AccueilEconomieLe fonds de dotation Compagnie Fruitière vise l’alimentation durable

Le fonds de dotation Compagnie Fruitière vise l’alimentation durable

A l’occasion des 10 ans de son fonds de dotation, la Compagnie Fruitière recentre ses actions à destination des plus démunis et met l’accent sur l'alimentation durable. Explications avec Marie-Pierre Fabre, sa présidente.
Marie-Pierre Fabre, présidente du fonds de dotation Compagnie Fruitière.
Robert Poulain - Marie-Pierre Fabre, présidente du fonds de dotation Compagnie Fruitière.

Economie Publié le , Propos recueillis par Caroline DUPUY

Les Nouvelles Publications : Comment a commencé l’aventure de ce fonds de dotation Compagnie Fruitière ?

Marie-Pierre Fabre : La genèse revient à mon père, Robert Fabre, alors président exécutif de la Compagnie Fruitière (production, transport et la distribution de fruits et légumes) qui était très sensible aux actions humanitaires. Et force est de constater qu’il était bien conseillé, car en 2012, lorsque ce fonds de dotation a été créé, nous étions très peu d'entreprises marseillaises à avoir un tel outil.

Mais il est important de revenir aux années 90 pour comprendre le cheminement de mon père. Nous sommes propriétaires de terres en Afrique. Sur l’une de nos plantations de bananes, au Cameroun, il y avait un dispensaire que nous avons transformé en hôpital Saint-Jean de Malte. Le but étant qu'il soit plus efficace dans les soins accordés à nos collaborateurs puis très vite, à leurs familles ainsi qu’aux habitants des environs. Nous avons renouvelé cette expérience avec la création de l’hôpital Saint-Jean-Baptiste en Côte d’Ivoire. Le fonds de dotation a notamment été créé pour fournir du matériel médical à ces hôpitaux. C’est un outil juridique confortable, facile à mettre en place qui peut recevoir des fonds tiers et qui bénéficie d’une réduction d’impôt.

La Cuisine du 101, une idée originale et solidaire

Pourquoi un tel engagement ?

Nous avons aujourd’hui 22 000 collaborateurs dont 90 % en Afrique. Nous sommes français et nous ne pouvons pas ignorer le gap financier qu’il y avait et qu’il y a toujours entre nous et eux. Nous nous devions d’aider ces populations. Qu’il s’agisse d’accès à l’eau, à l’électricité, à l’éducation, aux transports. On ne peut vivre reclus sur soi-même sans interagir et réagir.

Quelles ont été vos principales missions lors de votre arrivée en 2016 à la tête de ce fonds de dotation ?

Mon père a souhaité me faire entrer dans l’entreprise d’une manière ou d’une autre. J’ai accepté cette mission parce que ma fibre sociale est très développée mais j’ai tenu à rester pharmacienne à mi-temps dans mon officine à Félix Pyat, quartier historique de la Compagnie Fruitière, à Marseille. La Compagnie Fruitière est une entreprise familiale engagée, toute la fratrie est impliquée, c’est notre force.

J’ai donc ouvert le champ des possibilités en intégrant des nouvelles thématiques qui s’ajoutent à la santé. Il s’agit de l’accès à l’éducation, les échanges culturels et l’environnement. Nous agissons sur deux territoires : Marseille et l’Afrique. Nous retenons les projets d’associations suite à un appel d’offres.

batiment-compagnie-fruitiere
La Compagnie Fruitière, à Marseille. (Crédit : Robert Poulain)

Pourquoi revenir sur ce choix aujourd’hui ?

Nous avons beaucoup été sollicités par des associations. Force est de constater que notre champ d’activité est devenu trop vaste. Nous avons travaillé avec un cabinet conseil pour redéfinir notre stratégie, nos axes de développement pour brainstormer le passé et définir nos envies en fonction des enjeux de demain.

Qu'est ce qui est ressorti de ce travail ?

L’accès à l’alimentation est une priorité vitale. Nous nous trouvons ici dans un quartier prioritaire, tout comme ma pharmacie. Les associations tirent la sonnette d'alarme. Entre le covid et les différentes crises de cette année, nous constatons une crise alimentaire à Marseille. Avec des personnes âgées, des étudiants qui doivent parfois choisir entre un plein d’essence et de la viande. Notre objectif est d’agir au travers d'associations pour faire ensemble quelque chose de plus fort. C’est un fond distributif mais nous avons envie d’être proche des porteurs de projets.

Marseille, terre de solidarités

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous avons recentré notre activité sur l'alimentation durable pour l’Homme et l'environnement. Cette nouvelle stratégie s’accompagne également d’une volonté de renforcer l’engagement des collaborateurs du groupe. On part du champ, de la terre, jusque dans l’assiette. Tout est inclus, aussi bien les pratiques agricoles que les habitudes alimentaires respectueuses de la santé.

Nous avons recherché les associations susceptibles de nous intéresser début 2022. Notre comité de sélection a annoncé son choix en juin. Nous essayons de faire une part égale, en matière de financement, entre les structures qui œuvrent à Marseille et celles retenues qui agissent sur le continent africain (et pas seulement où nous avons des plantations). Nous avons retenu, pour 2022, trois partenariats opérationnels à Marseille : L’Ecole Comestible Provence (sensibilisation à l’alimentation durable à l’école), l’Armée du Salut Marseille (projet de cuisine mobile à destination des personnes en logement d’urgence) et Le Talus-Ferme Urbaine (projet pédagogique de sensibilisation à une alimentation saine, locale et durable). Trois projets sur le territoire africain ont également été retenus : Agrisud International (Promotion des Filières Agricoles Territorialisées en Côte d’Ivoire), Entrepreneurs du Monde (accompagner quatre groupements de petites productrices, soit 1 600 femmes, dans la région de Matam au Sénégal), Comité français de solidarité internationale (alimenter en produits locaux de qualité 15 écoles primaires de deux départements au Sénégal et sensibiliser les citoyens sur les enjeux du consommer local).

Et demain ?

L’an prochain nous allons essayer d’augmenter le nombre de projets soutenus. Comme notre entreprise est connue cela peut donner envie à d’autres structures du territoire d’agir de la sorte et de créer à leur tour un fonds de dotation. Il ne s'agit pas d’être en compétition mais bien de créer une émulation. Ou de nous regrouper sur des projets pour être plus forts.

Vous travaillez parfois avec d’autres entreprises marseillaises ?

Nous avons un joli projet depuis plusieurs années qui est en train de voir le jour. C’est un projet en faveur des délogés. Nous agissons avec Onet et une dizaine d’autres entreprises du territoire. Il s’agit de fonder ensemble un fonds de dotation avec du mécénat de compétence. Sa création est en cours et vous allez bientôt entendre parler de lui.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 03 février 2023

Journal du03 février 2023

Journal du 27 janvier 2023

Journal du27 janvier 2023

Journal du 20 janvier 2023

Journal du20 janvier 2023

Journal du 13 janvier 2023

Journal du13 janvier 2023

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?