AccueilEconomieLe port de Marseille-Fos redore ses couleurs face aux crises

Le port de Marseille-Fos redore ses couleurs face aux crises

Présenté ce 24 janvier, le bilan du Grand port maritime de Marseille s’affiche à la hausse en termes de trafic et de chiffre d’affaires. Et ses projets sont nombreux pour maintenir le rythme en 2023.
Après une bonne année 2022, les perspectives du port de Marseille-Fos s’annoncent encore favorables aux yeux de Christophe Castaner et Hervé Martel.
J.-C. Barla - Après une bonne année 2022, les perspectives du port de Marseille-Fos s’annoncent encore favorables aux yeux de Christophe Castaner et Hervé Martel.

Economie Publié le ,

« Malgré les crises traversées, nos résultats sont bons puisque nous dépassons les niveaux de 2019 sur quasiment tous les trafics, à l’exception de la sidérurgie. Le port démontre sa capacité à tracer sa route dans un environnement chahuté », se félicite Hervé Martel, président du directoire du Grand port maritime de Marseille (GPMM). Il procédait ce 24 janvier à l’exposé des résultats de 2022, dans l’enceinte du Silo, en compagnie de Christophe Castaner, président du conseil de surveillance, qui ne dissimulait pas non plus son plaisir à démarrer son mandat sur des perspectives positives.

Le trafic global s’est élevé à 77 millions de tonnes, avec quelques records, sur le gaz naturel liquéfié (8,5 millions de tonnes, soit 2,5 millions de tonnes de plus qu’en 2021) et sur les conteneurs (1,53 million d’EVP [Équivalent Vingt Pieds, NDLR], soit 3 % de hausse). Le chiffre d’affaires bondit, lui, de 16 %, à 190 millions d’euros. « Je découvre un écosystème qui porte beaucoup d’énergie, confie l’ancien ministre. Ce port est souvent à l’avant-garde des transitions, comme il le démontre dans l’électrification des navires à quai ou en faisant face à la rupture des relations avec la Russie par ses approvisionnements en GNL. C’est une force dans la compétition mondiale ». Un atout qui semble repéré par nombre d’investisseurs internationaux puisqu’une trentaine de projets serait recensée, à l’étude ou dans les tuyaux, pour plus de 6 milliards d’euros dont 5 milliards d’euros sur fonds privés.

« Près de 6 500 emplois viendraient s’ajouter dans les dix ans aux 41 500 liés à la communauté portuaire », souligne Christophe Castaner.

Les premiers pas de Christophe Castaner au port de Marseille

Satisfactions multiples

En 2022, les marchandises diverses ont représenté 21 millions de tonnes, les vracs liquides 45 millions de tonnes et les vracs solides 11 millions de tonnes. Parmi les satisfactions, Hervé Martel souligne le nombre de "boîtes" transportées en train (230 000) qui acte l’évolution favorable du report modal au détriment de la route (qui détient encore près de 80 % du marché), le nombre de remorques "exceptionnellement élevé" de 240 000 unités sur la Corse et le Maghreb (+ 7 %) et la progression de 17 % du trafic de voitures neuves, à 241 000 unités. Sur les vracs liquides, le saut de 43 % de GNL atteste de la capacité des terminaux de Fos-Cavaou et Fos-Tonkin à s’adapter à la demande.

La crise énergétique a mis à mal les flux de matériaux sidérurgiques, notamment en raison des décisions d’ArcelorMittal, mais une hausse de 12 % est notée sur le charbon. La réparation navale a progressé de 12 % côté navires à flot (114 traités) mais a baissé de 6 % côté cales sèches (81 navires). Quant aux passagers, 3 millions ont transité par le port, soit le double de 2021. Un peu plus de la moitié a emprunté des ferries vers la Corse et le Maghreb, le reste des navires de croisière lors des 573 escales enregistrées dont 74 par des paquebots propulsés au GNL. Le niveau de 2019 reste encore loin, avec 400 000 croisiéristes de moins

La stratégie de Christophe Castaner pour le port de Marseille Fos

Se projeter à 2030 pour le Port de Marseille-Fos

Les investissements ont atteint 60 millions d’euros en 2022 à raison de 25 millions d’euros en maintien et améliorations d’infrastructures et 35 millions d’euros en projets de développement sur l’électrification des quais, le terminal de Cap Janet pour le Maghreb, l’aménagement d’espaces dédiés à l’éolien offshore, la logistique ou l’expansion du réseau ferré. Ils vont passer à 80 millions d’euros en 2023.

« Nous allons dégager 550 hectares pour les projets industriels et logistiques à Fos à l’horizon 2030 », annonce Hervé Martel qui a néanmoins intégré 1 800 hectares supplémentaires aux 2 500 hectares d’espaces naturels déjà préservés.

Parmi les axes privilégiés : le conteneur et la logistique (avec Distriport 2), l’énergie verte pour l’accueil de projets dans l’hydrogène vert, la chimie verte, les biocarburants, l’éolien, le solaire, l’implantation d’industries favorisant l’économie circulaire et enfin, le transport massifié en pré et post-acheminement. « Nous voulons investir massivement sur la multimodalité », promet Christophe Castaner. A Marseille, le GPMM prévoit d’avancer en 2023 sur le projet de gare maritime pour les croisières haut de gamme sur le J4, avec la mise en place de la concertation, et sur le projet du "Grand Estaque", des plages de Corbières au port de Saumaty, qui devrait déboucher, après l’étude menée par l’Agam, sur une proposition de schéma d’aménagement avant la fin 2023.

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