelque 5 000 à 7 000 m2 avec toutes les commodités et un parking pour les salariés. Un nouveau siège que le quotidien louerait à un tarif proche du montant des charges (entretien, taxes) de sa maison historique de Salengro : autour de 1 million d’euros par an.

Rappelons qu’au printemps 2017, le groupe GBT avait mandaté un courtier - Colliers International - pour préparer la cession du site du « Centre méditerranéen de presse » qui accueille à la fois les bureaux du journal, l’imprimerie et des locaux de stockage, à un jet de pierre de la station de métro Bougainville. Les trois propositions atteignaient des montants particulièrement élevés pour une surface constructible estimée à 70 000 mètres carrés. La plus basse émanait de Nexity qui valorisait l’immobilier de La Provence à 32,2 millions d’euros HT et la mieux disante de Primosud (groupe Nexity) qui proposait de son côté 38,5 millions d’euros. Troisième interlocuteur consulté, Eiffage se disait prêt à investir 34 millions d’euros.

* Le journal s’appelait à l’époque Le Provençal et partageait ses locaux de l’avenue Salengro avec Le Méridional. Une cohabitation qui a disparu en 1997 avec la fusion des deux titres sous l’égide du groupe Lagardère, alors propriétaire des deux quotidiens.

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