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Le financement de la transmission d'une PME

Rémy Vialettes, délégué général de la Cefim, en partenariat avec l'Observatoire du financement des entreprises, a organisé le 14 mars une conférence sur le financement de la transmission des TPE/PME.
Le financement de la transmission d'une PME
G. Majolet

Economie Publié le ,

La réunion Cefim du 14 mars a connu une forte affluence, la preuve que le monde économique est très intéressé par le thème de la soirée et par les nombreux intervenants (banquier, expert-comptable, fondateur d’un fonds d’investissement régional, délégué régional de Bpifrance et entrepreneurs) réunis pour témoigner sur le financement de la transmission. Hasard du calendrier, la veille au soir de cette réunion, un reportage a été consacré à la transmission d’entreprises lors du journal télévisé de France 2. « Ce soir nous allons nous focaliser sur le financement de la transmission car c’est le sujet phare en matière de transmission », explique Rémy Vialettes, délégué général de la Cefim.

600 000 entreprises à transmettre

Fabrice Pesin, président de l’Observatoire du financement des entreprises (OFE), était le grand invité de cette manifestation. Ce dernier est venu commenter les grandes lignes d’un rapport remis le 7 décembre 2016 à Michel Sapin, ministre de l’Economie et des Finances.

L’OFE a en effet été chargé, en novembre 2015, d’établir un diagnostic sur la situation et les principaux obstacles au financement de la reprise d’entreprise. L’OFE a également identifié les éventuels moyens de renforcer la transmission d’entreprises et de faire des recommandations pour en améliorer le financement. Pour Fabrice Pesin, pas de doute, « une vague de transmissions est devant nous. Cela concerne les chefs d’entreprise nés entre 1945 et 1965 (baby-boomers). Ce sujet de la transmission est un véritable enjeu, il touche à un savoir-faire, à la capacité d’investissement de nos entreprises. Un dirigeant vieillissant investit moins. Il ne pourra peut-être pas faire la transition numérique. » Les chiffres sont là : sur les dix prochaines années, la transmission devrait concerner plus de 600 000 entreprises.

Situations hétérogènes

Bonne nouvelle pour les entrepreneurs : le rapport remis par le président de l’Observatoire du financement des entreprises « ne fait pas apparaître de difficultés générales quant au financement de la reprise, à partir du moment où certaines conditions sont respectées. Des conditions qui ne sont pas toujours connues par les repreneurs. » Premier point : le problème de taille est que l’on retrouve dans les transmissions un grand nombre de situations hétérogènes. Les conditions de reprise sont liées à la nature de la société. Mais la question du financement dépend aussi du profil du repreneur (héritier, salarié, homme expérimenté etc.).

Il est important également de bien garder en tête que l’apport personnel, notamment pour les TPE, est fondamental, déterminant. Même s’il existe d’autres sources de financement et notamment le financement bancaire. « Il convient aussi de connaître le crédit vendeur, le prêt d’honneur, les aides publiques, le capital transmission. Mais aussi le crowdfunding qui propose désormais des projets de reprise », ajoute Fabrice Pesin. Enfin, beaucoup d’entreprises sont encore mal évaluées.

Crédit vendeur

Le rapport identifie également plusieurs points d’amélioration possibles. Parmi eux, le recours au crédit vendeur qui est actuellement limité. Il faudrait une meilleure communication auprès des repreneurs et des établissements bancaires, notamment sur les dispositifs de garantie déjà existants (Bpifrance, sociétés de caution). L’observatoire estime aussi que les fonds européens devraient être plus actionnés. Même sentiment pour le recours au capital transmission. Le rapport préconise un accompagnement, des formations pour les repreneurs, notamment dans le cadre du montage de dossier de financement. « Les entrepreneurs n’ont pas toujours conscience du temps que cela nécessite », explique Fabrice Pesin.

Enfin, force est de constater qu’il est encore difficile en France de trouver des chiffres concrets sur le nombre de transmissions d’entreprises. Le rapport propose ainsi une collecte de statistiques sur le financement de la reprise afin de permettre le suivi de l’ensemble des financements consacrés aux transmissions.

La soirée s’est poursuivie par l’intervention des différents acteurs du financement d’entreprise (banquier, expert-comptable, Bpifrance, fonds d’investissement régional) et le témoignage de chefs d’entreprise.

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