AccueilEconomieLe marché immobilier maintient le cap, mais jusqu’à quand ?

Le marché immobilier maintient le cap, mais jusqu’à quand ?

Les Français aiment la pierre, valeur refuge. Mais l’inflation, la hausse des taux d’intérêt, le contexte mondial et l’augmentation du coût des matériaux impactent le marché. Décryptage de la chambre des notaires des Bouches-du-Rhône.
Gisèle Laveissière, présidente de la Chambre départementale des notaires des Bouches-du-Rhône.
Robert Poulain - Gisèle Laveissière, présidente de la Chambre départementale des notaires des Bouches-du-Rhône.

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Rendez-vous incontournable de la rentrée, la Chambre départementale des notaires des Bouches-du-Rhône a dressé le 6 septembre un décryptage du marché immobilier du département. Des chiffres réels et incontestables issus des statistiques Perval, la base de données de la profession. Il en ressort que sur la période de juillet 2021 à juin 2022, le volume des ventes est resté identique à celui de la période post-covid qui avait connu un essor inattendu. « Le logement reste au cœur de tout, du pouvoir d’achat, de l’accès à l’emploi, et à l’éducation », note Gisèle Laveissière, présidente de la Chambre départementale des notaires des Bouches-du-Rhône.

Le marché immobilier dans le département se porte toujours bien. Les prix de ventes des appartements dans l’ancien connaissent une évolution de 6,8 %, quant aux maisons anciennes, les prix ont augmenté de près de 11 %.

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Le centre-ville de Marseille attire

A la question « Y a-t-il encore un intérêt à acheter à Marseille, dans l’ancien ? », la réponse est oui. « Même si le marché se resserre, il reste compétitif », résume Pierre-Armand Samama, notaire à Marseille. Pour les appartements, le prix médian à Marseille se fixe à 2 880 € (+ 8,8 %). A noter que les investisseurs se tournent davantage vers le concept d’immeuble entier au lieu de se concentrer sur un petit produit dont la rentabilité s’amenuise d’année en année.

Au niveau des arrondissements, les plus grosses progressions sont le 1er (+ 13,3 % à 2 880 €), le 3e (+ 17,2 % à 1 770 €) et le 7e (12,8 % à 4 350 €). « A noter la spectaculaire augmentation du quartier de l’Opéra, de ceux de l’hôtel de ville et de la gare Saint-Charles qui montrent que les Marseillais apprennent à réinvestir le centre-ville. » Enfin, la fracture Nord/Sud se poursuit.

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Pour les maisons anciennes, les notaires constatent une nette contraction de l’offre. Surtout les 4 pièces qui sont les plus recherchés (32 % du volume). Le prix médian se situe aux alentours des 385 000 €. « On se rapproche d’Aubagne (410 000 €) mais on reste loin, très loin d’Aix (640 000 €) », précise Pierre-Armand Samama.

Pierre-Armand Samama
Me Pierre-Armand Samama, notaire à Marseille. (Crédit : Robert Poulain)

Match Sausset/Cassis

Les bassins d’Aix-en-Provence et d’Aubagne présentent certaines similitudes : « Nous constatons pour ces deux villes importantes un ralentissement de la hausse des prix de l’immobilier, due à une contraction de l’offre de logement et à l’insuffisance de logements neufs. Mais aussi à cause des niveaux de prix qui commencent à faire réfléchir les acquéreurs, précise Anthony Minacori, notaire à Gardanne. En revanche, les villes situées en périphéries d’Aix-en-Provence et Aubagne, un temps moins prisées des acquéreurs, rattrapent leur retard, surtout en ce qui concerne les maisons individuelles. »

Il a également été question, durant ce décryptage, du match Sausset/Cassis. « Le prix au mètre carré médian des appartements anciens ne fait que se resserrer un peu plus : 6 450 € pour Sausset contre 6 460 € pour Cassis. Je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour cette fois peut-être assister au revirement ! », annonce Laurence Leroy, notaire à Martigues. Pour le bassin ouest et celui de Salon-de-Provence, les prix restent élevés, « mais la baisse du volume des ventes semble annoncer la fin de l’euphorie post-covid », prévient Nicolas Milan, notaire à Saint-Rémy-de-Provence.

Du côté du marché du neuf, Lorrena Bottari-Depieds, notaire à Marseille, est clair sur le sujet : « C’est un véritable coup de frein. Dans les Bouches-du-Rhône, on enregistre une baisse de 7,7 %. » A noter également le recul des ventes en bloc réalisées au profit de clients institutionnels. La promotion immobilière est confrontée à une crise conjoncturelle depuis plusieurs années : chute spectaculaire de la délivrance des permis de construire et baisse importante de l’offre nouvelle. La conséquence est sans appel : les prix augmentent.

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