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Le Grand Port Maritime de Marseille entame sa résilience

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Le Grand Port Maritime de Marseille entame sa résilience
J.-C. Barla - "Le pire est derrière nous. Nous avons évité une catastrophe industrielle ou la faillite d'un armement. Je suis donc optimiste mais prudent", confie Hervé Martel, président du Grand port maritime de Marseille.

« Pragmatisme, agilité, optimisme mais prudence » : Hervé Martel, président du GPMM, s'évertue à maintenir le cap des projets malgré une chute globale des trafics de 15% en six mois.

« Si la situation financière du port avait été la même qu'il y a dix ans, il n'aurait sans doute pas passé la première partie de cette crise. Le pire est derrière nous. Nous avons évité une catastrophe industrielle ou la faillite d'un armement. Je suis donc optimiste mais prudent », confie Hervé Martel, président du Grand port maritime de Marseille (GPMM), à l'occasion du bilan du premier semestre d'activité 2020, ce 9 juillet. Si 2019 avait permis de se rapprocher des 80 millions de tonnes de trafic, de poursuivre l'assainissement des finances et d'engager des investissements majeurs (logistiques, ferroviaires, environnementaux…), 2020 s'annonce d'ores et déjà bien moins enthousiasmante du fait de l'impact du coronavirus sur les échanges internationaux. « Le port est resté opérationnel, la capitainerie s'est réorganisée, les professions du port n'ont connu aucune défaillance, mais l'accueil des navires a chuté de 25 en moyenne par jour à 18. Le trafic global a baissé de 15% entre janvier et juin, avec des situations très contrastées ». Il s'établit à 33,6 millions de tonnes au 30 juin.

Investissements confirmés

Le trafic passagers enregistre la plus forte chute, avec 291 000 passagers, - 59% sur les ferries, - 84% sur les croisières. « Les croisières restent soumises à de grosses incertitudes liées à la levée des restrictions de voyages. On se tient prêt, mais les perspectives redeviendront plutôt favorables en 2021 », explique-t-il. Le trafic conteneurs baisse de 14% en tonnage, 17% en nombre d'EVP. Sur les vracs liquides, gaz naturel liquéfié et biocarburants progressent légèrement (+ 2%). Sur les vracs solides, les échanges de céréales se distinguent par leur dynamique (+ 20%), mais l'arrêt d'un haut-fourneau chez ArcelorMittal à Fos-sur-Mer a provoqué une chute des flux d'acier de l'ordre de 25%.

« On en sort impactés sur le plan financier, avec une anticipation de baisse de 20% de notre chiffre d'affaires qui atteignait près de 170 millions d'euros en 2019. Malgré tout, nous maintenons nos opérations d'investissements, les chantiers ont repris courant mai, mais nous aurons recours à l'emprunt à hauteur de 35 millions d'euros ».

Le GPMM planifie 57 millions d'euros d'investissements sur l'année pour relancer l'économie portuaire (future gare maritime internationale de Cap Janet, terminaux conteneurs, installations ferroviaires, bassin de réparation de yachts de Monaco Marine, infrastructures d'atterrage de câbles sous-marins, connexion électrique des navires à quai…). « Nous allons recevoir deux nouveaux portiques fin juillet » précise-t-il aussi, avouant « sentir un frémissement de reprise » à défaut de réel rebond.

Yeux doux pour la clientèle

Sur le plan commercial, les efforts s'accentuent pour convaincre les clients de refaire confiance au port de Marseille-Fos, après la désastreuse image des blocages liés au conflit sur les retraites. Les droits de port vont être baissés de 30% à 50% selon les secteurs, des pénalités sur les volumes de trafics inférieurs aux objectifs affichés ne seront pas appliquées, des remises sont également accordées pour le stationnement de paquebots sur les postes à quai au-delà de trois semaines. « Ces mesures commerciales représentent 6,5 millions d'euros ».

Si le plan stratégique qui dessinera l'avenir du port sera validé quand la vision s'éclaircira, Hervé Martel assure qu'il n'existe « aucune raison de modifier les orientations ». Le changement de majorité municipale à Marseille pourrait provoquer des débats sur certains projets. Il refuse de s'en inquiéter : « Nous ferons de la pédagogie et espérons un échange constructif. Les aménagements sur la partie portuaire de la ville ne peuvent se faire qu'en bonne intelligence avec la mairie ».




J.-C. Barla
Journaliste

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