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parole d'expert Le juriste/avocat en 2020 : un partenaire de l'entreprise

le - - Droit et Chiffre

Le juriste/avocat en 2020 : un partenaire de l'entreprise
D.R. - Arthur Bombard, Docteur d'Etat en droit Département Droit des sociétés

Si l'on en croit l'agence Thomson Reuters dans son rapport sur le marché du droit en 2018*, l'environnement économique dans lequel évoluent les cabinets d'avocats fait plus que jamais face à d'importants défis.

Quatre facteurs principaux y sont notamment pointés du doigt : une demande de conseils et de prestations juridiques sans croissance, des marges en baisse, des clients moins fidèles, et la perte de parts de marché face à des prestataires de services juridiques alternatifs. A cela s'ajoute enfin une concurrence importante entre les cabinets de toutes tailles.

Autre sujet de questionnement : celle de la révolution technologique et numérique, à l'heure de l'intelligence artificielle, de la blockchain et de l'automatisation des productions intellectuelles, quelle place pour le conseil juridique ?

L'ensemble de ces facteurs semble en réalité pointer du doigt le problème de la « marchandisation » du conseil et de la prestation de services juridiques.

Plus que jamais, à l'instar de l'ensemble des industries, le conseil juridique se confronte à des clients qui sont plus informés, ont accès à des propositions de services quasi illimitées et qui peuvent, en un clic, comparer les prix, lire des avis, faire leur choix et même, parfois, obtenir un conseil payé en ligne.

Face à cette situation, le juriste n'a que deux options, l'une mauvaise et l'autre bonne. La première consiste à engager une course à la baisse des prix avec la concurrence, ce qui constitue la mauvaise option. La seconde est de concentrer les efforts du cabinet sur la délivrance d'une valeur ajoutée précieuse pour le client. C'est cette seconde approche qui est la bonne : offrir une expérience client exemplaire et unique.

Ainsi, si depuis longtemps « connaître le droit » et posséder une expertise juridique certaine était le seul élément important pour le conseil juridique, les choses ont aujourd'hui évolué.

Le juriste du futur, et même d'aujourd'hui, doit s'orienter vers des compétences « augmentées » de nombreux « soft skills »*** et notamment : la compréhension des nouvelles technologies et de leur impact sur le monde juridique et le conseil (la blockchain, les smart contracts****, la réalité virtuelle et augmentée, la cybersécurité etc.), le management de process et de projet, une compréhension globale de la stratégie d'entreprise, le management client, la collaboration, la vente et le marketing, une connaissance culturelle actuelle et étendue, et surtout une intelligence humaine doublée de ce que les Américains nomment les « people skills » (qualités relationnelles).

Le juriste, le conseiller privilégié de l'entrepreneur

L'intelligence humaine ou émotionnelle est trop souvent écartée comme habilité juridique essentielle. Pourtant, un juriste muni d'un bon intellect et d'une grande intelligence humaine mènera toujours une activité florissante peu importe l'importance grandissante de la technologie et de l'automatisation.

Le juriste de demain, à l'instar des médecins devenus des prestataires de services médicaux, doivent en revenir à être le conseiller privilégié de l'entrepreneur.

Il devra interpréter l'information et faire usage de son expérience pour aider et accompagner son client dans l'ensemble de ses projets et défis, le tout toujours via une expérience client irréprochable.

En un sens, s'opère une forme de retour aux sources, le juriste devant se focaliser sur son cœur de métier et sur sa valeur ajoutée tandis que la technologie, les process et les autres professionnels le libèrent des contraintes annexes.

Une telle orientation sert au mieux les intérêts des clients même si son impact peut être plus difficile à gérer pour les juristes en milieu de carrière se tenant à la croisée des chemins entre deux modèles de délivrance de conseil et de prestations juridiques.

Dorénavant, la pratique juridique se centre autour des clients selon un modèle accessible 7/24/365, inséré au cœur des nouvelles technologies, disposant de process efficients, agile, « cost-effective » (rentable) et collaboratif. Une forme d'âge d'or pour le juriste à l'âme d'entrepreneur.

La délivrance de conseils et de prestations juridiques se fait donc selon de nouveaux modèles et de nombreux « services » se muent en « produits » (notamment dans des domaines comme la compliance ou le droit des contrats).

Il ne s'agit plus d'un modèle hiérarchique et vertical dont l'économie n'est pas alignée avec les intérêts des clients.

Il s'agit maintenant d'un marché mondial où l'avocat et le juriste du futur peuvent collaborer, créer et offrir de nouveaux produits et services et, peut-être, créer une nouvelle forme de demande de conseil et d'accompagnement juridique.

Les choses sont d'autant plus encourageantes que dans notre écosystème, grâce notamment à Aix-Marseille French Tech et au barreau de Marseille, l'heure est au développement de ces nouvelles idées et pratiques de marché, comme le titrait ce journal le 6 juillet dernier : « L'Avocat 3.0 incubé à Marseille ».

* 2018 Report on the State of the Legal Market, Thomson Reuters.
** Une blockchain ou chaîne de blocs, est une technologie de stockage et de transmission d'informations sans organe de contrôle.
*** Littéralement compétences douces, les soft skills désignent les compétences comportementales.
**** Les smart contracts sont des contrats qui s'appuient sur la technologie Blockchain pour rendre infalsifiables leurs termes et les conditions de leurs exécutions.

Arthur Bombard
PHD (LAW)
Docteur d'Etat en droit Département Droit des sociétés




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