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Le château Pastré, future Villa Médicis de Marseille ?

C'est en tout cas le rêve que porte l'association « Pour que Marseille vive ». Son co-fondateur, Tanguy Valery, nous en dit plus sur la naissance de ce projet artistique inédit sur le territoire.
Le château Pastré, future Villa Médicis de Marseille ?
D.R. - « Pour que Marseille vive » imagine le tournage d'un documentaire durant les quatre mois où travailleront sur site les artistes, sans doute proposé ensuite à Netflix.

Economie Publié le ,

Tout commence durant le premier confinement. Tanguy Valery, entrepreneur marseillais dans les énergies renouvelables, court souvent à la campagne Pastré. « A chaque fois, en passant devant le château, je me disais que c'était vraiment dommage que ce lieu n'existe plus, depuis le départ en 2013 du musée de la faïence pour le parc Borely », explique-t-il.

Il se rappelle alors que pendant la seconde guerre mondiale sa propriétaire Lily Pastré, comtesse et mécène marseillaise, avait fait de sa maison une oasis libertaire pour les artistes, les intellectuels, les juifs… tous ceux que la Gestapo persécutait. « Elle avait alors baptisé sa maison "Pour que l'esprit vive". On s'en est donc inspiré, avec mon ami d'enfance et co-fondateur, Hugo Roche Poggi[salarié au ministère de la Culture, NDLR] pour baptiser notre association ». C'est ainsi que quelques mois plus tard, en octobre 2020, est née Pour que Marseille vive.

Tout reste à faire

Si les deux amis ont un projet déjà bien pensé, reste encore à convaincre la mairie de leur ouvrir les portes de ce monument historique. « Quatre mois par an, nous voulons proposer de faire du château un incubateur d'artistes. L'incubateur est une notion poussée de la résidence d'artistes, car nous allons leur apporter tous les moyens pour faire connaître leur travail », détaille Tanguy Valery. En effet, les artistes apprennent la technique et la pratique durant leur cursus, mais se trouvent souvent dépourvus de réseaux et de moyens pour vivre de leur art. Savoir se vendre reste un métier. L'association entend donc leur fournir tous les outils nécessaires à la diffusion, à la vente et à la recherche de mécénat.

Le reste du temps, le château sera ouvert au public, avec des expositions et autres événements culturels à définir. « Pour que l'art contemporain devienne accessible à tous », ajoute le président de l'association. L'ensemble du projet sera financé principalement par le mécénat, sans subvention municipale. Mais pour l'instant, même si l'association a déjà été reçue par Cédric Jouve, adjoint à la Culture du 6/8e et par Jean-Marc Coppola, adjoint à la Culture à la mairie centrale, rien n'est encore fait.

« Nous leur avons présenté notre projet. C'est en discussion . La mairie doit encore réfléchir si elle lance un appel à projets sur le site. Seul moyen pour nous de nous positionner. Ce serait un projet emblématique pour Marseille et il ressemble, je trouve, au Printemps marseillais, mais nous savons que la question du patrimoine est un sujet sensible », conclut Tanguy Valery. L'association reste donc consciente qu'un tel projet dépasse largement le spectre culturel et comprend l'attentisme actuel de la mairie, soucieuse, plus que jamais, de préserver le patrimoine des Marseillais de toute détérioration ou abus d'usage.

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