AccueilEconomieLe monde économique veut co-construire avec les élus la Métropole Aix-Marseille Provence de 2030

Le monde économique veut co-construire avec les élus la Métropole Aix-Marseille Provence de 2030

A travers le rapport de l'Institut Montaigne, réalisé en collaboration avec le cabinet Stan, la CCI Aix-Marseille Provence, l'UPE 13 et le Club Top 20 rappellent aux élus qu'ils entendent participer activement à la construction de la Métropole Aix-Marseille Provence.
Le monde économique veut co-construire avec les élus la Métropole Aix-Marseille Provence de 2030
F. Delmonte - Le monde économique entend participer à la co-construction de la métropole Aix-Marseille Provence en faisant des propositions via le rapport de l'Institut Montaigne.

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Avec « Construire la métropole Aix-Marseille Provence de 2030 », le monde économique provençal s'invite, une nouvelle fois, dans le chantier de la métropole. Fruit d'un an de consultations menées par l'Institut Montaigne avec l'aide de Stan, un cabinet marseillais d'influence, et l'appui du Club Top 20, de la CCI Aix-Marseille Provence et de l'UPE 13, ce rapport de 160 pages a été rendu public le 26 novembre.

Il dresse un constat connu et souvent inquiétant de la situation métropolitaine, notamment au sujet du poids de la dette, de la faiblesse des investissements ou de la situation catastrophique des écoles marseillaises. Il se veut aussi optimiste et identifie « dix défis structurants ». Enfin, il détaille quarante propositions à mettre en place.

« Ne plus perdre de temps »

Rien de bien neuf après les travaux de la mission Théry, le rapport de l'économiste Christian Saint-Etienne, ou le Schéma de développement économique de la métropole... sans oublier les diverses analyses du territoire de l'Agam, l'agence d'urbanisme de l'agglomération marseillaise, ou encore les propositions portées par le monde économique lors des dernières municipales… Cependant, « il ne s'agit pas d'un constat de plus » ou d'un regard parisien sur Marseille, affirme Baptiste Larseneur, qui représente l'Institut Montaigne. Car ce nouveau rapport va plus loin que le simple en audit, en formulant des propositions. L'ampleur de la démarche - un an de travail, une centaine d'acteurs économiques, sociaux et culturels du territoire interrogés - est aussi inédite, souligne Katia Fiorentino qui a suivi les réunions pour Stan. « Au-delà du constat partagé, il nous a semblé important de regarder les initiatives locales qui marchent, sur le territoire et ailleurs, pour proposer des solutions réalistes et adaptées aux enjeux locaux », ajoute Baptiste Larseneur.

« Beaucoup de choses ont été écrites sur cette métropole, reconnaît Philippe Korcia, le président de l'UPE 13. Mais entre temps, on a eu la crise de la Covid-19. On ne peut plus faire autrement que de jouer collectif. Cette métropole a des atouts à renforcer et on ne doit plus prendre de retard si on veut continuer à exister dans la compétition internationale. »

« Pas donner de leçon »

Ce travail est une façon de reprendre le dialogue avec les élus métropolitains et les représentants de l'Etat. Il a été un peu perdu après les municipales, voire s'est tendu si on se rappelle quelques piques échangées entre la maire d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains, et le président de l'UPE 13 au sujet de la « métropole des ronds-points ». En effet, la vision portée par la nouvelle gouvernance de la métropole, celle « des communes », n'est pas celle « des grands projets » imaginée par le patronat. Autre regret des entrepreneurs : le comité de gouvernance économique de la métropole, où siègent notamment la CCI, l'UPE 13, le Grand port maritime de Marseille ou la CPME 13 ne s'est pas suffisamment réuni.

Ce rapport arrive donc au bon moment pour le monde économique qui entend « être utile ». « Notre objectif était que nos propositions servent aux élus. On participe tout simplement à la vie métropolitaine et à la construction de cette métropole qui est jeune et il est intéressant d'additionner les points de vue », témoigne Jean-Daniel Beurnier. « On ne voulait en aucun cas donner de leçon », ajoute le fondateur d'Avenir Telecom. Et puis les « entreprises contribuent directement aux recettes publiques et attendent en retour des services en adéquation avec leurs besoins et ceux de leurs salariés », souligne Jean-Luc Chauvin, le président de la CCI Aix-Marseille Provence.

Un pacte de confiance

Pour éviter qu'il ne prenne la poussière dans une armoire de la métropole, les acteurs économiques ont commencé un intense travail de lobbying. Le document a été présenté à la présidente de la collectivité, Martine Vassal, et au président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier. Il le sera la semaine prochaine au préfet et à Maryse Joissains. Une invitation a été lancée à la maire de Marseille, Michèle Rubirola. Au sein de l'UPE 13, Didier Moaté, le vice-président en charge de la métropole va assurer un suivi particulier.

« Ce rapport doit être compris comme une invitation à décloisonner les mondes, à faire bouger les lignes et à jouer collectif. C'est ainsi que tous ensemble nous franchirons ce saut quantique pour faire fructifier nos atouts et nous inscrire durablement dans la compétition internationale », plaide Jean-Luc Chauvin. Et le président de la CCI d'appeler à « un pacte de confiance avec les élus, les acteurs économiques du territoire, les bailleurs de fonds internationaux et tous les talents qui regorgent ici ».

Les patrons entendent aussi interpeller l'Etat qui, pour l'instant, selon eux, n'a pas complètement rempli son rôle d'investisseur sur le territoire. « On a vu que l'Etat pouvait déployer des moyens extraordinaires pour répondre à la crise de la Covid-19, note Philippe Korcia. Il faut qu'il mette des moyens à la hauteur des enjeux de notre métropole, la troisième de France, la porte de la France sur l'Afrique. »

Lire notre article complet sur les propositions formulées dans le rapport de l'Institut Montaigne dans le n°10 133 des Nouvelles Publications, à paraître le 4 décembre. Cliquez ici pour plus d'informations sur nos offres d'abonnement, à partir de 55 € / an.

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