AccueilEconomieLe Grand Port Maritime de Marseille tient le cap dans l’incertitude du monde

Le Grand Port Maritime de Marseille tient le cap dans l’incertitude du monde

Hervé Martel, président du GPMM, a dévoilé ce 11 juillet le bilan semestriel pour évoquer les impacts des crises successives sur le trafic. Avec 38 millions de tonnes à mi-chemin de l'année, le port trace sa route en tentant de contourner les récifs.
Un 1er semestre plutôt stable pour le Grand Port Maritime de Marseille avec 38 millions de tonnes mais des activités qui restent diversement impactées.
R. Poulain - Un 1er semestre plutôt stable pour le Grand Port Maritime de Marseille avec 38 millions de tonnes mais des activités qui restent diversement impactées.

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« Période complexe », « dérèglement complet du transport maritime mondial », « inflation qui augmente et croissance qui diminue », « saturation de certains ports », « mouvements sociaux »… Dans l’introduction de sa conférence de ce 11 juillet à Marseille, sur le bilan du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) au 1er semestre 2022, Hervé Martel, président du directoire, a inventorié les crises qui, depuis des mois, bouleversent les activités portuaires. Il a également résumé les perspectives en un mot : « Incertitude ».

Le port de Marseille veut imaginer un futur plus durable pour les croisières

Comparées à 2019, certaines progressions confirment un redémarrage mais des inquiétudes persistent sur l’état de la reprise de quelques activités… « Il est compliqué de comprendre où l’on va, mais le port tient la barre », admet Hervé Martel, ravi d’avoir récupéré ponctuellement des trafics initialement destinés à des ports espagnols ou italiens aux terminaux congestionnés…

« Nous avons toujours assuré une continuité de service, sans délai d’attente, avec fluidité. Le bilan est stable par rapport à 2021, avec 38 millions de tonnes à la fin du 1er semestre, mais les activités sont diversement impactées. »

Les passagers de retour à bord

Au rang des satisfactions, les marchandises diverses (11 millions de tonnes), avec une hausse de 5 % par rapport à l’an dernier à la même période. « C’est un million de tonnes en plus, avec une très bonne tenue sur les conteneurs à + 7 % par rapport à 2019, avant la pandémie. Des armateurs ont procédé à des transbordements. Si nous restons sur ce rythme, nous battrons un nouveau record en 2022 sur les conteneurs ».

Le trafic "remorques" croît de 4 % (+ 14 % par rapport à 2019), un chiffre d’autant plus positif qu’il induit moins de camions sur les routes. Sur les produits énergétiques, au cœur de la crise actuelle, le pétrole brut et les produits raffinés baissent (- 18 % sur le pétrole raffiné) et le gaz naturel liquéfié (GNL) compense sensiblement (+ 24 %) : « Nous sommes en moyenne à 5,5 millions de tonnes de GNL par an, nous pourrions être à 6, voire 6,5 en fin d’année », estime le président du GPMM. Le potentiel de regazéification des terminaux de Fos pourrait aller jusqu’à 10 millions de tonnes. « Mais ce serait vraiment le maximum », note Lionel Rivière, directeur de la valorisation du patrimoine et de l’innovation.

Les autres croissances concernent les trafics passagers (890 000), avec 480 000 d’entre eux sur les ferries, soit + 21 % par rapport à 2019. « Nous ferons une très bonne saison sur la Corse », indique le président du GPMM. « Nous sommes déjà à + 11 % par rapport à 2019. Sur le Maghreb, le redémarrage est extrêmement rapide depuis la levée des contraintes, avec + 38 % par rapport à 2019. Quant aux croisières, les jauges ont été levées en mars 2022, mais le nombre de voyageurs reste deux fois inférieur à celui du 1er semestre 2019 avec 410 000 passagers. Il faudra attendre pour voir si les choses changent car les pics de fréquentation des croisières se situent au printemps et à l’automne. A Marseille, nous accueillons des navires plus propres, plus jeunes par rapport à la moyenne de la flotte. Nous travaillons d’arrache-pied sur le branchement électrique à quai à l’horizon 2025, avec un vrai changement de braquet. Nous sommes en avance par rapport aux autres ports en termes d’excellence environnementale », assure-t-il.

Un report modal en « dynamique »

Le segment le plus impacté par les baisses est celui des vracs solides, soit - 8 % à 6 millions de tonnes, en raison notamment de la sidérurgie, les trafics d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer enregistrant une chute de 11 %. Un port qui est directement impacté par les problèmes de disponibilité des matières premières, de hausse du coût de l’énergie et des prix du fret.

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Les vracs liquides restent stables pour leur part à 21 millions de tonnes. Et même si le transport fluvial de conteneurs révèle une baisse au contraire des vracs, colis lourds etc., Hervé Martel se réjouit de la dynamique sur leur transport par voie ferrée et qui permet d’accentuer la part de report modal de la route.

Dans ce paysage contrasté, il reconnaît que « la situation est tellement instable qu’il est difficile d’en tirer une vision globale ». Un nouveau point pourrait donc être effectué dans le courant de l’automne.

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